La derniere croisade : forum de guilde Index du Forum


Chapitre 8

 
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ericnouveau
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MessagePosté le: 21.10.12 00:21    Sujet du message: Chapitre 8 Répondre en citant

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Chapitre 8 (Debut)
PASSAGE EN FORCE Les Terres foudroyées, quelque part. Avant que le jour n'ait laissé place à l'obscurité, Zerin, Wawka et Borchan n'avaient eut d'autre choix que de s'arrêter. Tel le désert, les…
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MessagePosté le: 21.10.12 00:23    Sujet du message: Chapitre 8 Répondre en citant




Chapitre 8 (Debut)
PASSAGE EN FORCE

Les Terres foudroyées, quelque part.

Avant que le jour n'ait laissé place à l'obscurité, Zerin, Wawka et Borchan n'avaient eut d'autre choix que de s'arrêter. Tel le désert, les nuits étaient fraiches et les dangers plus grands. Ils n'étaient pourtant plus loin de la porte des ténèbres. Mais la prudence leur avait dicté de rester à l'écart pour dormir. A juste titre, ils avaient craint d'être réveillé par les démons s'ils s'étaient trop approchés. De plus, si jamais la piste qu'ils suivaient avait changé brusquement de direction, ils n'auraient pas pu s'en apercevoir. Aussi, il trouvèrent abri contre un imposant rocher. Tout en installant leur campement, la discussion ne tarda pas à s'engager sur la question de comment franchir la porte, s'ils en étaient obligés, sans se faire tuer.

Cependant, lorsque vint le crépuscule, leurs interrogations prirent fin car ils furent surpris de voir d'immenses colonnes de fumées s'élever depuis les pourtours de la porte. C'était les feux des hommes. La garnison de Rempart du néant n'avait pas attendu les renforts pour aller défier les démons et leur interdire toute intrusion sur Azeroth. La guerre avait donc ainsi commencée.

Les trois associés avaient monté la garde chacun leur tour sans jamais quitter des yeux les lueurs rouges et orangées. Et si les brasiers demeuraient allumés au petit matin, alors c'était que les Humains avaient tenu leur position.

- Ces types qui sont là bas. Expliqua Borchan tandis qu'il finissait d'éteindre ce qu'il restait du feu de camp. Ce sont de vrais durs à cuir dit-on. Formés pour affronter des démons, ou pire, depuis qu'ils ont cessé de téter les seins de leurs mères.

- Peut-être. Concéda Wawka. Mais tout mortel fini tôt ou tard par succomber à la fatigue.

- Ou aux démons qui sont encore amassés de l'autre côté de cette porte, mec. Ajouta Zerin.

- Les renforts viendront bientôt. Assura l'orc. La nuit n'a pas dut arrêter leur marche.

- Et plus il y aura de monde, plus il sera difficile de s'infiltrer derrière les lignes ennemies, mec.

- Mais à choisir entre des démons ou des humains, c'est vite vu. Jugea l'orc. Sans parler du fait que la Horde sera sur place bientôt elle aussi. Et il y a fort à parier qu'avec l'Alliance ils trouveront au moins un arrangement pour mettre leurs querelles de côté pour lutter ensemble.

- Ah oui, mec ? Et combien tu serais prêt à parier ?

- Pas beaucoup si nous ne remplissons pas notre mission dans les temps. Imaginez que la trêve soit rompue...

- Ca ferait l'affaire des démons.

- Ce qui veut dire que si notre cible a vraiment franchi ce vortex, alors nous n'aurons guère le choix.

- Avouez que la situation est plutôt comique. Trouva Wawka. Nous allons peut-être devoir sauver ce prêtre des griffes des démons pour pouvoir lui prendre sa tête. Sauvé pour être tué. Drôle de scénario.

- Sauf qu'il ne tient pas debout, mec. Lui signifia son ami.

- Comment ca ?

- Et bien, s'il est responsable que ce soit entièrement ou en partie de la réactivation de la porte, c'est qu'il est complice avec les démons, mec. Ce qui fait de lui quelqu'un de très difficile à atteindre tant qu'il se cachera parmi eux.

- Personne n'est intouchable. Assura Borchan en tapotant de sa main gauche la crosse de son fusil posé sur le sol, prêt à servir.

- C'est évident, mec. Sinon pourquoi nous confier ce genre de mission ? Mais j'y pense, nous, nous pourrons le traquer tout en restant invisible, mais toi, comment feras-tu Borchan ?

- Voyez-vous messieurs, je ne sais pas que viser juste. Vous ne vous êtes pas encore demandé comment un chasseur avait pu intégrer une organisation secrète originairement réservée aux voleurs ?

- Pas vraiment. Répondit Wawka. Mais maintenant que tu le dis, si, je suis surpris.

- Dans ce cas, laissez moi vous faire la démonstration d'un de mes talents. Dit-il tout en se levant. Ca devrait suffire pour vous faire comprendre. C'est une technique secrète, fermez les yeux je vous prie.

Puis il se mit à compter jusqu'à trois et annonça aux deux voleurs qu'ils pouvaient regarder. Leur première surprise fut que la voie de l'orc avait changée. Mais le voir transformée en nain en fut une bien plus grande encore.

- Mais quelle est cette magie, mec ?

- Ah il y a des secrets que je ne peux révéler.

- Et tu peux te changer en n'importe quoi ? Questionna à son tour le mort-vivant.

- Non bien sur. Seulement en un être vivant qui a, comment dire, malheureusement pour lui déjà croisé ma route.

- Tu veux dire, mec, que ce nain dont tu as l'apparence...

- Je l'ai tué, oui. Mais ce n'est pas une obligation que ce soit moi pour que ca fonctionne.

- J'avoue que c'est bluffant. Reconnu le réprouvé.

- Mais ca ne solutionne pas le problème entièrement, mec. Fit remarquer le troll.

- C'est vrai. Admis Borchan. Il me faut le cadavre d'un démon si je veux pouvoir vous suivre. Mais ce n'est pas ce qui doit manquer si les humains ce sont bien battus. Allons, rassurez-vous. Nous ferions mieux de reprendre la route si nous voulons régler cette affaire au plus vite.

Sur ces mots, sans reprendre son apparence d'orc, il siffla son ours pour le faire venir. Dans la minute qui suivie, ils étaient à nouveau en marche à mes trousses.

**********

Le petit groupe de princes déchus s'étaient lui aussi levé avant le soleil. Ce dernier montrait à peine le sommet de sa silhouette que déjà, Grumf et ses compagnons sortaient de l'auberge et s'apprêtaient à invoquer leurs montures. Mais alors que Kanum commençait son rituel propre aux démonistes, Xuther le tira brusquement en arrière, lui criant : « attention » !

Le loup, lancé à pleine course, frôla sa carcasse, l'envoyant lui et le paladin plusieurs mètres en arrière. Ce ne fut que grâce au soutien de Coxi qu'ils ne se retrouvèrent pas dos au sol.

- Bande de sauvages ! Hurla le réprouvé en direction des deux chevaucheurs responsables de cette brusque interruption.

- Des éclaireurs. Observa Grumf. Il doit se passer quelque chose pour qu'ils soient si pressés. Nous ferions peut-être bien d'aller voir.

Les quatre princes se rapprochèrent donc du petit attroupement de soldats que leur arrivée avait provoquée.

- Comment ca des tas d'Alliés ? Leur demanda le chef du petit bataillon de Pierrêche. Ou ? Combien exactement ? Soyez plus clair !

- Des milliers ! Répondit l'un d'eux. Des soldats à pieds, à cheval et en charriots ! Des engins de siège aussi ! Ils viennent tous de l'ouest, de par le défilé de Deuillevent !

- Bon-sang, Stormwind envoie tout ce qui est capable de se battre ou de tenir une arme on dirait bien ! Commenta son chef. Et quelle est leur position maintenant ?

- L'avant garde de la colonne était proche de la passe vers les terres foudroyées lorsque nous les avons quitté des yeux, capitaine.

- Et toujours aucun signe de notre armée alors que l'Alliance marche même de nuit ! Ralla ce dernier.

- Je pensais que Thrall serait plus réactif. Trouva le second éclaireur. Il s'agit de la terre de nos ancêtres tout de même !

- Respectes ton chef de guerre soldat ! Le sermonna son supérieur. Et rassures-toi, il y aura bien assez de démons pour tous ceux qui voudrons rejoindre leurs ancêtres. Nos ordres sont d'attendre notre armée, soyez patient, profitez du dernier calme avant la folie de la guerre. Vous ne savez pas ce qu'est un combat contre des démons vous les jeunes. Il n'y aura pas de mort glorieuse, soit vous survivrez, soit vous serez massacré. Vous feriez bien d'être prêt si vous ne voulez pas succomber à la peur parce que si vous fuyez, c'est moi-même qui viendrait vous expédier dans le monde des esprits.

- A côté de ca notre assaut sur Zul'Gurub devrait ressembler à une balade touristique. Pensa Kanum à voie haute.

- Oui et le discours peu encourageant de ce vieux capitaine ne me rassure pas du tout. Avoua Grumf. Je suis bien content d'avoir Chakalax pour chef.

- Tu crois que nous devrions attendre l'armée envoyée par Thrall nous aussi ? Lui demanda Coxi.

- Bonne question. C'est vrai qu'entre le temps qui presse et la prudence je ne sais que choisir.

- Moi je crois que nous devrions attendre. Estima Kanum. Même si nous pouvons facilement devancer l'armée de Stormwind, nous ne pourrons pas passer tranquillement la porte. Et je ne parle pas des soucis probables une fois que nous l'aurons franchi.

- J'y avais songé. Reconnu le chaman. Seulement, ceux que nous cherchons sont capables de se déplacer en étant invisible. Nous ne pouvons pas attendre et risquer de perdre leur trace.

- Pourquoi s'inquiéter de perdre leur piste si nous sommes sûr qu'ils cherchaient ou cherche encore à passer la porte ? S'étonna le réprouvé. Et souvenez-vous qu'ils voyagent avec un chasseur. Ils ne peuvent donc pas se déplacer si facilement.

- Sur le second point tu as raison. Trouva Xuther. En revanche nous sommes seulement certains qu'ils sont allés vers les terres foudroyées. Rien ne nous dit que la porte était ou est leur objectif.

- Vraiment ? S'étonna le démoniste. Après tout ce qui c'est passé là-bas tu ne crois toujours pas qu'il y ait un rapport avec leur présence ? Grumf ? Toi non plus tu n'y crois pas ?

- Et bien, je ne sais pas. Si, c'est possible. Mais comment être sûr avec ces types là ? C'est vrai que les terres foudroyées sont entourées de montagnes et d'océans et que le seul passage accessible à pied c'est la passe vers ce marécage.

- Et qu'il n'y a aucune ville ou camp de la Horde. Précisa Kanum. S'ils ne franchissent pas la porte, ils sont de toute façon coincés.

- Dans ce cas on pourrait tout aussi bien attendre qu'ils repassent par ici. Suggéra Coxi.

- Sauf qu'on a pas le temps d'attendre. Lui rappela Grumf.

Puis il poussa un long soupir de résignation et déclara:

- Bon, allons-y. On avisera une fois qu'on sera sûr qu'ils allaient vers la porte. On prendra un peu de temps pour réfléchir à ce que nous ferons en conséquence ensuite. Ca vous va ?

Comme il n'eut pas de réponse il en déduisit que oui. Sans avoir rien à ajouter, chacun fit venir sa monture. Puis, Denver toujours en tête, ils reprirent la route au petit galop.

Après quelques minutes de voyage, ils purent observer par eux même l'impressionnante armée envoyée par les hommes. Devant eux, arrivant par l'ouest et sur leur gauche, avançant vers le sud, ils étaient innombrables. Si bien que le début et la fin de la colonne se perdait dans l'horizon encore brumeux du matin.
La passe étant le seul passage possible, Grumf et ses compagnons, après que Coxi eut formellement interdit à Denver de prendre un des humains pour deuxième petit déjeuner et que Xuther se soit assuré qu'il n'y avait pas de nains dans le cortège, remontèrent la colonne en direction des terres foudroyées.
Sans la trêve et le nouvel ennemi commun, leurs vies auraient été grandement mise en danger. Ils passèrent donc outre les railleries lancées à leur encontre dans une langue que de toute façon ils ne comprenaient pas. Mais pour éviter tout incident, ils accélèrent l'allure. Si bien qu'ils dépassèrent vite la tête de la file, laissant les humains loin derrière eux.

Reprenant une vitesse moins fatigante à tenir pour leurs loups, Denver se remit à chercher la trace olfactive des deux voleurs. Et il ne tarda pas à la trouver, à la plus grande joie de Coxi.

- Je crois, Grumf, que tu as fais le bon choix. Reconnu Kanum. Si cette armée était passée avant nous je ne crois pas que Coxi ferait autant le fier que maintenant.

- Tu ne connais pas bien Coxi alors. Plaisanta le Chaman. Tu crois qu'il porte de tels vêtements parce-que c'est à la mode ?

- Bah quoi ? Ils sont très bien mes habits.

- Pour une gay-pride, oui ! Se moqua à son tour Xuther.

- Et c'est toi, un paladin, qui me sort ça ? Lui renvoya le chasseur.

- Si tu pouvais viser aussi juste que tu as de la réparti mon pauvre ami. Rétorqua l'elfe de sang.

- Mais je dégomme qui je veux, quand je veux et ou je veux !

- C'est marrant, je me souviens d'un gros troll à Zul'Gurub qui ne serait pas du même avis, s'il était toujours en vie.

- Dites, les gars ? Les interrompit Grumf. Arrêtez vos gentillesses entre vous, on va finir par croire que vous vous aimez vraiment.

Il y eut un moment de silence, puis des éclats de rires qui se perdirent dans l'immensité désertique de la région.
Même si leur humeur était bonne, elle cachait une angoisse. Denver filait droit vers la porte et ils l'avaient tous remarqué.

**********

La porte, Zerin, Wawka et Borchan l'avait bien en vue. Les deux voleurs, invisibles, restaient au côté de l'orc « déguisé » en nain. Ce dernier, allongé au sol à plat ventre juste derrière la crête du cratère au centre duquel trônait la porte, discutait tant bien que mal avec un des officiers du bataillon de Rempart-du-néant.

- Votre plan, moi je dis que c'est du suicide !

- Prendre des risques c'est mon job, capitaine ! Ecoutez, tout ce que je vous demande, c'est de donner l'ordre de laisser passer un seul démon, et de préférence un qui viendrait sur nous, c'est pas la cave d'Ironforge à boire !

Une salve de flèches enflammées et de blocs de pierres passa juste au dessus de leurs têtes, obligeant l'officier à attendre pour pouvoir répondre tant le sifflement était bruyant.

- Ah mais ce n'est pas cette partie du plan qui me pose souci ! Vous me demandez de ne pas faire feu sur vous une fois que vous aurez l'apparence d'un de ces monstres ! Ca reviens à me dire de donner l'ordre de cesser le feu le temps que vous soyez de l'autre côté ! Au rythme auquel ils nous arrivent dessus, ils risquent de nous déborder !

Plusieurs rafales enchaînées de tirs des fusilleurs contraint le chasseur à patienter à son tour.

- Si ca peut compenser je vous laisse mon ours. Il saura me retrouver une fois que vous aurez sécurisé la porte.

- Bon sang vous êtes bien un nain ! Têtu comme un bélier en rûte ! Vous ne voulez donc pas attendre les renforts ?

- Je vous l'ai dit ! Ma mission est capitale pour la sauvegarde de la trêve avec la Horde ! Vous voulez vraiment avoir les copains de Thrall sur le dos en plus de la légion ardente ?

- C'est bon ! C'est bon ! Je vais vous la donner votre porte d'entrée ! Rayan ! Appela-t-il vers sa gauche.

Un homme portant des petits drapeaux de couleurs s'approcha tout en restant bien courbé.

- Mon capitaine ?

- Ecoutes gamin. On va donner à ce nain un ticket pour démon-land. Tu vas envoyer le message de ne pas tirer sur les démons qui viennent sur cette position pour commencer. Je te donnerais la suite des instructions ensuite.

- A vos ordres !

Le soldat, se mit alors à genoux et commença à agiter ses drapeaux. Lorsqu'il eut fini il attendit quelques secondes, observant tour à tour les quatre points cardinaux.

- Mon capitaine, message transmis et reçu cinq sur cinq.

- Bien ! Maintenant ordonnes à la cavalerie de se tenir prête à venir renforcer cette position. On va surement avoir besoin d'eux. Les démons vont vite s'apercevoir du cadeau qu'on leur fait.

Le messager s'exécuta aussitôt puis revint faire son rapport.

- Parfait ! Soldats ! Scanda-t-il alors aux hommes en armes à ses côtés. On va avoir de la compagnie ! Soyez prêt ! Pour le Roi ! Pour l'Alliance !

- Hourra ! Hourra ! Répondirent en cœur ces derniers.

- Nain, j'espère que vous savez vous battre, parce que si vous mourrez après tout ce que je viens de faire pour vous, je jure de m'arranger pour que votre esprit soit damné !

- Rassurez-vous, capitaine. J'ai déjà affronté pires monstres que ces démons de bas étages.

- A la bonne heure ! Se réjouit-il tout en tirant son épée du fourreau et empoignant son bouclier en forme de tête de lion, emblème des humain de Stormwind.

L'instant d'après, il pourfendait déjà un démon ressemblant à une chimère, tandis que Borchan stoppait nette d'une balle en pleine tête la course d'un gangregarde, démon humanoïde hérissé de piques et armé d'une hache aussi imposante que tranchante.
Le bruit des armes, des cris, des hurlements, des gémissements mêlés à l'odeur du sang et de la sueur ressemblait plus aux prémices du chaos plutôt qu'à une bataille bien organisée et maîtrisée par l'un des camps.
Le flot de démons sortant de la porte était ininterrompu. Et comme l'avait prévu le capitaine, ils avaient vite compris que la résistance des hommes était amoindrie sur la crête ou les attendaient Borchan et les quelques soldats tenant cette position.

- N'en avez-vous pas assez ? Pressa le gradé à l'intention du nain occupé à retirer sa hache enfoncée profondément dans le buste d'un démon ressemblant à un Kazzak format miniature.

- Il m'en faut un qui soit intact ! Répondit ce dernier.

- Et vous attendez que l'un d'eux meure d'une crise cardiaque ? Nous ne tiendrons pas longtemps, nous avons déjà une nuit de combat dans les bras et les jambes !

- Dans ce cas je vais tenter quelque chose ! Beorn ? Appela-t-il.

L'ours répondit d'un grondement.

- Celui qui vient, technique de l'enclume ! Compris vieux ?

Le plantigrade émit un nouveau grognement, faisant comprendre à son maître qu'il savait quoi faire.
Il alla se tapir juste derrière la ligne de crête, invisible à la vue des assaillants arrivant du fond du cratère. Borchan, lui, ajusta son fusil et fit feu sur un gangregarde légèrement plus petit que ses semblables. Le projectile, plutôt que de transpercer la tête du monstre, explosa à son visage laissant échapper un gaz couleur jaunâtre.

- Et une pissée de bélier en chaleur, une ! S'écria Borchan voyant qu'il avait fait mouche.

Le démon, visiblement peu amoureux des plaisanteries, brandit sa hache et fonça sans réfléchir sur le chasseur qui l'observait approcher comme si de rien n'était. Mais lorsqu'il ne resta plus que quelques mètres entre les deux adversaires, Borchan tourna les talons et couru, feintant de fuir son assaillant.
Mais en vérité, le gangregarde fut entrainé droit dans un piège tendu par le chasseur. Beorn, attendant son heure, bondit sur lui par surprise, le plaquant au sol et lui faisant perdre sa hache. Le monstre, pourtant pourvu de piques, ne put se défendre, car l'ours maintenait avec ses pattes chacun de ses membres et avec sa gueule serrait fort la corne sur son front.
Toutefois, même si Beorn contrôlait sa proie, le chasseur n'attendit pas pour donner le coup de grâce. Revenant rapidement à hauteur de la tête du démon, il lui enfonça le canon de son fusil dans la gorge et pressa deux fois sur la détente.

- Son compte est bon. Déclara-t-il, signifiant à son ours qu'il pouvait relâcher son étreinte.

Puis, de sa besace, il sortit un objet mystérieux, qu'il cacha bien au creux de ses mains, conscient que Zerin et Wawka observaient toute la scène dans l'ombre.
Enfin, sans savoir par quelle magie cela était possible, le nain se retrouva en un instant changé en copie conforme du démon qu'il venait de tuer. En contrepartie, l'original devint aussi blanc que la neige.

- Je suis prêt capitaine ! Déclara Borchan d'une voie caverneuse.

- Bon sang si je ne vous avais pas vu vous transformer je vous abattrais sur le champ ! Soldat, laissez passer notre camarade et soyez prêt, une fois qu'il aura franchi la porte, nous chargerons pour les repousser !

- Merci capitaine, ce fut un plaisir ! Comme promis je vous laisse Beorn.

- Si vous y tenez ! Filez maintenant !

Borchan ramassa la hache du démon qu'il avait copié et se dirigea vers la porte. Pour leurrer ses adversaires, il feinta d'être blessé. Avant de franchir la porte, il se retourna et pu voir la cavalerie fondre sur les démons dans un nuage de poussière rougeâtre. Puis, sans penser à ce qui pouvait bien l'attendre de l'autre côté, il franchit le vortex.

**********

L'autre côté, cela faisait maintenant de longues heures que je le découvrais avec mes yeux toujours guidés par Haine. En vérité, je ne savais pas vraiment depuis combien de temps exactement nous avions franchi la porte. Il fallait dire, que les jours et les nuits en Outreterre étaient difficilement comparable avec Azeroth. J'avais en effet déjà passé trois nuits et deux journées aux durées chaque fois différentes. Outre cette variation incessante, j'avais rapidement observé et compris, que tout ce qui restait de Draenor était un fragile morceau de l'ancienne planète, livré aux caprices des énergies engendrées par ce qui avait bien failli totalement l'anéantir. Et cette chose avait été ni plus ni moins l'explosion de la porte des ténèbres.

Aussi, les premiers regards de Haine furent pour l'immense porte rebâtie par les démons. Peut-être trois fois plus grande que son homologue sur Azeroth, elle trônait au sommet d'un large et haut escalier en pierre. Au pied des marches, des milliers de démons attendaient de pouvoir la franchir.

Haine dut vite s'écarter du seuil pour laisser place aux larbins de la légion ardente. Son regard fut alors attiré par la silhouette imposante de Kazzak volant vers le nord-ouest. Ou tout du moins dans cette direction si nous avions été sur Azeroth, car l'Outreterre n'avait plus rien d'une planète et ne possédait donc pas de pôle magnétique ou physique. Ce monde, tel un plateau, flottait dans le vide de l'espace. Il avait donc des limites. Les franchir revenait à tomber dans le néant vers une mort lente et inévitable.

Pourtant, malgré sa rudesse apparente, la vie y avait subsisté. Certes, la péninsule des flammes, région désertique où nous avions débarqué, au paysage comparable aux terres foudroyées par sa couleur du sol, était en grande partie peuplée de démons et d'orcs corrompus par les ténèbres appelés gangre-orcs.
Mais, en voyageant, je pu observer des animaux étranges ne ressemblant en rien à ceux sur Azeroth. Tous prédateurs et agressifs, certains ressemblaient à des insectes géants tandis que d'autres s'apparentaient à des mammifères bipèdes ayant une unique longue griffe pointue en guise de bras. Je vis aussi des sortes d'hommes-oiseaux, très probablement doués d'intelligence, car vêtus de robes colorées et capable d'utiliser la magie ou des armes élaborées pour se défendre.

Mais Haine ne perdit pas de temps en explorations futiles à ses yeux. Il se contenta de suivre le chemin que Kazzak lui avait indiqué. Il avait un nouveau but, rencontrer Kael'Thas en personne et il ne comptait pas le faire attendre.

Aussi il avait traversé la péninsule pour arriver dans un étrange marais dans lequel poussait des champignons géants. Leurs tailles étaient comparables à celle d'arbres. La vie y abondait. Des insectes et des amphibiens pour la majeur partie. Il devait y avoir des poissons dans les lacs et que sais-je encore. Mais ma surprise fut de voir des Nagas. Les mêmes qu'en Azeroth. J'avais oublié que certains, avec Kael'Thas, c'était réfugiés en Draenor.

Haine, là encore, ne s'attarda pas. Le chemin qu'il suivait ne s'aventurait pas profondément dans le marais mais remontait rapidement vers le nord pour ensuite gravir une falaise faite de longs pics de roche. A ma grande surprise, je vis des cadavres de dragons transpercés par certains pieux. Visiblement j'ignorais beaucoup de chose sur l'histoire de ce monde. Mais la curiosité n'était pas l'apanage de mon geôlier.

La piste, après avoir traversé un tunnel envahi par des araignées de toutes tailles, déboucha sur une forêts clairsemée. Derrière les quelques arbres, j'aperçus des huttes en terre, rassemblées en un petit village. Mais une fois encore, Haine évita de rencontrer des indigènes et emprunta, comme indiqué par le seigneur démon, un chemin qui montait vers un plateau plus élevé. Une fois ce dernier atteint, il reprit la direction du « nord ».
La région semblait être un ensemble de plateaux nichés à diverses altitudes et délimités par des pieux rocheux. Et partout, des dragons morts, empalés comme s'ils avaient été frappé par surprise en plein vol.

Voilà ce qu'il m'avait été donné de voir depuis la porte jusqu'où nous nous trouvions. Le chemin semblait aller tout droit et la vue était dégagée jusqu'à la falaise de pics qui délimitait la fin de la région justement nommée les tranchantes. Si nous l'avions en vue elle n'en était pas moins à plus d'une heure de marche. Le destin avait donc tout le temps de nous réserver quelques surprises.

Comme pour en accentuer l'effet, il choisit le moment où notre route passa entre deux gros rochers pour faire tomber le jour et plonger ce bout de planète dans l'obscurité des aurores arcaniques rosâtres. Le spectacle offert par le ciel aurait été magnifique si il m'avait été permis de l'observer. Mais Haine, vigilent, n'avait cessé de fixer les trois étranges êtres qui nous barraient maintenant la route. Ils étaient apparus de derrière l'un des blocs de pierre. Ils ressemblaient à des humains mais se déplaçaient en glissant sur l'air comme s'ils avaient été frappé par un sort de lévitation permanente. Plus étrange encore, il ne semblait pas fait de chair et d'os mais d'une matière magique, au teintes variantes pour chacun d'entre eux, enveloppée dans des bandelettes telles des momies. Peut-être était-ce un moyen pour eux de prendre une forme humanoïde ?

- Que voulez-vous ? Leur demanda Haine d'une voie menaçante.

Pour seule réponse, l'un d'eux s'approcha de nous. Il sembla nous dévisager pendant un long moment. Ce qui était très perturbant car lui n'avait pas de visage.

- Etes-vous avec eux ?Résonna soudain une voie vibrante dans notre tête.

Ils communiquaient donc par télépathie.

- Quand on est poli on commence par se présenter ! Rétorqua mon geôlier visiblement énervé par cette intrusion mentale.

- Etes-vous avec eux ?Insista l'être.

- Je ne sais pas de qui vous voulez parler. Laissez-moi passer !

- Vous êtes comme eux et eux sont avec eux. Etes-vous comme eux ?

- Ca suffit je ne comprend rien à votre charabia ! Enragea Haine, adoptant sa forme d'ombre.

En faisant cela, il avait fait taire l'être de magie. Peut-être ce dernier avait-il été surpris par cette transformation ? Quelle qu'en fut la raison, Haine en tira satisfaction.

- Puisque vous n'avez plus rien à dire. Reprit ce dernier. Je n'ai pas de temps à perdre avec vous.

Sachant que sa forme d'ombre lui permettait de passer à travers n'importe quelle matière, il décida d'ignorer l'être qui lui faisait face et avança droit sur lui. Mais au moment ou notre corps toucha le sien, une violente déflagration magique nous propulsa en arrière. Le souffle violent fut de plus très douloureux pour Haine. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti une telle souffrance. La dernière fois devait être contre l'assassin réprouvé à Karazhan. En plus de cela, il devait constater que sa forme d'ombre qui le rendait presque invincible semblait inutile contre les pouvoirs inconnus de ses adversaires. Toutefois, il était trop vaniteux pour le reconnaître et ce releva bien décidé à en découdre. Il n'avait en effet pas encore usé de toute sa puissance.

- Alors comme ca, en plus d'être mal élevé vous êtes idiots ?

- Partez ! Ordonna à nouveau la voie.Nous, les étheriens, occupions ces terres avant vous, partez !

- Je me fiche pas mal de ce bout de planète délabré ! Ecartez-vous !

Aucun ne cèderait. Les êtres fait d'éthers le comprirent aussi et de leurs poignets jaillirent des sortes de lames faite de la même nature que leur corps.
Haine, conscient d'être seul contre trois, décida d'engager le combat et lança une puissante attaque mentale contre celui qui nous avait parlé. Ce dernier sembla bien atteint par le sort car il se courba légèrement. Mais cela ne dura qu'un instant, après quoi il glissa à grande vitesse vers nous, les lames en avant.
Mon geôlier incanta, mais avant même qu'il n'ait le temps de lancer le sortilège, notre adversaire avait disparu. La fraction de seconde qui suivie, je ressenti moi-même un léger frisson tandis que Haine hurlait à nouveau, plus fort encore.
Une lame brillant d'un violet intense traversait notre corps au niveau de l'estomac. Même si elle ne pouvait nous blesser, sa nature magique semblait grandement efficace comparée aux magies déjà affrontée. Même Stasia n'avait pu rivaliser jusqu'alors.

Comme l'étherien ne bougeait pas, Haine réussit à faire un pas en avant et se dégagea de la lame magique. Furieux, il se retourna brusquement et lança simultanément un mot de douleur et un mot de mort. Mais ceux-ci donnèrent à nouveau un maigre résultat.

- Tu ne voies pas qu'ils sont plus fort que toi ! Lui criais-je alors. Partons, tu trouveras un autre chemin !

- Non ! Je ne perdrais pas ce combat, où je ne suis pas digne de servir mon Prince !

- L'autre toi a raison.S'invita notre adversaire. Tu mourras si tu ne fuis pas.

- Jamais !

Deux trais bleus jaillirent des paumes de mes mains et frappèrent l'étherien.

- Ta magie ne nous atteint pas, nous ne sommes pas comme vous, nous ne souffrons pas. Nous révéla alors ce dernier avant de littéralement se téléporter jusqu'à nous et de nous poignarder à plusieurs reprises.

Quand il eut terminé, Haine tomba à genoux. Je ne pouvais le croire, il allait, nous allions mourir ici, face à des êtres inconnus.

- Je suis désolé. Dit alors étrangement celui qui avait fait plier les ombres. Je sais que tu es là contre ta volonté mais tu vas devoir mourir aussi.

Il m'avait parlé ! Je n'en revenais pas, ces mots étaient pour moi !

- Attendez ! Mon nom est Reevenn, si vous croisez mes amis un jour, dites leur, ils doivent savoir que je ne les ai jamais abandonné !

- Je ne comprend pas tout, mais je le ferais.

- Oh non, tu n'en feras rien !Interrompit Haine. Parce que tu vas mourir !

Avec encore plus de rage que je lui connaissais, il invoqua un Ombrefiel d'une taille presque égale à la moitié de la nôtre.

- Tu vas apprendre ce qu'est la souffrance ! Manges-le ! Régales-toi ! C'est de la magie pure !

La bête sauta sur le malheureux étherien qui ne put esquiver. Le saisissant par un bras, la chose commença à le dévorer sous les rires sinistres de Haine.
Voyant leur compagnon en difficulté, les deux autres se ruèrent sur nous. Mais mon geôlier s'y attendait. Tout en utilisant sa technique de dispersion, le rendant presque invisible, il créa plusieurs copies de lui. Comme face à Stasia, elles étaient piégées et explosèrent lorsque les étheriens les frappèrent. La puissance déployée par Haine cette fois fut suffisante pour détruire ses assaillants. Au sol il ne restait plus que des bandelettes des deux compagnons du premier. Celui-ci devait être bien plus puissant étant leur chef.
Il luttait encore contre l'ombrefiel quand Haine décida d'en terminer plus vite en lui jetant des brûlures de mana qui s'avérèrent très efficace. Même si on ne pouvait pas l'entendre crier, le voir se débattre et se tortiller suffisait à me faire peine. La lumière de la magie qui l'animait semblait peu à peu s'éteindre.
Soudain, sa voie, pénétrante et insupportable résonna dans notre tête ! Jamais je n'avais entendu pareille hurlements de souffrance.

- Arrêtes ! Suppliais-je Haine.

- Il voulait te tuer toi aussi, comment peux tu avoir une telle pitié ? Tu me fais honte !

- Je peux t'y forcer !Le menaçais-je alors.

- Essais si tu t'en crois toujours capable !

L'ombrefiel avait disparu une fois repu. Il me suffisait de stopper Haine. Je l'avais déjà fait et je comptais bien le refaire.
Puisant dans les cris de l'étherien la volonté suffisante, je plaquais mes bras le long de mon corps et baissais les yeux, empêchant Haine de voir sa cible.

- Non ! Il est à moi ! Sa vie m'appartient ! Enragea ce dernier.

Etrangement, sans savoir pourquoi, je trouvais mon intervention encore plus facile que la fois précédente. Néanmoins, je ne pu maintenir mon étreinte que quelques secondes. Mais ce fut assez pour permettre à l'étherien de fuir.
Lorsque Haine pu enfin regarder où il voulait, il constata que sa proie avait abandonnée sa forme humanoïde en ôtant ses bandelettes. Il ne restait plus qu'une petite lueur violette qui filait vers l'horizon, droit vers le nord. La rancœur tenace, il se mit à sa poursuite. Même s'il savait pertinemment qu'il ne pourrait pas le rattraper, c'était de toute façon sa route.






Chapitre 8 (Fin)
Haine ne se doutait pas que lui-même avait été traqué jusqu'en Outreterre. Lorsqu'il avait franchi la porte, Borchan, toujours en simulant une blessure, c'était éloigné le plus vite possible. La priorité des démons plus puissants étant l'organisation de l'attaque, ces derniers ne prêtèrent que peu d'attention à son arrivée. Comme l'entraide n'était pas dans leur nature, il ne fut inquiété que par un: « reviens dès que possible ou je viendrais moi-même t'achever ».
Lorsqu'il fut enfin assez loin pour ne plus être vu par aucun démon, il reprit l'apparence d'un orc.

- Ouf ! J'ai cru un moment que j'étais foutu. Ils sont incroyablement nombreux.

- Tu t'es bien débrouillé, mec. Le félicita Zerin, tandis qu'il sortait de l'ombre en compagnie de Wawka.

- Oui, mais pour le reste il faudra compter sur vous. J'ai dut laisser Beorn avec les Humains.

- Cela t'inquiète ? Demanda le mort-vivant.

- Oh, non. C'est juste qu'avec autant de démons il risque de ne pas pouvoir passer la porte avant un moment. Mais il me retrouvera facilement ensuite.

- De toute façon, mec, tu ne pouvais l'emmener sans perdre ta couverture.

- C'est bien pour ça que je l'ai laissé se débrouiller. Bien, revenons en à nos moutons. Avez-vous une piste ?

- Pas encore, mais ca ne saurait tarder, mec. Il ne doit pas y avoir une foule d'elfe de sang par ici.

En effet, après quelques minutes à scruter le sol, ils tombèrent sur la piste que Haine avait emprunté. Tout en restant aux aguets d'une éventuelle menace, ils se mirent en route.

**********

Si eux étaient parvenus à franchir la porte, Grumf et son groupe durent constater en arrivant près de cette dernière qu'ils étaient coincés en Azeroth.
Le combat entre les démons et les humains faisait toujours rage. Même si les renforts n'étaient pas très loin derrière eux, ils risquaient bien de perdre un temps précieux. Néanmoins, ils avaient la certitude que Zerin et Wawka étaient passés par ici.

- Tu crois qu'ils ont réussi à traverser ? Demanda Xuther au chaman.

- Je ne sais pas. Ils en sont capable en tout cas.

- Mais, et le chasseur avec eux ? Se souvint Coxi.

- Il ne les a peut-être pas suivi. Pensa Kanum.

- Le mieux que nous puissions faire est de demander. Décida Grumf.

- Attends ? Tu veux parler aux humains ? Comme ça ? S'inquiéta le paladin.

- Et pourquoi pas ? Nous sommes en trêve et les démons sont une menace bien plus grande pour eux que quatre pauvres hordeux.

- Je suis d'accord. Approuva le démoniste. Leur armée ne nous a pas attaqué tout à l'heure, pourquoi eux le feraient ?

- Et qu'est-ce qui vous l'assure ? Insista le paladin.

- Nous allons leur proposer notre aide. Répondit le chaman tout en sortant un drapeau au blanc un peu passé de son sac.

Ils firent ensuite trotter leur monture, pavillon parlementaire bien visible, jusqu'à la première catapulte des hommes.

- Que venez-vous faire ici ? S'indigna un sous-officier venu à leur rencontre.

- Nous venons proposer notre force en échange de réponses à quelques questions. Lui répondit Grumf.

- Fichez le camp ! Nous gérons très bien la situation sans vous !

- Votre supérieur n'est peut-être pas de cet avis, caporal.

- Sergent ! Rectifia-t-il. Il se bât sur la crête, il a autre chose à faire que vous écouter ! D'ailleurs, moi aussi, adieu ! Conclut-il en tournant les talons.

- Ah ces humains et leur vanité ! Pesta le chaman.

- Que fait-on maintenant ? Demanda Coxi.

- Nous n'avons pas d'autre choix que d'attendre de pouvoir traverser. Dut admettre Grumf.

- Peut-être pas... Le contredit Kanum d'une voie légèrement réjouie, tandis que ses yeux vides fixaient la porte pour montrer aux autres où ils devaient regarder.

Plus grand que le portail dont il voyait tout juste le haut , un gigantesque démon ressemblant en tout point à un draeneï venait de se redresser et s'étiraient comme s'il avait été obligé de garder la tête baissée pendant un temps considérable.

- Un Eredar ! S'exclama Grumf. Je n'en avais jamais vu en vrai ! Leur ressemblance avec les Draeneïs est frappante !

- C'est parce qu'à la base ils ne formaient qu'une seule et unique race. Expliqua brièvement Kanum.

- Bon sang j'ajouterais bien ce monstre à mon tableau de chasse ! S'extasia Coxi.

- A mon avis, c'est lui qui va t'ajouter au sien. L'averti Xuther.

- Attention ! Cria le chaman tandis qu'un énorme projectile magique faisait voler en morceaux la catapulte toute proche en affolant les montures des Princes.

- Nous devrions continuer à pieds. Suggéra le paladin qui tirait sur les rênes de toutes ses forces pour retenir son loup.

- Tu as raison. Répondit Grumf tout en sautant à terre.

Ses camarades en firent de même et téléportèrent leur loup et cheval vers un lieu plus calme. Pendant ce temps, l'éredar faisait exploser tour à tour les engins de siège des humains. De lui les Princes ne voyaient que le buste, mais ils se doutaient qu'à ses pieds les soldats faisaient leur possible pour le mettre à terre. Les cris et les coups de feu résonnant en continu attestaient de la ferveur du combat. Seulement, les démons continuaient d'arriver à la chaine et, forts de leur renfort géant, ils prendraient vite le dessus.

- Ils n'ont plus une seule catapulte pour les appuyer maintenant. Observa Kanum. Et ils ne sont que de simples soldats. Bien que durement entrainés, leur force physique ne pourra pas tuer cette chose.

- Les renforts n'arriveront pas à temps. Ajouta Xuther après avoir jeté un rapide coup d'œil vers le nord et n'y avoir vu aucun nuage de poussière.

- C'est donc le meilleur moment pour proposer à nouveau notre aide. En déduit Grumf. Allons-y, mais restons sur nos gardes, ce démon semble avoir pris pour cible tout ce qui bouge maintenant.

En file indienne et à pas rapides, ils partirent donc à la recherche du sergent avec lequel ils avaient parlé.

- Je l'ai trouvé ! Interpella enfin Xuther, tandis qu'ils inspectaient les corps des soldats restés trop proche des cibles de l'éredar. Malheureusement il ne pourra plus dire grand chose. Leur dit le paladin d'une voie résolue une fois ses compagnons rassemblés prêt de lui.

- Dans ce cas nous devrions chercher leur chef. En conclut Grumf. Il doit surement être sur la crête comme nous l'avait dit cet homme.

- Mais, il y a plein de soldats que je pourrais aider ici ! Lui fit remarquer Xuther.

- Oublis-les. Lui ordonna le chaman. Regardes, ils ont des hommes chargés de cette tâche.

- Mais sans magie...

- C'est la guerre ! Penses à tous ceux que tu sauveras en nous aidant à tuer cet éredar !

- Je ne crois pas que ce soit le moment de discuter les ordres Xu. Pressa Kanum. Il n'y aura bientôt plus un seul humain à interroger.

Mettant de côté sa compassion qu'il éprouvait pour toute créature vivante, sauf les nains bien évidemment, le paladin accepta de suivre le groupe. Interrogeant chaque soldat qu'ils ne manquaient pas de surprendre par leur présence, sur l'endroit où se trouvait leur chef, ils se frayèrent un chemin entre les rochers et les cadavres.

- Capitaine ! Appela Grumf alors qu'il l'avait enfin à porté de voix.

Ce dernier se retourna et, après un instant d'étonnement en voyant le visage vert du chaman et ceux qui l'accompagnaient, il vint à leur rencontre.
- Que fait la Horde ici ? Où est votre armée ?

- Navré capitaine. S'excusa le chaman. Mais il n'y a que nous. Nous ne faisons pas partie de l'armée régulière, nous sommes en mission pour notre propre compte.

- Alors pourquoi diable êtes-vous venus fourrer vos pieds dans ce merdier ?

- Nous cherchons des personnes qui auraient pu franchir la porte.

- Un nain ?

- Où ça ? S'inquiéta instinctivement Xuther.

- Non, deux voleurs et un chasseur. Tous membres de la Horde.

- Je n'ai vu aucun hordeux à part vous depuis que la porte nous crache dessus ces saloperies. Vous êtes sûr de ne pas vous être trompé de piste ?

Grumf se retourna rapidement vers Coxi qui lui fit un petit signe de tête affirmatif, puis refixa le capitaine.

- Absolument !

- Dites, vous ne voulez pas voir ca plus tard ? J'ai un souci d'une taille plus importante à régler.

- Laissez-nous vous aider. Lui proposa le chaman. Sans magie vous ne pourrez pas l'atteindre.

- Mes chefs me blâmeraient pour ca. Mais vu les circonstances, je ne voie pas pour quelle raison je refuserais votre offre. Vous avez un plan ?

- Peut-être. Vous avez encore des hommes dans le cratère ?

- Non, j'ai sonné le repli sur la crête quand ce monstre en a eut terminé avec nos catapultes.

- Parfait. Faites en sorte de retenir les démons dans le cratère, je vais tenter quelque chose.

- D'accord ! Vous pourriez bien être notre seul espoir, peu importe que la gloire vous revienne si vous pouvez sauver le restant de mes hommes. Nous tiendrons la crête !

- Tu as vraiment un plan ? Demanda Xuther au chaman tout en observant le capitaine rejoindre son poste.

- Oui, mais l'éredar sera dur à tuer. Par contre les autres démons devraient avoir leur compte, si je réussis.

- Attendez ! Stoppa Kanum. Tenez, prenez tous une pierre d'âme, on ne sait jamais.

Ils acceptèrent chacun la petite pierre violette qui avait déjà fait ses preuve en sauvant Ghorax d'une mort certaine, et la glissèrent dans leur poche.

- Bien, allons-y ! Encouragea Grumf.

- Et nous ? Demanda Coxi. Qu'est-ce qu'on fait ?

- Vous allez devoir me couvrir et ca ne sera pas une mince affaire.

- N'en fait pas trop quand même. Lui recommanda Xuther. Il faut juste tenir jusqu'à l'arrivée de l'armée de Stormwind.

Le chaman acquiesça d'un hochement de tête, puis, en tête, il mena le groupe jusqu'à la crête. Ils purent constater que les humains étaient déjà en place pour le plan. Pour résister aux assauts des démons toujours aussi nombreux tandis qu'eux avaient vu nombre de leurs camarades tomber, ils devaient rivaliser en force et courage, mais aussi en stratégie militaire.
Portant de grands et larges boucliers, une première ligne protégeait des tirs une seconde ligne armée de lances et une troisième équipée de fusils. La combinaison était efficace et solide tant que les attaques ennemies ne se concentraient pas sur un seul point. Tout dépendait donc de la première ligne et chaque seconde qui passait, chaque coup stoppé, la rendait plus faible.

Grumf ne perdit pas un instant. Il monta sur un surplomb qu'il avait repéré depuis un moment déjà et qui lui donna une vue dégagée. Puis, de ca ceinture, il détacha un petit totem et le tint dans ses mains, bras tendus devant lui, avant de s'asseoir en tailleur. Il commença alors son incantation.
Au début, il ne fut pas dérangé. Coxi et Kanum repoussèrent quelques démons, mais ils semblaient être plus attirés par les humains. Cependant, cela ne dura pas longtemps. Grumf, dont le visage commençait à perler de sueur, se mit à réciter à voie haute son sortilège: « Oh esprits des eaux purificatrices, entendez mon appel. Déversez votre flot sur les maux qui salissent ces terres. Que vos eaux abreuvent notre courage et étanchent notre soif de sang. »

Il répéta ces mots encore et encore, et encore. L'intensité spirituelle qu'il dégageait lui coutait beaucoup d'énergie. Augmentant à chaque répétition le volume de sa voix, il finit par crier, tandis que la fatigue creusait un peu plus son visage.

- Allez, Grumf ! L'encouragea Xuther. Tiens bon !

S'il soutenait son camarade, c'était parce qu'il avaient vraiment besoin qu'il réussisse. Et vite ! Car l'éredar avait perçu la magie puissante que dégageait le chaman et avait ordonné aux démons de le stopper.
Coxi, Denver et Kanum luttaient pour les tenir à distance, pendant que le paladin neutralisait ou détournait au mieux les projectiles magiques.

C'est seulement lorsqu'il ne pu plus hausser le ton que Grumf déclencha son sortilège. Il avait choisi lui-même d'aller au bout de ses forces pour s'assurer d'une puissance suffisante. D'un geste rapide, il planta le totem. Aussitôt, celui-ci se mit à grandir pour atteindre une hauteur proche des six mètres. A son sommet, une tête sculpté représentant un hippopotame se forma puis ouvrit la gueule sur presque toute la hauteur du totem. De cette dernière, une cascade d'eau jaillit et se déversa en un bouillonnement vers le fond du cratère.
Le torrent, bien qu'au courant assez fort pour empêcher les démons de monter, était hélas trop étroit pour tous les stopper. Mais Grumf, contrairement à ses compagnons et surement un bon nombre d'humains, n'était pas déçu du résultat. Il n'en était qu'à la première étape de son plan. En réalité, il avait en silence déjà préparé la suite.

« Vents, portez mon messager ! » Ordonna-t-il aux éléments. L'instant d'après, Coxi se retrouva prit dans une bourrasque protectrice.

- Attrapes ! Lui cria le chaman en lui jetant sa ceinture de totems. Plantes-en partout le long de la crête !

Même s'il n'avait pas voulu, le chasseur n'aurait pas eut le choix. Filant à la vitesse du vent, il n'eut qu'à se laisser porter. Chaque totem qu'il planta en un geste ferme et précis devint comme le premier, déversant à son tour un torrent d'eau.

Très vite, une marre se forma au fond du cratère. L'eau déferlait maintenant tout le long du cratère, empêchant les démons d'atteindre la crête. Mais la joie des soldats, heureux de pouvoir souffler un instant, fut de courte durée.

- Pitoyable magie ! Vociféra l'éredar, tandis qu'il fit exploser un des totems plus facilement encore qu'une des catapultes des hommes.

Il en détruisit ainsi un second, puis un troisième, donnant ainsi des couloirs d'accès à ses semblables.

- Protégez les totems ! Ordonna le capitaine de la garde de rempart du néant.

- Grumf, dis-moi que tu as autre chose ? Le supplia Xuther.

- Désolé... Je n'ai plus de force... Lui répondit le chaman d'une voix exténuée. Et j'ai utilisé tous mes totems.

- Alors c'est tout ? Fut navré le paladin. Ton plan c'était ça ? Leur donner un bain gratuit ?

- Non... Je voulais... Réussit-il seulement à dire.

- Je voie, tu ne me laisses pas le choix. Vas-y, je vais te donner toute l'énergie qu'il te faut ! L'incita-t-il d'une voix sûre et lui tendant les mains.

- Mais...

- Vas-y je te dis !

Le chaman ne refusa pas plus longtemps après avoir lu dans les yeux du paladin toute sa détermination. Il saisit ses mains et le vida de son énergie jusqu'à ce qu'il s'écroule au sol.

- Merci, Xu...

- Ne t'occupes pas de moi !

Grumf se releva. Une étincelle de vie emplissait son regard.

- Eh, démons ! J'ai un cadeau pour vous ! Les défia-t-il, Tandis qu'autour de ses mains des arcs électriques bleus formaient des sphères. Prenez ça !

Il fit jaillir la foudre qui se répandit dans l'eau, touchant tous les démons s'y trouvant. Les cris bestiaux de douleur de l'éredar masquèrent celui des autres. Grumf lança des éclairs jusqu'à ce qu'il n'ait à nouveau plus aucune force.

Des dizaines et des dizaines de démons morts flottaient maintenant à la surface. Ceux qui arrivaient de la porte étaient directement touchés au moral par ce spectacle. Pourtant, le plus grand danger subsistait.

Un hurlement de rage déchira le silence surréaliste qui s'était installé. Il venait de l'éredar qui, emplit de colère, venait de lancer un projectile magique d'une puissance dévastatrice sur le chaman ! L'impact fut tellement violent qu'il fendit la terre, taillant un large sillon dans la crête du cratère.

Grumf, ainsi que le promontoire et Xuther avaient disparu. Pourtant, Coxi et Kanum qui avaient assisté impuissants à la scène, savaient que le chaman au moins n'était pas mort. En effet, ses totems encore debout continuaient de déverser leurs torrents d'eaux.
L'éredar devait toujours voir sa cible, car il refit feu, visant un endroit derrière la crête. Il se mit à tirer à répétition et chaque fois vers une position différente et peu éloignée de la précédente.

- Il va finir par faire mouche si on ne fait rien ! Comprit Coxi.

- Je ne suis pas un spécialiste des invocations, mais j'ai une idée ! Tu as ta pierre d'âme ?

- Oui, pour...

Le dernier mort du chasseur finit en un râle de quelqu'un s'étouffant dans son propre sang. Sans le prévenir, le démoniste venait de lui trancher la gorge avec sa dague.

- Désolé vieux, il me faut échanger une vie pour ce rituel et comme le temps presse...

L'orc s'écroula dans une flaque de sang mêlé à la terre ocre dans laquelle le réprouvé traça des signes démoniaques. Puis il se mit à réciter une incantation gardée secrète par son ordre. Les inscription se mirent alors à émettre une vive lumière violette avant de s'éteindre soudainement.

- J'espère que mon passage chez les « chasseurs des ombres » va porter ses fruits... Murmura-t-il un peu anxieux.

Et il y avait de quoi, car rien ne semblait se passer et l'éredar poursuivait ses attaques. Les fusilleurs humains lui tiraient bien dessus, mais il semblait insensible. De plus, les démons qui arrivaient étaient maintenant plus motivés que démoralisés par leurs pertes et ne prenaient plus la peine d'observer la scène avant de charger vers la crête.

Kanum était sur le point de se décider à sacrifier un des soldats de rempart-du-néant, malgré le risque que cela impliquait, quand un son l'en dissuada et lui fit lever les yeux au ciel.

- Te voilà enfin. Se réjouit-il à voix haute non sans un léger sourire.

La masse orangée qu'il fixait, tombait vers lui à une vitesse proche d'une météorite. Pourtant, la chose ralentit fortement sa chute avant de toucher le sol en écartant de larges ailes. Elle ressemblait en tout point à certains démons qui tentaient d'envahir Azeroth. A mieux y regarder on aurait dit un mini Kazzak. Quoi de plus normal puisqu'ils étaient de la même espèce de démon, ceux dit « funeste ». Si Kazzak en représentait l'élite, celui-ci n'était qu'un simple garde et ne semblait pas content d'être là.

- Libères-moi ! Ordonna-t-il au démoniste tout en tentant de se défaire des grosses chaines magiques qui lui entouraient le torse sans pour autant lui ôter la mobilité de ses bras.

- Désolé démon, mais un pacte est un pacte ! Tu as accepté l'âme que je t'ai proposé et tu me dois donc un service.

- Va au diable !

- Veux-tu que j'en réfère au conseil démoniaque ?

- Ca va ! Ca va ! Que veux-tu ? Fais vite !

- C'est à toi de faire vite si tu veux retrouver ta liberté. Je t'ordonne de détruire cet éredar.

- C'est une plaisanterie ? Je ne suis pas de taille contre lui !

- Mais tu es le mieux placé pour connaître le point faible d'un éredar, je me trompe ?

Les yeux vert gangrène du garde funeste se mirent à briller.

- Tu es malin démoniste. M'obliger à t'aider à vaincre un éredar risque de me couter cher tu sais.

- Le pacte te protège. Alors ? J'attends !

- Ses bracelets, ils faut détruire ses bracelets. Il puise sa magie dans le néant et ces objets font une sorte de lien avec notre monde.

- Je voie. Plus de bracelets, plus de magie. Ca ne le tuera pas mais il sera moins dangereux. Allons-y, je me charge du droit, tache de bien viser le tien.

Le démoniste caché derrière son prisonnier, ils avancèrent jusqu'au bord de l'eau dont le niveau montait toujours lentement. Le garde funeste, bien qu'enchainé, n'attira pas l'attention puisque considéré comme un allié. De plus, leur cible ne s'occupait que d'essayer de toucher ce qui devait être Grumf.
Sans crier gare, ils usèrent en même temps de toute leur puissance sur les bracelets. L'éredar ne se rendit compte que trop tard de l'attaque sournoisement menée. Il observa ses bijoux qui laissaient maintenant échapper une vive lumière verte par les fissures créées par les dégâts importants.
Soudain, la lumière s'intensifia et une explosion réduisit les bracelets en morceaux. Observant avec désarroi les débris se réduire en une poussière noire tandis qu'ils tombaient vers le sol, le géant oublia un instant qu'il se trouvait sur un champ de bataille. Ses congénères s'arrêtèrent eux aussi, semblant essayer de comprendre ce qui se passait.

- Ai-je honoré mon contrat ? Demanda le garde funeste à Kanum.

- Il n'est pas encore mort !

Le démon lui lança un regard noir qui fit changer d'avis le démoniste. Pas parce qu'il le voulait, mais parce qu'il sentait les liens le retenant de sa folie meurtrière se relâcher. Après tout il n'était pas un maître en démonologie et il devait accepter ses limites. Du reste il les avaient déjà dépassé en réussissant son invocation et l'éredar ne pouvait plus user de sa magie noire.

- Très bien, tu es libre.

Les chaines magiques emprisonnant le garde se mirent à briller jusqu'à l'envelopper tout entier d'un halo violet, puis elles s'éteignirent pour laisser voir qu'il avait disparu, emmené dans son monde d'origine par une magie mystérieuse.

Une ombre cachant la lumière juste au dessus de lui, indiqua alors à Kanum qu'il avait peut-être libéré le démon un peu vite. Il ne dut son salut qu'à un réflex de survie le faisant plonger en avant aussi loin que possible. Le son de l'énorme sabot s'abattant la où il se trouvait une fraction de seconde plus tôt fit trembler tous ses os.

L'éredar avait décidé qu'il représentait une cible bien plus gênante et surement plus facile à atteindre, que Grumf. Le pied du géant se souleva à nouveau et Kanum se releva effrayé par l'idée de finir écrasé.

- Misérable insecte ! Hurla l'éredar en frappant à nouveau le sol.

Le démoniste sentit une énorme masse frôler son dos. Il fixait la crête qu'il voyait comme un salut et reconnut son camarade Grumf l'observer sous sa forme de loup. C'était sous cette forme qu'il avait pu facilement échapper aux tirs du démon.

A nouveau l'ombre se projeta au dessus du réprouvé. Elle allait l'atteindre quand il entendit un rugissement reptilien suivit d'un cri plaintif du géant. Kanum comprit que Denver venait de se jeter sur le membre qui tentait de l'écraser, mais il poursuivit sa fuite sans se retourner.

Lorsqu'il atteignit la crête, il fut accueillit par le chaman ayant reprit son apparence normal et le paladin. Mais il n'y avait aucun signe de Coxi.

- Vous êtes sain et sauf. Se réjouit-t-il en les auscultant rapidement du regard.

- Oui, grâce à Xu. Répondit Grumf.

- Plus tard les remerciements. L'arrêta le paladin. Denver ne pourra pas le tenir immobile seul bien longtemps.

- Tu as raison ! Se souvint le chaman. Ecoutes Kanum, Coxi a eut un plan, mais il faut l'obliger à rester à sa place le temps qu'il soit en place.

- D'accord.

Le seul moyen de le forcer à rester à sa place était de l'attaquer sans lui laisser de répit. Même si un projectile magique ou un tir de fusil seul semblait être sans effet sur lui, la multitude faisait l'effet d'un barrage. Privé de sa magie, l'éredar ne pouvait pas se défendre des attaques à distances. Même s'il envoya les autres démons à l'assaut, Grumf leur rappela par quelques éclairs qu'ils avaient pour beaucoup d'entre eux toujours les pieds dans l'eau.

Aucun des trois Princes ne savait ce que Coxi préparait. Ils espéraient seulement qu'il ne tarderait pas, car ils ne possédaient pas une réserve d'énergie inépuisable. De plus, les humains commençaient à ressentir les effets d'un combat qu'ils menaient pour certains depuis plus de douze heures.

Enfin, le signal de l'exécution du plan fut donné par une flèche enflammée tirée haut dans le ciel. Aussitôt, une multitude de flèches attachées à de longues cordes passèrent au dessus de la tête du géant, formant ainsi une toile. A peine plantées dans le sol, des soldats saisirent les extrémités et tirèrent de toutes leur forces en arrière, abattant ainsi la toile de corde sur l'éredar.
Ce dernier, empêtré, vociféra de plus belle. Puis, sous l'effort conjugué des hommes, plia un genoux au sol. Le plan de Coxi semblait fonctionner. Bientôt le monstre serait à terre et les lances pourraient atteindre ses organes vitaux sans qu'il puisse se défendre.

C'est ce que devait penser le chasseur en établissant son plan. Seulement, il avait sous estimé la force du colosse. Ce dernier, agrippa une corde et commença à tirer vers lui. Les soldats la tenant furent surpris et, ne voulant pas lâcher, furent trainés dans la poussière. Sentant cette légère résistance, l'éredar tira un coup sec pour se libérer de cette première corde. Il fit de même avec une autre, puis une autre encore. Les mailles du filet se relâchaient.

- Attrapez moi ces foutues cordes ! Hurla le capitaine du régiment.

Mais les soldats qui s'y risquèrent tombèrent nez à nez avec des démons désireux de protéger leur supérieur.
L'éredar finit par réussir à se dégager un bras sur lequel il s'appuya pour s'aider à se redresser. Mais les soldats qui tenaient encore des cordes luttaient pour l'en empêcher. Le démon allait parvenir à se libérer quand, arrivant à dos de loup, Coxi hurla à l'intention du Capitaine: « Lâchez tout !»

D'un seul homme, toutes les cordes furent libérée et l'éredar se redressa, pensant avoir fait plier les humain sous sa force, en tendant les bras au ciel et rugissant sa satisfaction.

Le bruit de l'immense flèche de baliste se plantant dans son torse mit fin à ses cris. Le choc fut si violant, que le démon fut projeté dans l'eau emplissant le fond du cratère, provoquant un raz de marée. Tandis que les démons encaissaient leur plus grosse perte depuis le début de cette guerre, les humains savouraient leur victoire par des hourras.
Grumf, Xuther et Kanum avaient assisté à la scène et observaient maintenant Coxi qui menait dans son sillage tout une cavalerie de Stormwind, mais, plus surprenant encore, également une meute de chevaucheurs de worgs d'Orgrimmar. Tandis que le chasseur changeait sa trajectoire pour rejoindre les Princes, les soldats montés fondirent sur les démons encore sous le choc pour leur asséner le coup de grâce.

- Joli tir n'est-ce pas ? Fit-il en affichant un large sourire.

- Un sacré coup de chance surtout ! Jugea Xuther.

- La chance n'a rien à voir la dedans, j'avais tout calculé. La distance, la position de la cible... sauf que l'armée envoyée par Thrall aurait rejoint celle de Stormwind grâce à un portail magique ouvert à Pierrerêche juste après notre départ de là-bas.

- Le principal c'est que les démons aient été cantonnés devant la porte. Se félicita Grumf. Nous avons tous fait du bon travail.

- Si nous avions été dans l'armée régulière nous aurions surement été promu. Pensa Kanum.

- Tu aurais fini à la cour martial ! Protesta Coxi, qui visiblement n'avait pas digéré le style de combat du démoniste.

- Que c'est-il passé ? Voulu savoir le chaman.

- Rien de bien grave, puisque tout le monde est en vie. Répondit le mort-vivant.

- Rien de bien grave ! N'en cru pas ses oreilles le chasseur. Tu vas voir !

Il dégaina un de ses révolver et pointa le canon sur le démoniste.

- Je vais te mettre un peu de plomb dans la cervelle ca ne te fera pas de mal !

- Du calme ! S'interposa Grumf. Vous entretuer ne sert à rien !

- D'accord, c'est vrai que j'ai peut-être agis sans prendre le temps de bien réfléchir. Reconnu Kanum. Mais tu m'as demandé de faire vite et j'ai agis avec instinct, pardonnes moi.

- C'est bon. Accepta le chasseur en rangeant son arme. Mais la prochaine fois évite de sacrifier un camarade.

- Sacrifier ! Fut alors choqué Xuther. Tu as sacrifié Coxi !

- Je suis démoniste moi, pas curé ! Je travaille à ma façon que ca plaise ou non ! Se défendit-il.

- Mais calmez-vous bon sang ! Imposa Grumf. En temps de guerre peu importe la méthode, seule la victoire compte.

Le bruit de milliers de pas martelant le sol mit fin aux disputes. Les armées de la Horde et de l'Alliance arrivaient et c'était un spectacle impressionnant et jamais vu. Ceux qui se seraient en tant normal affrontés, allaient lutter ensemble pour repousser les démons et peut-être même nettoyer l'Outreterre de leur présence.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:47    Sujet du message: Chapitre 8

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