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Le journal de Li-Li
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MessagePosté le: 01.09.12 01:48    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Le journal de Li-Li
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Lore Mists of Pandaria Li-Li Chen

Blizzard nous présente aujourd'hui le premier chapitre du journal de Li-Li la jeune nièce de Chen Stormstout. Plongez-vous au coeur d'une histoire passionnante accompagné de Li-Li et de sa plume aussi légère que le vent.

Citation:
Blizzard sur Le journal de Li-Li Chapitre 1 (Traduction - Source)


La vie est une aventure.
C’est ce qu’oncle Chen m’avait écrit dans l’une de ses lettres. C’est un sage conseil, mais mon père, Chon Po, n’est pas de cet avis. Il trouve que je passe trop de temps à rêver du monde extérieur et que je passe à côté de la beauté et des merveilles de l’île Vagabonde. Il se trompe complètement ! J’adore l’endroit d’où je viens.
Voilà l’objectif de ce journal. Si je dois un jour devenir une grande exploratrice comme oncle Chen, il faut que je rédige le récit de mes propres aventures, tout comme lui. Alors, pourquoi ne pas commencer à la maison ? Mon livre finira peut-être à la Grande bibliothèque, à côté des lettres d’oncle Chen. Ou mieux, peut-être qu’un jour, des gens de Hurlevent, d’Orgrimmar, ou d’une terre plus lointaine encore, liront ceci et découvriront mon peuple, sa culture et ce qui fait que cet endroit est si génial !
Commençons par le commencement : les présentations. Je suis née sur la grande tortue, Shen Zin Su, également connue sous le nom d’île Vagabonde. De nos jours, la plupart des pandarens du coin passent leur temps avachis sur leurs derrières, à radoter les mêmes vieilles histoires. Mais ça n’a pas toujours été comme ça. Nos ancêtres avaient l’aventure dans le sang. Pour eux, chaque jour passé sur l’île offrait une chance de voir de nouvelles choses et de donner naissance à de nouvelles histoires !
Alors que j’écris ces mots, oncle Chen poursuit cette tradition, quelque part dans le monde... Mais il n’est pas le seul. La voie du Voyageur m’appelle également, ici même, dans cette maison, et il est grand temps pour moi d’y répondre !
Je m’appelle Li Li Brune d’Orage, et voici l’île Vagabonde.


Chapitre 1 : Retour aux sources
J’ai décidé d’explorer l’endroit où je vis à la manière d’un explorateur, une philosophie décrite par oncle Chen dans bon nombre de ses lettres. En fait, cela signifie qu’il faut accomplir chaque voyage un pas après l’autre, en observant tout autour de soi, en parlant à tous ceux que l’on rencontre et en absorbant tout dans les moindres détails.
Après avoir longuement réfléchi, j’ai décidé de commencer mon exploration de Shen Zin Su là où l’on m’a raconté l’histoire de l’île pour la première fois : à l’arche du Point-du-Jour. Cet énorme pont de pierre enjambe d’imposantes falaises, près du centre de l’île. Depuis le sommet de l’arche, on peut voir par-delà les frondaisons d’émeraude de la forêt de Pei-Wu, au sud. La vue est vraiment à couper le souffle !

Mais je n’étais pas venue pour la vue. Je me suis dirigée vers une petite salle de classe installée sous le pont. C’est là que la plupart des petits apprennent l’histoire de Liu Lang, le premier explorateur pandaren (même si je l’ai personnellement découverte avant ça, grâce à une lettre d’oncle Chen). La salle, aérée et confortable, était remplie de petits fascinés, à qui deux chroniqueurs racontaient l’histoire de Liu Lang. J’ai pris un siège et j’ai fermé les yeux, en essayant d’imaginer que j’entendais cette histoire pour la première fois...
Écouter l’histoire de Liu Lang m’a donné le sentiment que tout était possible ! Inspirée, j’ai traversé l’arche qui me séparait du temple des Cinq matins, une tour étincelante située en plein cœur de l’île. Franchir le seuil de cette gigantesque construction, c’est comme pénétrer dans un autre monde. De la pluie tombait du plafond… Une douce brise caressait mes vêtements... Et même s’il faisait frais dehors, l’air à l’intérieur était aussi chaud que par un jour d’été...

Les chroniqueurs disent que la taille du temple a augmenté au fur et à mesure de la croissance de Shen Zin Su, comme si le bâtiment lui-même faisait partie de la grande tortue. Il s’agit d’un lieu sacré, car le temple abrite les quatre anciens esprits du royaume : Shu (l’eau), Wugou (la terre), Huo (le feu) et Dafeng (l’air). Tant que ces esprits se portent bien, le temps reste au beau fixe et les saisons s’écoulent comme il se doit.
Le temple déborde de sages proverbes et de bibelots rares, mais ce qui m’intéressait le plus, c’était la statue de Liu Lang, au premier étage. En l’observant, j’ai songé à toutes les choses fabuleuses qu’il a accomplies... Il en fallait du cran pour faire ce qu’il a fait ! L’aventure devait l’attendre à chaque tournant, même chez lui.
En partant, je suis tombée sur maître Shang Xi. C’est quelqu’un d’important dans la région, un noble et courageux pandaren, qui enseigne aussi bien aux plus jeunes qu’aux plus âgés. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis attiré des ennuis avec Shang, mais il a toujours su me pardonner (excepté la fois où j’ai fait infuser son thé dans de l’eau puante des bassins maudits). Enfin bref, il était de bonne humeur, et j’en ai donc profité pour lui poser quelques questions qui me turlupinaient depuis un moment : qu’aurait fait Liu Lang s’il était encore en vie aujourd’hui ? Où aurait-il pu rencontrer l’aventure sur l’île ?
« Pourquoi ne pas le lui demander ? », répondit le maître Xi, en pointant du doigt vers la statue. Je n’y avais pas pensé, alors j’ai essayé. Je ne m’attendais pas vraiment à recevoir de réponse... mais j’en ai reçu une !

L’esprit Shu avait dû m’écouter. Il a surgi tout à coup sur l’épaule de Liu Lang et a craché un globe d’eau qui s’est écrasé sur le sol. Au bout d’un moment, la flaque s’est mise à bouger. Elle a rampé jusqu’à l’entrée du temple, comme si elle était vivante, puis elle s’est mise à sautiller le long de l’escalier du Point-du-Jour.
J’ai suivi la flaque aussi vite que j’ai pu, jusqu’à atteindre la vaste vallée située au nord du temple. Je n’ai pas cherché à demander à l’eau où elle se rendait. Cela m’aurait gâché la surprise ! Tout comme Chen, je me suis lancée dans mon voyage, un pas après l’autre !




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MessagePosté le: 01.09.12 01:48    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: 01.09.12 02:00    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Le journal de Li Li Brune d’Orage dans l’île Vagabonde
Vendredi 31 aout 2012 à 11h21 - Sharas - 13 commentaires
Blizzard vient de publier un nouvel article dédié aux aventures de Li li. C'est un journal retraçant les aventures de Li Li Brune d’Orage dans l’île Vagabonde. Nous vous proposons de découvrir la présentation suivie du premier chapitre de l'histoire :


La vie est une aventure.

C’est ce qu’oncle Chen m’avait écrit dans l’une de ses lettres. C’est un sage conseil, mais mon père, Chon Po, n’est pas de cet avis. Il trouve que je passe trop de temps à rêver du monde extérieur et que je passe à côté de la beauté et des merveilles de l’île Vagabonde. Il se trompe complètement ! J’adore l’endroit d’où je viens.

Voilà l’objectif de ce journal. Si je dois un jour devenir une grande exploratrice comme oncle Chen, il faut que je rédige le récit de mes propres aventures, tout comme lui. Alors, pourquoi ne pas commencer à la maison ? Mon livre finira peut-être à la Grande bibliothèque, à côté des lettres d’oncle Chen. Ou mieux, peut-être qu’un jour, des gens de Hurlevent, d’Orgrimmar, ou d’une terre plus lointaine encore, liront ceci et découvriront mon peuple, sa culture et ce qui fait que cet endroit est si génial !

Commençons par le commencement : les présentations. Je suis née sur la grande tortue, Shen Zin Su, également connue sous le nom d’île Vagabonde. De nos jours, la plupart des pandarens du coin passent leur temps avachis sur leurs derrières, à radoter les mêmes vieilles histoires. Mais ça n’a pas toujours été comme ça. Nos ancêtres avaient l’aventure dans le sang. Pour eux, chaque jour passé sur l’île offrait une chance de voir de nouvelles choses et de donner naissance à de nouvelles histoires !

Alors que j’écris ces mots, oncle Chen poursuit cette tradition, quelque part dans le monde... Mais il n’est pas le seul. La voie du Voyageur m’appelle également, ici même, dans cette maison, et il est grand temps pour moi d’y répondre !

Je m’appelle Li Li Brune d’Orage, et voici l’île Vagabonde.


Et maintenant place au premier chapitre intitulé Retour aux sources.


J’ai décidé d’explorer l’endroit où je vis à la manière d’un explorateur, une philosophie décrite par oncle Chen dans bon nombre de ses lettres. En fait, cela signifie qu’il faut accomplir chaque voyage un pas après l’autre, en observant tout autour de soi, en parlant à tous ceux que l’on rencontre et en absorbant tout dans les moindres détails.

Après avoir longuement réfléchi, j’ai décidé de commencer mon exploration de Shen Zin Su là où l’on m’a raconté l’histoire de l’île pour la première fois : à l’arche du Point-du-Jour. Cet énorme pont de pierre enjambe d’imposantes falaises, près du centre de l’île. Depuis le sommet de l’arche, on peut voir par-delà les frondaisons d’émeraude de la forêt de Pei-Wu, au sud. La vue est vraiment à couper le souffle !

 


Mais je n’étais pas venue pour la vue. Je me suis dirigée vers une petite salle de classe installée sous le pont. C’est là que la plupart des petits apprennent l’histoire de Liu Lang, le premier explorateur pandaren (même si je l’ai personnellement découverte avant ça, grâce à une lettre d’oncle Chen). La salle, aérée et confortable, était remplie de petits fascinés, à qui deux chroniqueurs racontaient l’histoire de Liu Lang. J’ai pris un siège et j’ai fermé les yeux, en essayant d’imaginer que j’entendais cette histoire pour la première fois...

Écouter l’histoire de Liu Lang m’a donné le sentiment que tout était possible ! Inspirée, j’ai traversé l’arche qui me séparait du temple des Cinq matins, une tour étincelante située en plein cœur de l’île. Franchir le seuil de cette gigantesque construction, c’est comme pénétrer dans un autre monde. De la pluie tombait du plafond… Une douce brise caressait mes vêtements... Et même s’il faisait frais dehors, l’air à l’intérieur était aussi chaud que par un jour d’été...

Les chroniqueurs disent que la taille du temple a augmenté au fur et à mesure de la croissance de Shen Zin Su, comme si le bâtiment lui-même faisait partie de la grande tortue. Il s’agit d’un lieu sacré, car le temple abrite les quatre anciens esprits du royaume : Shu (l’eau), Wugou (la terre), Huo (le feu) et Dafeng (l’air). Tant que ces esprits se portent bien, le temps reste au beau fixe et les saisons s’écoulent comme il se doit.

Le temple déborde de sages proverbes et de bibelots rares, mais ce qui m’intéressait le plus, c’était la statue de Liu Lang, au premier étage. En l’observant, j’ai songé à toutes les choses fabuleuses qu’il a accomplies... Il en fallait du cran pour faire ce qu’il a fait ! L’aventure devait l’attendre à chaque tournant, même chez lui.

En partant, je suis tombée sur maître Shang Xi. C’est quelqu’un d’important dans la région, un noble et courageux pandaren, qui enseigne aussi bien aux plus jeunes qu’aux plus âgés. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis attiré des ennuis avec Shang, mais il a toujours su me pardonner (excepté la fois où j’ai fait infuser son thé dans de l’eau puante des bassins maudits). Enfin bref, il était de bonne humeur, et j’en ai donc profité pour lui poser quelques questions qui me turlupinaient depuis un moment : qu’aurait fait Liu Lang s’il était encore en vie aujourd’hui ? Où aurait-il pu rencontrer l’aventure sur l’île ?

« Pourquoi ne pas le lui demander ? », répondit le maître Xi, en pointant du doigt vers la statue. Je n’y avais pas pensé, alors j’ai essayé. Je ne m’attendais pas vraiment à recevoir de réponse... mais j’en ai reçu une !

 


L’esprit Shu avait dû m’écouter. Il a surgi tout à coup sur l’épaule de Liu Lang et a craché un globe d’eau qui s’est écrasé sur le sol. Au bout d’un moment, la flaque s’est mise à bouger. Elle a rampé jusqu’à l’entrée du temple, comme si elle était vivante, puis elle s’est mise à sautiller le long de l’escalier du Point-du-Jour.

J’ai suivi la flaque aussi vite que j’ai pu, jusqu’à atteindre la vaste vallée située au nord du temple. Je n’ai pas cherché à demander à l’eau où elle se rendait. Cela m’aurait gâché la surprise ! Tout comme Chen, je me suis lancée dans mon voyage, un pas après l’autre !


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MessagePosté le: 06.09.12 20:46    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Le journal de Li-Li
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Lore Mists of Pandaria Li-Li Chen
Sommaire
  • 2.
    Chapitre 2



Blizzard nous présente aujourd'hui le second chapitre du journal de Li-Li la jeune nièce de Chen Stormstout. Plongez-vous au coeur d'une histoire passionnante accompagné de Li-Li et de sa plume aussi légère que le vent.

Citation:
Blizzard sur Le journal de Li-Li Chapitre 2 (Source)


Dilemme au Point-du-Jour.
CMon voyage à travers l’île Vagabonde s’est poursuivi dans la vallée du Point-du-Jour !
J’ai suivi la flaque d’eau créée par Shu à travers les vertes collines et les fourrés de la région. Ce petit machin se débrouillait toujours pour être un pas devant moi, mais j’avais décidé de jouer le jeu. À cette époque de l’année, la vallée était magnifique et débordait de plantes et d’animaux fascinants, comme les filous feuilledambre, des lutins des forêts malicieux, qui adorent jouer des tours pendables à ceux qu’ils croisent. Je les ai toujours aimés ! Mais la chose que je préfère dans cette partie de l’île, ce sont les arbres puzhu, qui resplendissent d’un rouge éclatant. Ils ont vraiment quelque chose de magique… Leurs pétales conservent leur couleur pendant des mois, même après qu’on les ait cueillis.



Les chroniqueurs racontent que Liu Lang a planté différentes pousses et graines un peu partout sur l’île, il y a bien des années de cela. Cela veut-il dire que l’on peut trouver les mêmes plantes et les mêmes fleurs en Pandarie ? Si c’est le cas, peut-être que les gens làbas se servent des pétales de puzhu comme remède et comme décoration de festival, tout comme nous !



Finalement, j’ai perdu la trace de l’eau de Shu quelque part dans le village de Wu-Song, au nord de la vallée du Point-du-Jour. Et le pire, c’est que personne ne semblait l’avoir vu passer ! Comment peut-on ne pas remarquer une flaque d’eau vivante qui se balade en pleine rue ?! Enfin, je suppose que je ne peux pas vraiment en vouloir aux villageois… Ils semblaient occupés par leurs corvées et par leur entraînement aux arts martiaux. Nombre des meilleurs moines de l’île sont nés et ont grandi à Wu-Song, probablement en raison de sa proximité avec l’école de Shang Xi.
L’école est située au sommet d’une haute colline, juste à l’est du village. Toute la journée, le bruit des poings et des armes frappant des mannequins d’entraînement résonne à travers la vallée en contrebas. Alors que je me dirigeais vers l’école, je suis tombée sur deux des pandarens les plus sages de la région : Aysa Poète des Nuages, maîtresse du courant de pensée Tushui, et Ji Patte de Feu, un maître de la voie des Huojin.



Ces deux philosophies sont très populaires, mais chacune aborde les choses à sa façon. Les Tushui enseignent avant tout à défendre ce qui est juste. Pour eux, il n’y a qu’une seule voie correcte dans la vie et il est impératif de ne jamais en dévier. De leur côté, les Huojin se concentrent sur la passion et prônent l’action directe. Les adaptes de cette école pensent qu’aussi longtemps qu’ils oeuvreront pour le bien du plus grand nombre, ils pourront s’accorder une certaine flexibilité au niveau des méthodes employées pour y parvenir.
Étant personnellement adepte de la voie de l’explorateur, je ne pouvais pas passer à côté de cette occasion de harceler Aysa et Ji avec mes questions. Je leur ai donc demandé ce que je devais faire pour retrouver la flaque d’eau.
« Assieds-toi, observe et attends, jeune fille », m’a répondu Aysa. « Shu est un être ancien et il ne répondra pas toujours à ton appel. Si cette eau souhaite te retrouver, elle le fera. En temps voulu. »
L’approche de Ji était assez différente. « Tu ne trouveras cette eau que si tu vas jusqu’au bout des choses, petite Brune d’Orage. Fouille chaque arbre et chaque berge de la rivière. N’omets pas de retourner la moindre pierre ! »
J’ai donc décidé d’essayer les deux méthodes. Tout d’abord, je me suis installée à l’étang de Fu, un coin tranquille au sud de l’école. Je me suis assise là et j’ai médité pendant ce qui m’a semblé des heures. Mais la flaque d’eau de Shu ne s’est jamais montrée. Ensuite, j’ai suivi le conseil de Ji et je me suis mise à fouiller tous les buissons que j’ai pu trouver. Au final, j’ai fini par réaliser que tout cela ne menait à rien. Ma mission, c’était l’exploration. Si Shu m’avait guidée jusqu’ici, peut-être était-ce tout simplement pour m’aider à effectuer le premier pas de mon voyage ?



Ayant repris la route en direction du temple des Cinq matins, j’ai croisé un charretier nommé Lun, accompagné de son yack. Il venait de livrer des provisions au temple et il s’apprêtait à regagner la ferme Dai-Lo. Je me suis alors dit que cette partie de l’île n’était pas pire qu’une autre pour poursuivre ma visite. J’ai donc convaincu Lun de me laisser grimper à bord de sa charrette.
Mais j’ai bien senti qu’il n’était pas de bonne humeur. Il arborait une expression pleine d’amertume, un peu comme s’il avait voulu mordre dans un beignet à la pâte de haricot rouge, mais qu’il s’était alors aperçu que quelqu’un l’avait fourré au fromage de yack rance (oui, c’est un truc qui m’est arrivé). À force de questions, j’ai réussi à le convaincre de me parler de son problème : des voleurs hozen avaient pillé ses réserves de nourriture.
Certes, j’ai compati aux malheurs de Lun. Mais pour être honnête, j’ai surtout trouvé cette
histoire passionnante ! Explorer Dai-Lo, c’est une chose, mais pouvoir l’explorer et
enquêter sur des voleurs hozen, c’était carrément un rêve qui se réalisait !
La prochaine étape de mon voyage s’annonçait enfin comme une véritable aventure !
à suivre...



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MessagePosté le: 08.09.12 15:50    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Blizzard a mis en ligne le 3ème chapitre du journal de Li Li sur le site officiel de World of Warcraft (il existe aussi une version PDF). Celui-ci s'intitule "Chasse au hozen" et vous plongera une nouvelle fois dans l'ambiance de Mists of Pandaria. Je vous propose de le découvrir ci-dessous, en compagnie de 5 screenshots inédits.

Si vous souhaitez lire la première partie et la seconde partie, suivez les liens !


Après ma promenade dans la vallée du Point-du-Jour, j’ai pris la route en direction de la ferme Dai-Lo.

Ce coin superbe est le grenier à grain de l’île Vagabonde, et j’ai lu à la Grande bibliothèque que le sol de la région est l’un des plus fertiles au monde. Dai-Lo proprement dit est une petite communauté de fermiers située non loin des Travées, de longues étendues vallonnées de terre labourée débordant de citrouilles, de carottes et d’autres merveilles.

 


Toute cette excellente nourriture cultivée en plein air fait de cette zone une cible prioritaire pour les nuisibles comme les virmens. Ces sales bestioles dévorent absolument tout ce qui leur tombe sous la dent, mais elles sont particulièrement friandes de légumes.

Mais les virmens ne sont qu’un des problèmes auxquels les fermes doivent faire face. En m’emmenant à Dai-Lo, le charretier Lun m’a parlé d’un groupe de voleurs hozen qui s’est faufilé dans le village pour dérober quelques sacs de riz et de légumes. En temps normal, ces singes tenaces se contentent de rôder du côté de Fe-Feng, au nord-ouest de l’île. Mais parfois, ils s’aventurent plus loin et causent pas mal d’ennuis.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’aime bien les hozen ! Ils ont leur propre culture et leurs propres coutumes. Ils sont complètement cinglés, mais gentiment cinglés. Néanmoins, de temps à autre, il leur arrive d’être un peu trop cinglés...

J’ai été choquée d’apprendre que personne ne cherchait à retrouver les voleurs. J’imagine qu’avec les virmens dans les parages, les fermiers de Dai-Lo ont dû se dire que perdre quelques sacs de nourriture de temps en temps, ce n’était pas si grave. Mais à mes yeux, si les fermiers laissaient les hozen leur chaparder leurs cultures sans réagir, ces derniers seraient incités à continuer. C’était notre nourriture qu’ils volaient et il était hors de question que je les laisse s’en tirer sans réagir !

Lun m’a dit que les hozen avaient été aperçus pour la dernière fois se dirigeant vers la forêt au nord des Travées, vers une zone appelée les bassins Chantants. Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour retrouver leur piste, constituée de carottes mâchouillées et de têtes de brocolis intactes (j’en ai déduit que les hozen n’apprécient pas les brocolis). J’ai donc suivi leur trace à travers les forêts d’émeraude entourant les bassins.

J’ai toujours aimé me rendre aux bassins. C’est un endroit paisible et plein de magie. J’ai passé beaucoup de temps ici, à essayer de tenir en équilibre sur les longs mâts de bois qui se dressent hors de l’eau. Ces sessions d’entraînement sont assez grisantes, car chaque chute ne signifie pas uniquement que l’on va se retrouver mouillé. Ces eaux sont plus étonnantes qu’elles n’en ont l’air...

 


En fait, au fil des années, toutes sortes d’animaux ont trouvé la mort dans les bassins et leurs esprits ont fusionné avec les eaux enchantées. Si vous tombez à l’eau... POUF ! Avant que vous ne puissiez comprendre ce qui vous arrive, vous vous retrouvez à sautiller sous la forme d’une grenouille ou à ramper dans la boue sous la forme d’une tortue. Il y a même un bassin qui abrite l’esprit d’une mouffette... Même après avoir levé la malédiction, vous pouvez être sûr de puer pendant plusieurs jours !

J’ai pris mon temps pour fouiller les alentours, en regardant les petits sauter d’un mât à l’autre, sous la supervision d’un pandaren nommé Bo Le, un type costaud et très terre à terre, qui a été l’un de mes professeurs pendant des années. Il a bon cœur, mais autant d’entrain qu’un seau d’appâts de pêche vieux d’une semaine... On dirait qu’il ne sait dire qu’une seule chose : « Ne fais pas ça ! » On croirait mon père... Ils sont tous les deux l’exact opposé d’oncle Chen.

Bo Le m’a vue marcher près des bassins et m’a lancé un regard noir. Il a dû se dire que je préparais un mauvais tour (et il n’avait pas complètement tort...). Heureusement, il était trop occupé avec les petits pour venir m’ennuyer.

Finalement, j’ai réussi à trouver les voleurs hozen. Cinq d’entre eux, pour être précise. Ils traînaient sur la rive du bassin de la moufette et s’amusaient à se pousser dedans. À chaque fois que l’un d’entre eux tombait et se retrouvait brièvement transformé, les autres sautaient dans tous les sens, mugissant et braillant comme si une tournée gratuite venait d’être annoncée à la brasserie Ki-Han.

 


J’ai aperçu ce qu’il restait des sacs de riz et de légumes sur une colline un peu plus loin, abandonnés derrière un arbre. Les hozen étaient si occupés à s’amuser qu’ils ne m’ont même pas remarquée lorsque je me suis dirigée vers leur cachette pour examiner les reliquats de leur butin. J’ai pu m’approcher jusqu’à portée de main de la nourriture, mais deux bébés hozen ont soudain surgi de derrière les sacs !

Je ne m’attendais pas du tout à ce que les voleurs puissent être une famille. Ils avaient dû voler les provisions pour nourrir leurs petits, je n’ai donc pas pu me résoudre à la leur reprendre. Mais je pouvais tout de même exercer une petite vengeance... J’ai balancé une des citrouilles volées vers les hozen situés près du bassin, puis j’ai fui à toutes jambes vers la forêt. Au bruit qui a suivi, je suppose que j’ai dû en faire tomber plusieurs dans l’eau. Mais tout compte fait, un hozen changé en moufette représente une amélioration au niveau de l’odeur...

Il était grand temps pour moi d’affronter mes peurs. J’ai réuni quelques provisions à Dai-Lo, puis j’ai pris la route en direction de la forêt de Pei-Wu, le coin le plus dangereux et le moins recommandable de toute l’île Vagabonde !


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MessagePosté le: 09.09.12 15:27    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Le journal de Li-Li
1

Lore Mists of Pandaria Li-Li Chen
Sommaire


Mise à jour du 9 septembre : Vous pouvez retrouver le chapitre 3 du journal de Li-Li sur cette page.
Mise à jour du 6 septembre : Vous pouvez retrouver le chapitre 2 du journal de Li-Li sur cette page.
Blizzard nous présente aujourd'hui le premier chapitre du journal de Li-Li la jeune nièce de Chen Stormstout. Plongez-vous au coeur d'une histoire passionnante accompagné de Li-Li et de sa plume aussi légère que le vent.

Citation:
Blizzard sur Le journal de Li-Li Chapitre 1 (Traduction - Source)


La vie est une aventure.
C’est ce qu’oncle Chen m’avait écrit dans l’une de ses lettres. C’est un sage conseil, mais mon père, Chon Po, n’est pas de cet avis. Il trouve que je passe trop de temps à rêver du monde extérieur et que je passe à côté de la beauté et des merveilles de l’île Vagabonde. Il se trompe complètement ! J’adore l’endroit d’où je viens.
Voilà l’objectif de ce journal. Si je dois un jour devenir une grande exploratrice comme oncle Chen, il faut que je rédige le récit de mes propres aventures, tout comme lui. Alors, pourquoi ne pas commencer à la maison ? Mon livre finira peut-être à la Grande bibliothèque, à côté des lettres d’oncle Chen. Ou mieux, peut-être qu’un jour, des gens de Hurlevent, d’Orgrimmar, ou d’une terre plus lointaine encore, liront ceci et découvriront mon peuple, sa culture et ce qui fait que cet endroit est si génial !
Commençons par le commencement : les présentations. Je suis née sur la grande tortue, Shen Zin Su, également connue sous le nom d’île Vagabonde. De nos jours, la plupart des pandarens du coin passent leur temps avachis sur leurs derrières, à radoter les mêmes vieilles histoires. Mais ça n’a pas toujours été comme ça. Nos ancêtres avaient l’aventure dans le sang. Pour eux, chaque jour passé sur l’île offrait une chance de voir de nouvelles choses et de donner naissance à de nouvelles histoires !
Alors que j’écris ces mots, oncle Chen poursuit cette tradition, quelque part dans le monde... Mais il n’est pas le seul. La voie du Voyageur m’appelle également, ici même, dans cette maison, et il est grand temps pour moi d’y répondre !
Je m’appelle Li Li Brune d’Orage, et voici l’île Vagabonde.


Chapitre 1 : Retour aux sources
J’ai décidé d’explorer l’endroit où je vis à la manière d’un explorateur, une philosophie décrite par oncle Chen dans bon nombre de ses lettres. En fait, cela signifie qu’il faut accomplir chaque voyage un pas après l’autre, en observant tout autour de soi, en parlant à tous ceux que l’on rencontre et en absorbant tout dans les moindres détails.
Après avoir longuement réfléchi, j’ai décidé de commencer mon exploration de Shen Zin Su là où l’on m’a raconté l’histoire de l’île pour la première fois : à l’arche du Point-du-Jour. Cet énorme pont de pierre enjambe d’imposantes falaises, près du centre de l’île. Depuis le sommet de l’arche, on peut voir par-delà les frondaisons d’émeraude de la forêt de Pei-Wu, au sud. La vue est vraiment à couper le souffle !

Mais je n’étais pas venue pour la vue. Je me suis dirigée vers une petite salle de classe installée sous le pont. C’est là que la plupart des petits apprennent l’histoire de Liu Lang, le premier explorateur pandaren (même si je l’ai personnellement découverte avant ça, grâce à une lettre d’oncle Chen). La salle, aérée et confortable, était remplie de petits fascinés, à qui deux chroniqueurs racontaient l’histoire de Liu Lang. J’ai pris un siège et j’ai fermé les yeux, en essayant d’imaginer que j’entendais cette histoire pour la première fois...
Écouter l’histoire de Liu Lang m’a donné le sentiment que tout était possible ! Inspirée, j’ai traversé l’arche qui me séparait du temple des Cinq matins, une tour étincelante située en plein cœur de l’île. Franchir le seuil de cette gigantesque construction, c’est comme pénétrer dans un autre monde. De la pluie tombait du plafond… Une douce brise caressait mes vêtements... Et même s’il faisait frais dehors, l’air à l’intérieur était aussi chaud que par un jour d’été...

Les chroniqueurs disent que la taille du temple a augmenté au fur et à mesure de la croissance de Shen Zin Su, comme si le bâtiment lui-même faisait partie de la grande tortue. Il s’agit d’un lieu sacré, car le temple abrite les quatre anciens esprits du royaume : Shu (l’eau), Wugou (la terre), Huo (le feu) et Dafeng (l’air). Tant que ces esprits se portent bien, le temps reste au beau fixe et les saisons s’écoulent comme il se doit.
Le temple déborde de sages proverbes et de bibelots rares, mais ce qui m’intéressait le plus, c’était la statue de Liu Lang, au premier étage. En l’observant, j’ai songé à toutes les choses fabuleuses qu’il a accomplies... Il en fallait du cran pour faire ce qu’il a fait ! L’aventure devait l’attendre à chaque tournant, même chez lui.
En partant, je suis tombée sur maître Shang Xi. C’est quelqu’un d’important dans la région, un noble et courageux pandaren, qui enseigne aussi bien aux plus jeunes qu’aux plus âgés. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis attiré des ennuis avec Shang, mais il a toujours su me pardonner (excepté la fois où j’ai fait infuser son thé dans de l’eau puante des bassins maudits). Enfin bref, il était de bonne humeur, et j’en ai donc profité pour lui poser quelques questions qui me turlupinaient depuis un moment : qu’aurait fait Liu Lang s’il était encore en vie aujourd’hui ? Où aurait-il pu rencontrer l’aventure sur l’île ?
« Pourquoi ne pas le lui demander ? », répondit le maître Xi, en pointant du doigt vers la statue. Je n’y avais pas pensé, alors j’ai essayé. Je ne m’attendais pas vraiment à recevoir de réponse... mais j’en ai reçu une !

L’esprit Shu avait dû m’écouter. Il a surgi tout à coup sur l’épaule de Liu Lang et a craché un globe d’eau qui s’est écrasé sur le sol. Au bout d’un moment, la flaque s’est mise à bouger. Elle a rampé jusqu’à l’entrée du temple, comme si elle était vivante, puis elle s’est mise à sautiller le long de l’escalier du Point-du-Jour.
J’ai suivi la flaque aussi vite que j’ai pu, jusqu’à atteindre la vaste vallée située au nord du temple. Je n’ai pas cherché à demander à l’eau où elle se rendait. Cela m’aurait gâché la surprise ! Tout comme Chen, je me suis lancée dans mon voyage, un pas après l’autre !

à suivre...



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MessagePosté le: 14.09.12 11:44    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Beaucoup de news hier, j'ai donc reporté à ce jeudi la mise en ligne de certaines infos comme le 4ème chapitre du Journal de Li Li. Disponible au format PDF, celui-ci est accompagné de nouveaux screenshots de Mists of Pandaria.


Chapitre quatre : La forêt interdite

Chargée de produits de la ferme Dai-Lo, je me suis préparée pour mon excursion au cœur de l’endroit le plus dangereux de l’île Vagabonde : la forêt de Pei-Wu !

Ces bois sont si dangereux qu’ils sont interdits à la plupart des pandarens et y pénétrer ne serait pas chose aisée. Des collines et des montagnes rocheuses escarpées entourent la dense forêt de bambous, et le seul véritable chemin qui mène à l’intérieur est bloqué par deux portes massives. Ces robustes barrières sont situées non loin du village de Mandori, dans lequel j’ai passé toute ma vie. Cela aurait pu paraître commode, mais vu qu’il y a toujours des pandarens dans les parages, il est difficile de franchir les murs sans se faire repérer.

Histoire de compliquer les choses, j’ai aperçu Bo Le alors que je cherchais un coin tranquille pour escalader la première porte. Que faisait-il, à rôder ainsi autour du village précisément aujourd’hui ? Il m’a demandé ce que j’étais venue faire aux bassins Chantants. « Profiter de la beauté et de la splendeur de notre chez-nous », lui ai-je répondu... D’une certaine manière, c’était vrai !

Néanmoins, Bo Le a plissé les yeux et m’a sermonnée, comme à son habitude (je me demande s’il sait à quel point il ressemble à un crapaud mousséchine tout ridé quand il fait ça...). Vu que Bo fourrait son gros nez partout, je suis rentrée à la maison pour calmer le jeu et me reposer un peu en attendant que la voie soit libre. Avant le lever du soleil, je me suis faufilée à travers les rues désertes et silencieuses, puis j’ai escaladé les deux grandes portes à l’aide d’une corde en poils de yack que j’avais récupérée à Dai-Lo.

Bien vite, le soleil a pointé à l’horizon, mais la canopée épaisse de Pei-Wu bloquait quasiment toute lumière. La brume semblait rester accrochée au sol de la forêt, rendant la visibilité encore plus incertaine. Je pouvais entendre des bruits tout autour de moi... beaucoup de bruits. La région est connue pour la richesse de sa faune locale, mais une seule bête est en mesure de susciter l’effroi dans le cœur d’un pandaren : le féroce tigre de Pei-Wu.

 


Et l’un d’eux m’avait prise en chasse. Partout où j’allais, des pas lourds me suivaient de près. Si je m’arrêtais, ils s’arrêtaient. Si je me déplaçais, ils se déplaçaient. Et puis, tout d’un coup, la bête a foncé sur moi, grondante et écumante. J’ai instantanément adopté la posture du buffle vigoureux pour me défendre, et c’est alors qu’une forme énorme est émergée de la brume...C’était Bo Le !

Ne pouvait-il pas se mêler de ses affaires ? Sans un mot, Bo m’a ramenée chez moi, puis a réveillé papa pour lui dire que je m’étais aventurée dans la forêt interdite. Mon père m’a houspillée pendant plus d’une heure, avant de finir par se calmer. En punition, il a décidé que je devrais subir toute une semaine d’entraînement aux bassins Chantants... sous la surveillance de Bo.

J’ai essayé de raconter à mon père ce que j’essayais de faire, que j’étais partie explorer la grande tortue pour écrire le récit de ce merveilleux voyage. J’espérais que cela lui ferait plaisir, mais il n’a pas semblé comprendre, ou alors cela ne l’intéressait pas...

Papa m’a annoncé que ma punition commencerait dès le lendemain, ce qui voulait dire que j’avais encore le temps de visiter un lieu de plus. Encore furieuse après ce qui s’était passé, je suis partie vers l’ouest, jusqu’à atteindre une longue piste sinueuse menant à la forêt des Mille bâtons, là où repose le plus vieux pandaren de l’île Vagabonde. Un énorme lion de pierre, le Gardien des anciens, en protège l’entrée, et cette créature ne laisse passer que ceux qui sont capables de la vaincre au combat. Je suis l’une des plus jeunes pandarens à avoir réussi cette épreuve.

Il y a bien des années, avant de quitter la grande tortue, oncle Chen m’avait raconté qu’il venait souvent chercher l’inspiration dans cette partie de l’île. À l’époque, je ne comprenais pas bien pourquoi, mais maintenant je comprends. Il y a quelque chose de magique ici. Lorsque quelqu’un est enterré ici, son bâton de marche est planté dans la terre et le bâton se met à pousser pour produire un arbre merveilleux. Après bien des générations, toute une forêt a émergé... un véritable historique des grands pandarens de l’île.

Même ma famille a son coin à elle ici. Mais je préfère ne pas m’attarder sur le sujet... Je ne m’y suis pas rendue cette fois-là. Après ma dispute avec papa, je n’avais vraiment pas besoin d’être encore plus triste.

 


En me promenant à travers l’un des plus anciens fourrés du coin, je suis tombée sur l’ancien Shaopai qui allumait de l’encens sur l’autel de sa famille. L’ancien Shaopai est un pandaren d’une suprême sagesse qui vit dans un village des environs, Brise-du-Matin. Il a passé sa vie à archiver les paroles les plus sages, afin d’en faire bénéficier les générations futures.

Shaopai a marché à mes côtés pendant un petit moment, en m’indiquant des arbres du doigt pour me dire en souvenir de qui ils poussaient là. Avant de retourner dans son village, il m’a dit : « Je sens bien que ton cœur est lourd, petite Brune d’Orage. Ce n’est pas mon rôle de me mêler de tes problèmes personnels, mais prends ceci. » L’ancien m’a alors donné un petit objet rond et lisse, à peine plus grand que la taille de ma patte... une pierre à soucis. « Lorsque la vie pèse trop lourd sur tes épaules, la pierre à soucis peut alléger ta charge. Sa magie est très puissante. »J’avais toujours pensé que les pierres à soucis étaient des babioles sans intérêt, mais si un génie comme Shaopai croyait en leur pouvoir, cela me suffisait amplement.

Lorsque j’ai finalement quitté les bois, une étrange sensation m’a envahie et je n’ai pas réussi à m’en débarrasser. J’étais reconnaissante envers Shaopai pour son cadeau et heureuse d’avoir pu visiter tant de superbes endroits sur l’île... Mais il m’en fallait plus. L’île Vagabonde est un territoire magnifique et enchanté, débordant d’histoire et de merveilles. Pourtant, pour moi, c’est simplement l’endroit où je vis. J’en ai fait le tour. Pendant ce temps, il y a tout un monde, là-bas, qui attend d’être découvert. Et je crains de ne jamais avoir la chance de pouvoir l’explorer...

J’ai passé le reste de la journée dans la Grande bibliothèque, à relire les lettres d’oncle Chen. Il me manque... Papa dit qu’il a sûrement fini par se faire tuer au cours de l’une de ses « stupides » aventures, mais je n’y crois pas. Je sais qu’il est toujours là, quelque part, et je sais qu’il reviendra un jour.

En attendant, tout ce que je peux faire, c’est faire subsister l’esprit de la voie de l’Explorateur ici, sur la grande tortue. Oncle Chen serait fier de cela... Mes ancêtres seraient fiers de cela. C’est ainsi que nous avons toujours été censés vivre ! Comme Liu Lang l’a dit lui-même : « Chaque horizon est un coffre au trésor, chaque carte vierge est une histoire qui attend d’être racontée. »

Si seulement mon père arrivait à le comprendre ! Mais qu’importe, qu’il le veuille ou non, un jour, je laisserai ma marque sur ce monde.

Et lorsque je le ferai, peut-être bien qu’oncle Chen sera à mes côtés.


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MessagePosté le: 15.09.12 12:38    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Le journal de Li-Li
1

Lore Mists of Pandaria Li-Li Chen
Sommaire



Mise à jour du 14 septembre : Vous pouvez retrouver le chapitre 4 du journal de Li-Li sur cette page.
Mise à jour du 9 septembre : Vous pouvez retrouver le chapitre 3 du journal de Li-Li sur cette page.
Mise à jour du 6 septembre : Vous pouvez retrouver le chapitre 2 du journal de Li-Li sur cette page.
Blizzard nous présente aujourd'hui le premier chapitre du journal de Li-Li la jeune nièce de Chen Stormstout. Plongez-vous au coeur d'une histoire passionnante accompagné de Li-Li et de sa plume aussi légère que le vent.

Citation:
Blizzard sur Le journal de Li-Li Chapitre 1 (Traduction - Source)


La vie est une aventure.
C’est ce qu’oncle Chen m’avait écrit dans l’une de ses lettres. C’est un sage conseil, mais mon père, Chon Po, n’est pas de cet avis. Il trouve que je passe trop de temps à rêver du monde extérieur et que je passe à côté de la beauté et des merveilles de l’île Vagabonde. Il se trompe complètement ! J’adore l’endroit d’où je viens.
Voilà l’objectif de ce journal. Si je dois un jour devenir une grande exploratrice comme oncle Chen, il faut que je rédige le récit de mes propres aventures, tout comme lui. Alors, pourquoi ne pas commencer à la maison ? Mon livre finira peut-être à la Grande bibliothèque, à côté des lettres d’oncle Chen. Ou mieux, peut-être qu’un jour, des gens de Hurlevent, d’Orgrimmar, ou d’une terre plus lointaine encore, liront ceci et découvriront mon peuple, sa culture et ce qui fait que cet endroit est si génial !
Commençons par le commencement : les présentations. Je suis née sur la grande tortue, Shen Zin Su, également connue sous le nom d’île Vagabonde. De nos jours, la plupart des pandarens du coin passent leur temps avachis sur leurs derrières, à radoter les mêmes vieilles histoires. Mais ça n’a pas toujours été comme ça. Nos ancêtres avaient l’aventure dans le sang. Pour eux, chaque jour passé sur l’île offrait une chance de voir de nouvelles choses et de donner naissance à de nouvelles histoires !
Alors que j’écris ces mots, oncle Chen poursuit cette tradition, quelque part dans le monde... Mais il n’est pas le seul. La voie du Voyageur m’appelle également, ici même, dans cette maison, et il est grand temps pour moi d’y répondre !
Je m’appelle Li Li Brune d’Orage, et voici l’île Vagabonde.


Chapitre 1 : Retour aux sources
J’ai décidé d’explorer l’endroit où je vis à la manière d’un explorateur, une philosophie décrite par oncle Chen dans bon nombre de ses lettres. En fait, cela signifie qu’il faut accomplir chaque voyage un pas après l’autre, en observant tout autour de soi, en parlant à tous ceux que l’on rencontre et en absorbant tout dans les moindres détails.
Après avoir longuement réfléchi, j’ai décidé de commencer mon exploration de Shen Zin Su là où l’on m’a raconté l’histoire de l’île pour la première fois : à l’arche du Point-du-Jour. Cet énorme pont de pierre enjambe d’imposantes falaises, près du centre de l’île. Depuis le sommet de l’arche, on peut voir par-delà les frondaisons d’émeraude de la forêt de Pei-Wu, au sud. La vue est vraiment à couper le souffle !

Mais je n’étais pas venue pour la vue. Je me suis dirigée vers une petite salle de classe installée sous le pont. C’est là que la plupart des petits apprennent l’histoire de Liu Lang, le premier explorateur pandaren (même si je l’ai personnellement découverte avant ça, grâce à une lettre d’oncle Chen). La salle, aérée et confortable, était remplie de petits fascinés, à qui deux chroniqueurs racontaient l’histoire de Liu Lang. J’ai pris un siège et j’ai fermé les yeux, en essayant d’imaginer que j’entendais cette histoire pour la première fois...
Écouter l’histoire de Liu Lang m’a donné le sentiment que tout était possible ! Inspirée, j’ai traversé l’arche qui me séparait du temple des Cinq matins, une tour étincelante située en plein cœur de l’île. Franchir le seuil de cette gigantesque construction, c’est comme pénétrer dans un autre monde. De la pluie tombait du plafond… Une douce brise caressait mes vêtements... Et même s’il faisait frais dehors, l’air à l’intérieur était aussi chaud que par un jour d’été...

Les chroniqueurs disent que la taille du temple a augmenté au fur et à mesure de la croissance de Shen Zin Su, comme si le bâtiment lui-même faisait partie de la grande tortue. Il s’agit d’un lieu sacré, car le temple abrite les quatre anciens esprits du royaume : Shu (l’eau), Wugou (la terre), Huo (le feu) et Dafeng (l’air). Tant que ces esprits se portent bien, le temps reste au beau fixe et les saisons s’écoulent comme il se doit.
Le temple déborde de sages proverbes et de bibelots rares, mais ce qui m’intéressait le plus, c’était la statue de Liu Lang, au premier étage. En l’observant, j’ai songé à toutes les choses fabuleuses qu’il a accomplies... Il en fallait du cran pour faire ce qu’il a fait ! L’aventure devait l’attendre à chaque tournant, même chez lui.
En partant, je suis tombée sur maître Shang Xi. C’est quelqu’un d’important dans la région, un noble et courageux pandaren, qui enseigne aussi bien aux plus jeunes qu’aux plus âgés. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis attiré des ennuis avec Shang, mais il a toujours su me pardonner (excepté la fois où j’ai fait infuser son thé dans de l’eau puante des bassins maudits). Enfin bref, il était de bonne humeur, et j’en ai donc profité pour lui poser quelques questions qui me turlupinaient depuis un moment : qu’aurait fait Liu Lang s’il était encore en vie aujourd’hui ? Où aurait-il pu rencontrer l’aventure sur l’île ?
« Pourquoi ne pas le lui demander ? », répondit le maître Xi, en pointant du doigt vers la statue. Je n’y avais pas pensé, alors j’ai essayé. Je ne m’attendais pas vraiment à recevoir de réponse... mais j’en ai reçu une !

L’esprit Shu avait dû m’écouter. Il a surgi tout à coup sur l’épaule de Liu Lang et a craché un globe d’eau qui s’est écrasé sur le sol. Au bout d’un moment, la flaque s’est mise à bouger. Elle a rampé jusqu’à l’entrée du temple, comme si elle était vivante, puis elle s’est mise à sautiller le long de l’escalier du Point-du-Jour.
J’ai suivi la flaque aussi vite que j’ai pu, jusqu’à atteindre la vaste vallée située au nord du temple. Je n’ai pas cherché à demander à l’eau où elle se rendait. Cela m’aurait gâché la surprise ! Tout comme Chen, je me suis lancée dans mon voyage, un pas après l’autre !

à suivre...Le journal de Li-Li1Lore Mists of Pandaria Li-Li Chen Sommaire

Blizzard nous présente aujourd'hui le second chapitre du journal de Li-Li la jeune nièce de Chen Stormstout. Plongez-vous au coeur d'une histoire passionnante accompagné de Li-Li et de sa plume aussi légère que le vent.

Citation:
Blizzard sur Le journal de Li-Li Chapitre 2 (Source)


Dilemme au Point-du-Jour.
CMon voyage à travers l’île Vagabonde s’est poursuivi dans la vallée du Point-du-Jour !
J’ai suivi la flaque d’eau créée par Shu à travers les vertes collines et les fourrés de la région. Ce petit machin se débrouillait toujours pour être un pas devant moi, mais j’avais décidé de jouer le jeu. À cette époque de l’année, la vallée était magnifique et débordait de plantes et d’animaux fascinants, comme les filous feuilledambre, des lutins des forêts malicieux, qui adorent jouer des tours pendables à ceux qu’ils croisent. Je les ai toujours aimés ! Mais la chose que je préfère dans cette partie de l’île, ce sont les arbres puzhu, qui resplendissent d’un rouge éclatant. Ils ont vraiment quelque chose de magique… Leurs pétales conservent leur couleur pendant des mois, même après qu’on les ait cueillis.



Les chroniqueurs racontent que Liu Lang a planté différentes pousses et graines un peu partout sur l’île, il y a bien des années de cela. Cela veut-il dire que l’on peut trouver les mêmes plantes et les mêmes fleurs en Pandarie ? Si c’est le cas, peut-être que les gens làbas se servent des pétales de puzhu comme remède et comme décoration de festival, tout comme nous !



Finalement, j’ai perdu la trace de l’eau de Shu quelque part dans le village de Wu-Song, au nord de la vallée du Point-du-Jour. Et le pire, c’est que personne ne semblait l’avoir vu passer ! Comment peut-on ne pas remarquer une flaque d’eau vivante qui se balade en pleine rue ?! Enfin, je suppose que je ne peux pas vraiment en vouloir aux villageois… Ils semblaient occupés par leurs corvées et par leur entraînement aux arts martiaux. Nombre des meilleurs moines de l’île sont nés et ont grandi à Wu-Song, probablement en raison de sa proximité avec l’école de Shang Xi.
L’école est située au sommet d’une haute colline, juste à l’est du village. Toute la journée, le bruit des poings et des armes frappant des mannequins d’entraînement résonne à travers la vallée en contrebas. Alors que je me dirigeais vers l’école, je suis tombée sur deux des pandarens les plus sages de la région : Aysa Poète des Nuages, maîtresse du courant de pensée Tushui, et Ji Patte de Feu, un maître de la voie des Huojin.



Ces deux philosophies sont très populaires, mais chacune aborde les choses à sa façon. Les Tushui enseignent avant tout à défendre ce qui est juste. Pour eux, il n’y a qu’une seule voie correcte dans la vie et il est impératif de ne jamais en dévier. De leur côté, les Huojin se concentrent sur la passion et prônent l’action directe. Les adaptes de cette école pensent qu’aussi longtemps qu’ils oeuvreront pour le bien du plus grand nombre, ils pourront s’accorder une certaine flexibilité au niveau des méthodes employées pour y parvenir.
Étant personnellement adepte de la voie de l’explorateur, je ne pouvais pas passer à côté de cette occasion de harceler Aysa et Ji avec mes questions. Je leur ai donc demandé ce que je devais faire pour retrouver la flaque d’eau.
« Assieds-toi, observe et attends, jeune fille », m’a répondu Aysa. « Shu est un être ancien et il ne répondra pas toujours à ton appel. Si cette eau souhaite te retrouver, elle le fera. En temps voulu. »
L’approche de Ji était assez différente. « Tu ne trouveras cette eau que si tu vas jusqu’au bout des choses, petite Brune d’Orage. Fouille chaque arbre et chaque berge de la rivière. N’omets pas de retourner la moindre pierre ! »
J’ai donc décidé d’essayer les deux méthodes. Tout d’abord, je me suis installée à l’étang de Fu, un coin tranquille au sud de l’école. Je me suis assise là et j’ai médité pendant ce qui m’a semblé des heures. Mais la flaque d’eau de Shu ne s’est jamais montrée. Ensuite, j’ai suivi le conseil de Ji et je me suis mise à fouiller tous les buissons que j’ai pu trouver. Au final, j’ai fini par réaliser que tout cela ne menait à rien. Ma mission, c’était l’exploration. Si Shu m’avait guidée jusqu’ici, peut-être était-ce tout simplement pour m’aider à effectuer le premier pas de mon voyage ?



Ayant repris la route en direction du temple des Cinq matins, j’ai croisé un charretier nommé Lun, accompagné de son yack. Il venait de livrer des provisions au temple et il s’apprêtait à regagner la ferme Dai-Lo. Je me suis alors dit que cette partie de l’île n’était pas pire qu’une autre pour poursuivre ma visite. J’ai donc convaincu Lun de me laisser grimper à bord de sa charrette.
Mais j’ai bien senti qu’il n’était pas de bonne humeur. Il arborait une expression pleine d’amertume, un peu comme s’il avait voulu mordre dans un beignet à la pâte de haricot rouge, mais qu’il s’était alors aperçu que quelqu’un l’avait fourré au fromage de yack rance (oui, c’est un truc qui m’est arrivé). À force de questions, j’ai réussi à le convaincre de me parler de son problème : des voleurs hozen avaient pillé ses réserves de nourriture.
Certes, j’ai compati aux malheurs de Lun. Mais pour être honnête, j’ai surtout trouvé cette
histoire passionnante ! Explorer Dai-Lo, c’est une chose, mais pouvoir l’explorer et
enquêter sur des voleurs hozen, c’était carrément un rêve qui se réalisait !
La prochaine étape de mon voyage s’annonçait enfin comme une véritable aventure !
à suivre...Le journal de Li-Li1Lore Mists of Pandaria Li-Li Chen Sommaire

Blizzard nous présente aujourd'hui le troisième chapitre du journal de Li-Li la jeune nièce de Chen Stormstout. Plongez-vous au coeur d'une histoire passionnante accompagné de Li-Li et de sa plume aussi légère que le vent.

Citation:
Blizzard sur Le journal de Li-Li Chapitre 3 (Source)


Chapitre trois : Chasse au hozen

Après ma promenade dans la vallée du Point-du-Jour, j’ai pris la route en direction de la ferme Dai-Lo.

Ce coin superbe est le grenier à grain de l’île Vagabonde, et j’ai lu à la Grande bibliothèque que le sol de la région est l’un des plus fertiles au monde. Dai-Lo proprement dit est une petite communauté de fermiers située non loin des Travées, de longues étendues vallonnées de terre labourée débordant de citrouilles, de carottes et d’autres merveilles.


Toute cette excellente nourriture cultivée en plein air fait de cette zone une cible prioritaire pour les nuisibles comme les virmens. Ces sales bestioles dévorent absolument tout ce qui leur tombe sous la dent, mais elles sont particulièrement friandes de légumes.
Mais les virmens ne sont qu’un des problèmes auxquels les fermes doivent faire face. En m’emmenant à Dai-Lo, le charretier Lun m’a parlé d’un groupe de voleurs hozen qui s’est faufilé dans le village pour dérober quelques sacs de riz et de légumes. En temps normal, ces singes tenaces se contentent de rôder du côté de Fe-Feng, au nord-ouest de l’île. Mais parfois, ils s’aventurent plus loin et causent pas mal d’ennuis.


Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’aime bien les hozen ! Ils ont leur propre culture et leurs propres coutumes. Ils sont complètement cinglés, mais gentiment cinglés. Néanmoins, de temps à autre, il leur arrive d’être un peu trop cinglés...
J’ai été choquée d’apprendre que personne ne cherchait à retrouver les voleurs. J’imagine qu’avec les virmens dans les parages, les fermiers de Dai-Lo ont dû se dire que perdre quelques sacs de nourriture de temps en temps, ce n’était pas si grave. Mais à mes yeux, si les fermiers laissaient les hozen leur chaparder leurs cultures sans réagir, ces derniers seraient incités à continuer. C’était notre nourriture qu’ils volaient et il était hors de question que je les laisse s’en tirer sans réagir !


Lun m’a dit que les hozen avaient été aperçus pour la dernière fois se dirigeant vers la forêt au nord des Travées, vers une zone appelée les bassins Chantants. Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour retrouver leur piste, constituée de carottes mâchouillées et de têtes de brocolis intactes (j’en ai déduit que les hozen n’apprécient pas les brocolis). J’ai donc suivi leur trace à travers les forêts d’émeraude entourant les bassins.
J’ai toujours aimé me rendre aux bassins. C’est un endroit paisible et plein de magie. J’ai passé beaucoup de temps ici, à essayer de tenir en équilibre sur les longs mâts de bois qui se dressent hors de l’eau. Ces sessions d’entraînement sont assez grisantes, car chaque chute ne signifie pas uniquement que l’on va se retrouver mouillé. Ces eaux sont plus étonnantes qu’elles n’en ont l’air...


En fait, au fil des années, toutes sortes d’animaux ont trouvé la mort dans les bassins et leurs esprits ont fusionné avec les eaux enchantées. Si vous tombez à l’eau... POUF ! Avant que vous ne puissiez comprendre ce qui vous arrive, vous vous retrouvez à sautiller sous la forme d’une grenouille ou à ramper dans la boue sous la forme d’une tortue. Il y a même un bassin qui abrite l’esprit d’une mouffette... Même après avoir levé la malédiction, vous pouvez être sûr de puer pendant plusieurs jours !
J’ai pris mon temps pour fouiller les alentours, en regardant les petits sauter d’un mât à l’autre, sous la supervision d’un pandaren nommé Bo Le, un type costaud et très terre à terre, qui a été l’un de mes professeurs pendant des années. Il a bon cœur, mais autant d’entrain qu’un seau d’appâts de pêche vieux d’une semaine... On dirait qu’il ne sait dire qu’une seule chose : « Ne fais pas ça ! » On croirait mon père... Ils sont tous les deux l’exact opposé d’oncle Chen.
Bo Le m’a vue marcher près des bassins et m’a lancé un regard noir. Il a dû se dire que je préparais un mauvais tour (et il n’avait pas complètement tort...). Heureusement, il était trop occupé avec les petits pour venir m’ennuyer.


Finalement, j’ai réussi à trouver les voleurs hozen. Cinq d’entre eux, pour être précise. Ils traînaient sur la rive du bassin de la moufette et s’amusaient à se pousser dedans. À chaque fois que l’un d’entre eux tombait et se retrouvait brièvement transformé, les autres sautaient dans tous les sens, mugissant et braillant comme si une tournée gratuite venait d’être annoncée à la brasserie Ki-Han.
J’ai aperçu ce qu’il restait des sacs de riz et de légumes sur une colline un peu plus loin, abandonnés derrière un arbre. Les hozen étaient si occupés à s’amuser qu’ils ne m’ont même pas remarquée lorsque je me suis dirigée vers leur cachette pour examiner les reliquats de leur butin. J’ai pu m’approcher jusqu’à portée de main de la nourriture, mais deux bébés hozen ont soudain surgi de derrière les sacs !
Je ne m’attendais pas du tout à ce que les voleurs puissent être une famille. Ils avaient dû voler les provisions pour nourrir leurs petits, je n’ai donc pas pu me résoudre à la leur reprendre. Mais je pouvais tout de même exercer une petite vengeance... J’ai balancé une des citrouilles volées vers les hozen situés près du bassin, puis j’ai fui à toutes jambes vers la forêt. Au bruit qui a suivi, je suppose que j’ai dû en faire tomber plusieurs dans l’eau. Mais tout compte fait, un hozen changé en moufette représente une amélioration au niveau de l’odeur...
Il était grand temps pour moi d’affronter mes peurs. J’ai réuni quelques provisions à Dai-Lo, puis j’ai pris la route en direction de la forêt de Pei-Wu, le coin le plus dangereux et le moins recommandable de toute l’île Vagabonde !!
à suivre...Le journal de Li-Li1Lore Mists of Pandaria Li-Li Chen Sommaire

Blizzard nous présente aujourd'hui le quatrième chapitre du journal de Li-Li la jeune nièce de Chen Stormstout. Plongez-vous au coeur d'une histoire passionnante accompagné de Li-Li et de sa plume aussi légère que le vent.

Citation:
Blizzard sur Le journal de Li-Li Chapitre 4 (Traduction - Source)


Chargée de produits de la ferme Dai-Lo, je me suis préparée pour mon excursion au cœur de l’endroit le plus dangereux de l’île Vagabonde : la forêt de Pei-Wu !
Ces bois sont si dangereux qu’ils sont interdits à la plupart des pandarens et y pénétrer ne serait pas chose aisée. Des collines et des montagnes rocheuses escarpées entourent la dense forêt de bambous, et le seul véritable chemin qui mène à l’intérieur est bloqué par deux portes massives. Ces robustes barrières sont situées non loin du village de Mandori, dans lequel j’ai passé toute ma vie. Cela aurait pu paraître commode, mais vu qu’il y a toujours des pandarens dans les parages, il est difficile de franchir les murs sans se faire repérer.
Histoire de compliquer les choses, j’ai aperçu Bo Le alors que je cherchais un coin tranquille pour escalader la première porte. Que faisait-il, à rôder ainsi autour du village précisément aujourd’hui ? Il m’a demandé ce que j’étais venue faire aux bassins Chantants. « Profiter de la beauté et de la splendeur de notre chez-nous », lui ai-je répondu... D’une certaine manière, c’était vrai !
Néanmoins, Bo Le a plissé les yeux et m’a sermonnée, comme à son habitude (je me demande s’il sait à quel point il ressemble à un crapaud mousséchine tout ridé quand il fait ça...). Vu que Bo fourrait son gros nez partout, je suis rentrée à la maison pour calmer le jeu et me reposer un peu en attendant que la voie soit libre. Avant le lever du soleil, je me suis faufilée à travers les rues désertes et silencieuses, puis j’ai escaladé les deux grandes portes à l’aide d’une corde en poils de yack que j’avais récupérée à Dai-Lo.


Bien vite, le soleil a pointé à l’horizon, mais la canopée épaisse de Pei-Wu bloquait quasiment toute lumière. La brume semblait rester accrochée au sol de la forêt, rendant la visibilité encore plus incertaine. Je pouvais entendre des bruits tout autour de moi... beaucoup de bruits. La région est connue pour la richesse de sa faune locale, mais une seule bête est en mesure de susciter l’effroi dans le cœur d’un pandaren : le féroce tigre de Pei-Wu.


Et l’un d’eux m’avait prise en chasse. Partout où j’allais, des pas lourds me suivaient de près. Si je m’arrêtais, ils s’arrêtaient. Si je me déplaçais, ils se déplaçaient. Et puis, tout d’un coup, la bête a foncé sur moi, grondante et écumante. J’ai instantanément adopté la posture du buffle vigoureux pour me défendre, et c’est alors qu’une forme énorme est émergée de la brume...
C’était Bo Le !


Ne pouvait-il pas se mêler de ses affaires ? Sans un mot, Bo m’a ramenée chez moi, puis a réveillé papa pour lui dire que je m’étais aventurée dans la forêt interdite. Mon père m’a houspillée pendant plus d’une heure, avant de finir par se calmer. En punition, il a décidé que je devrais subir toute une semaine d’entraînement aux bassins Chantants... sous la surveillance de Bo.
J’ai essayé de raconter à mon père ce que j’essayais de faire, que j’étais partie explorer la grande tortue pour écrire le récit de ce merveilleux voyage. J’espérais que cela lui ferait plaisir, mais il n’a pas semblé comprendre, ou alors cela ne l’intéressait pas...

Papa m’a annoncé que ma punition commencerait dès le lendemain, ce qui voulait dire que j’avais encore le temps de visiter un lieu de plus. Encore furieuse après ce qui s’était passé, je suis partie vers l’ouest, jusqu’à atteindre une longue piste sinueuse menant à la forêt des Mille bâtons, là où repose le plus vieux pandaren de l’île Vagabonde. Un énorme lion de pierre, le Gardien des anciens, en protège l’entrée, et cette créature ne laisse passer que ceux qui sont capables de la vaincre au combat. Je suis l’une des plus jeunes pandarens à avoir réussi cette épreuve.


Il y a bien des années, avant de quitter la grande tortue, oncle Chen m’avait raconté qu’il venait souvent chercher l’inspiration dans cette partie de l’île. À l’époque, je ne comprenais pas bien pourquoi, mais maintenant je comprends. Il y a quelque chose de magique ici. Lorsque quelqu’un est enterré ici, son bâton de marche est planté dans la terre et le bâton se met à pousser pour produire un arbre merveilleux. Après bien des générations, toute une forêt a émergé... un véritable historique des grands pandarens de l’île.
Même ma famille a son coin à elle ici. Mais je préfère ne pas m’attarder sur le sujet... Je ne m’y suis pas rendue cette fois-là. Après ma dispute avec papa, je n’avais vraiment pas besoin d’être encore plus triste.
En me promenant à travers l’un des plus anciens fourrés du coin, je suis tombée sur l’ancien Shaopai qui allumait de l’encens sur l’autel de sa famille. L’ancien Shaopai est un pandaren d’une suprême sagesse qui vit dans un village des environs, Brise-du-Matin. Il a passé sa vie à archiver les paroles les plus sages, afin d’en faire bénéficier les générations futures.

Shaopai a marché à mes côtés pendant un petit moment, en m’indiquant des arbres du doigt pour me dire en souvenir de qui ils poussaient là. Avant de retourner dans son village, il m’a dit : « Je sens bien que ton cœur est lourd, petite Brune d’Orage. Ce n’est pas mon rôle de me mêler de tes problèmes personnels, mais prends ceci. » L’ancien m’a alors donné un petit objet rond et lisse, à peine plus grand que la taille de ma patte... une pierre à soucis. « Lorsque la vie pèse trop lourd sur tes épaules, la pierre à soucis peut alléger ta charge. Sa magie est très puissante. »
J’avais toujours pensé que les pierres à soucis étaient des babioles sans intérêt, mais si un génie comme Shaopai croyait en leur pouvoir, cela me suffisait amplement.


Lorqque j’ai finalement quitté les bois, une étrange sensation m’a envahie et je n’ai pas réussi à m’en débarrasser. J’étais reconnaissante envers Shaopai pour son cadeau et heureuse d’avoir pu visiter tant de superbes endroits sur l’île... Mais il m’en fallait plus. L’île Vagabonde est un territoire magnifique et enchanté, débordant d’histoire et de merveilles. Pourtant, pour moi, c’est simplement l’endroit où je vis. J’en ai fait le tour. Pendant ce temps, il y a tout un monde, là-bas, qui attend d’être découvert. Et je crains de ne jamais avoir la chance de pouvoir l’explorer...
J’ai passé le reste de la journée dans la Grande bibliothèque, à relire les lettres d’oncle Chen. Il me manque... Papa dit qu’il a sûrement fini par se faire tuer au cours de l’une de ses « stupides » aventures, mais je n’y crois pas. Je sais qu’il est toujours là, quelque part, et je sais qu’il reviendra un jour.
En attendant, tout ce que je peux faire, c’est faire subsister l’esprit de la voie de l’Explorateur ici, sur la grande tortue. Oncle Chen serait fier de cela... Mes ancêtres seraient fiers de cela. C’est ainsi que nous avons toujours été censés vivre ! Comme Liu Lang l’a dit lui-même : « Chaque horizon est un coffre au trésor, chaque carte vierge est une histoire qui attend d’être racontée. »
Si seulement mon père arrivait à le comprendre ! Mais qu’importe, qu’il le veuille ou non, un jour, je laisserai ma marque sur ce monde.
Et lorsque je le ferai, peut-être bien qu’oncle Chen sera à mes côtés.
















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MessagePosté le: 20.10.12 02:35    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Blizzard a mis en ligne la 3ème partie du récit La Quête de la Pandarie. Cela fera plaisir à ceux qui suivent les aventures de Li Li depuis plusieurs semaines. Comme d'habitude, l'histoire est téléchargeable au format PDF.


La vapeur s’échappant de la théière emplissait l’air d’une fraîche odeur de menthe, rappelant à Chon Po l’époque où Shen Zin Su nageait à de plus hautes latitudes, et où les jours se faisaient plus courts et plus frais. Pour combattre le froid, Xiu Li avait pour habitude de faire bouillir l’eau du thé, et les deux pandarens serraient leurs tasses de céramique entre leurs pattes en s’échangeant des anecdotes, emmitouflés dans leurs manteaux pour mieux conserver la chaleur. Désormais, ce n’était plus Xiu Li qui servait le thé, mais sa mère, Mei.

« Tu sembles vraiment fatigué, Po », commenta-t-elle.

Chon Po leva sa tasse de thé, puis la reposa. Mei se trouvait à l’endroit où Li Li était assise, le soir où il s’était emporté contre elle et Chen. La nuit suivante, Li Li avait fugué avec la perle. Il n’avait depuis reçu d’elle que quelques lettres assez vagues. Sa fille lui manquait terriblement.

« Je me fais du souci pour Li Li… », dit-il. « Et pour Chen. »

Mei prit une petite gorgée de thé. La fourrure grisonnante qui encadrait son visage avait la même teinte que la chevelure argentée qu’elle avait peignée en arrière et regroupée en une tresse. Lorsqu’elle tourna les yeux vers Chon Po, il sentit un tressaillement dans son estomac. Elle avait les yeux de Xiu Li. Et aussi ceux de Li Li…


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MessagePosté le: 21.10.12 23:54    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Quest for Pandaria - Partie 3


Posté par Blizzard ( Bleu Tracker / forums officiels )
L'avant-dernier chapitre de Quest for Pandaria , un roman en quatre parties réglée entre les événements de World of Warcraft:. Cataclysm Mists of Pandaria et, est maintenant disponible sur le site même de votre plaisir de lecture Dans le troisième épisode, Li Li et Chen Stormstout font leur chemin vers les terres lointaines de Tanaris et Uldum, où ils sont témoins de première main les terribles souffrances du Cataclysme a apporté à la tol'vir Ramkahen. Comme les voyageurs en apprendre davantage sur la situation critique des gens du pays », la douleur d'un tol'vir affecte en particulier nos héros pandaren beaucoup plus profondément que jamais ils ne l'aurait imaginé. Lire la troisième partie de Quest for Pandaria maintenant!



http://us.battle.net/wow/en/game/lore/destination-pandaria/quest-for-pandar…





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MessagePosté le: 02.11.12 16:23    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Arkentass me signale que la 4ème partie de La Quête de la Pandarie est désormais disponible sur le site officiel. Il s'agit du chapitre final, lequel vous permettra donc de découvrir ce qui arrive à notre amie Li Li. Comme à chaque fois, le récit est téléchargeable au format PDF. Par contre, vous ne bénéficiez évidemment pas des illustrations et screenshots qui accompagnent la version web.


Derrière la proue de la solide embarcation tol’vir, le bleu de la mer s’étendait à perte de vue. Le soleil de l’après-midi traçait une traînée lumineuse à la surface de l’eau, comme une gemme étincelante. Li Li se campa contre le vent, dont l’odeur salée lui rappelait les chaudes journées passées sur les plages de Shen Zin Su. Chen était assis à la poupe, une patte légèrement appuyée contre le gouvernail. Depuis leur départ d’Uldum, ils avaient mis le cap au sud-est.

Elle se tourna vers son oncle. « Tu ne trouves pas ça exaltant ? On est vraiment en route, enfin ! Même la perle est coopérative : j’ai regardé trois fois, et à chaque fois elle me montrait en train de naviguer. » Elle éclata de rire, et leva un poing vainqueur. « Prochain arrêt : la Pandarie ! »

Comme aucun d’eux ne tenait à casser l’ambiance, ils firent mine d’ignorer que la perle ne leur avait pas encore montré comment traverser les brumes qui cachaient le légendaire pays de leurs ancêtres. Mieux valait attendre d’être face au problème pour s’y confronter.


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MessagePosté le: 02.11.12 16:25    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

BLIZZARD ENTERTAINMENT
La quête de la Pandarie
Quatrième partie
par Sarah Pine
La quête de la Pandarie : quatrième partie
1
La quête de la Pandarie : quatrième partie
Derrière la proue de la solide embarcation tol’vir, le bleu de la mer s’étendait à perte

de vue. Le soleil de l’après-midi traçait une traînée lumineuse à la surface de l’eau, comme

une gemme étincelante. Li Li se campa contre le vent, dont l’odeur salée lui rappelait les

chaudes journées passées sur les plages de Shen Zin Su. Chen était assis à la poupe, une

patte légèrement appuyée contre le gouvernail. Depuis leur départ d’Uldum, ils avaient mis

le cap au sud-est.

Elle se tourna vers son oncle. « Tu ne trouves pas ça exaltant ? On est vraiment en

route, enfin ! Même la perle est coopérative : j’ai regardé trois fois, et à chaque fois elle me

montrait en train de naviguer. » Elle éclata de rire, et leva un poing vainqueur. « Prochain

arrêt : la Pandarie ! »

Comme aucun d’eux ne tenait à casser l’ambiance, ils firent mine d’ignorer que la

perle ne leur avait pas encore montré comment traverser les brumes qui cachaient le

légendaire pays de leurs ancêtres. Mieux valait attendre d’être face au problème pour s’y

confronter.

Le jour tombait, et Li Li prit le premier tour de garde. La nuit était limpide, les

étoiles traçaient de petites griffes blanches sur un ciel de velours. Les lunes jumelles

d’Azeroth rayonnaient d’une teinte spectrale, perchées au-dessus de l’horizon, à l’est. Li Li

ramena ses jambes sous elle et se mit une couverture sur les épaules contre le froid de l’air

marin. Le roulis régulier du bateau et le bruit des vagues contre la coque vinrent la bercer,

et ses paupières commencèrent à s’alourdir. Elle décida que combattre la fatigue ne

servirait à rien et ferma les yeux pour dormir.

Elle fut projetée face contre terre, et le choc la réveilla violemment. Étourdie, elle

resta allongée, les pattes de travers.

Chen la secoua. « Li Li, debout ! »

Le bateau fit une nouvelle embardée et Chen tomba à genoux.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
2
« Il y a un orage qui se prépare, dit-il. Il faudrait affaler la voile. J’ai déjà attaché nos

affaires. » Dans l’obscurité, elle ne distinguait pas son expression mais sa voix trahissait son

inquiétude. Le navire de Ramkahen était solide bien que petit et, en pleine mer, il serait à la

merci du mauvais temps.

Une fois de plus, le bateau fut brutalement secoué. La houle était devenue assez rude

pour être dangereuse. Li Li fit une grimace et s’assit. Au sud-ouest, elle apercevait l’endroit

où l’approche des nuages cachait les étoiles et les éclairs qui venaient frapper la surface, ici

et là.

« D’accord. Allons-y. »

L’orage arriva porté par un vent violent, hurlant, qui charriait la pluie par froides

volées. Des vagues gonflées par la tempête dansaient tout autour d’eux, menaçant d’avaler

l’embarcation. Chen et Li Li luttaient âprement pour guider le bateau tol’vir le long des

creux qui bordaient les vagues, dans une périlleuse course d’obstacle.

Un éclair déchira le ciel et vint exploser dans l’eau non loin du navire, ne manquant

le mât que par un caprice du destin. Le grondement du tonnerre était aussi assourdissant

qu’une volée de coups de canon. Li Li frissonna : c’était tombé bien trop près.

Le bateau se dressa brusquement. Ils avaient mal évalué leur trajectoire et touché le

côté d’une vague. Le navire basculait, soulevé d’un côté comme un chariot lors d’un virage

trop brutal. Chen agrippa la corde la plus proche et se cramponna pour ne pas être

emporté, alors que ses pieds glissaient sur le bois du pont. Derrière lui, il entendit Li Li

pousser un cri. Son coeur s’affola.

« Li Li ! » cria-t-il en tâchant de se stabiliser. Elle s’accrochait elle aussi

désespérément à une corde, et Chen pria pour qu’elle ne lui soit pas arrachée des mains.

Lui-même ne pouvait pas lâcher la sienne avant que le bateau se redresse. La vague

semblait rouler sans fin et la petite embarcation tol’vir menaçait dangereusement de

chavirer.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
3
La vague s’aplatit enfin, et le navire commença à se stabiliser. Avec la baisse du pont

tribord, Chen reprit l’équilibre et se tourna pour aider sa nièce. Elle tendit la main vers lui,

mais le bateau fit une embardée et la projeta contre la rambarde. Chen hurla son nom et

s’étendit autant que possible.

« Li Li ! »

Mais il était trop tard, et il ne pouvait rien faire. Les paupières de Li Li se mirent à

battre : elle perdait conscience, et la corde glissa entre ses doigts. Elle tomba à l’eau.

Il cria son nom une troisième fois, mais des vagues vinrent s’écraser entre elle et le

bateau et, quand elles se retirèrent, il ne la voyait plus.

* * *

Sur Shen Zin Su, le ciel ne portait pas le moindre signe de mauvais temps. Le soleil

s’était couché à l’horizon et les dernières traces de lumière tournaient lentement à l’indigo.

Au centre de l’île, juste devant la grande bibliothèque, Chon Po serrait deux feuilles de

papier dans ses mains.

Cette bibliothèque était l’endroit préféré de sa nièce. Nichée entre les piles de livres

et de lettres, celle-ci y avait passé des heures à lire, dévorant chaque petite information

disponible. Ce passe-temps avait fait d’elle une rêveuse, lui avait empli la tête d’idées

grandioses, et lui avait aussi apporté passion et entrain.

« Ne t’inquiète pas, Po. » Mei posa la main sur son bras avec un sourire

encourageant. « Envoie-les. »

Les dernières lettres de Chen et Li Li était arrivées la nuit précédente, portées par

un courant magique, grâce à un vieux tour pandaren dont l’origine était oubliée depuis

longtemps. Il avait veillé toute la nuit pour écrire ses réponses.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
4
Il inspira profondément et hocha la tête. Avec grand soin, il plia ses lettres en forme

d’oiseau – il choisit un grand albatros – qui porterait ses messages par-delà l’océan. Le

pliage terminé, il le leva et souffla doucement dessus, le saupoudrant d’une pincée de

poudre magique, la même que celle que Li Li emportait partout. Avec une explosion de

couleur, l’oiseau en papier replia ses ailes et s’élança vers le haut. Le regarder partir n’était

pas facile.

Chon Po le suivit des yeux jusqu’à ce qu’il se perde dans le bleu du ciel, espérant que

les lettres arriveraient sans encombre à son frère et sa fille.

* * *

La mer était devenue comme une créature vivante, douée de volonté. Les vagues

s’enroulaient autour de Li Li, comme pour l’agripper, et la renversaient. Elle était bonne

nageuse et luttait contre les flots, aspirant l’air à chaque fois qu’elle revenait à la surface et

frappant l’eau de ses membres pour ne pas couler. Mais le courant l’emportait. Elle se

battait et le cycle se répétait. Elle ne mit pas longtemps à sentir la fatigue.

Ses muscles la brûlaient. Ses membres s’alourdissaient. À mesure que la poussée

d’énergie qui avait nourri ses efforts faiblissait, sa détermination commençait à céder la

place à la panique.
Je vais me noyer.
Cette prise de conscience la frappa aussi durement que les vagues. Chen avait

disparu. Comment dire à quel point les vagues l’avaient déjà éloignée du bateau ? La terre

était à des jours de nage. L’orage était implacable, sourd à toute force ou raison.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
5
L’instinct la poussait à revenir à la surface, à se battre pour survivre, même si elle

savait au fond d’elle-même qu’il n’y avait rien à faire. Le désespoir l’envahissait, aussi salé

et amer que l’eau de l’océan.
C’est ça que tu as vécu, hein Maman ?























L’eau de mer et les larmes lui brûlaient les
yeux. Elle voulait se forcer à être courageuse, à accepter le destin, mais sa terreur refusait

de se taire.
Maman !



Elle hurla silencieusement, incapable de hausser la voix. Maman ! Maman !
L’océan la recracha et elle roula sur le sommet d’une vague. Elle prit de l’air à

nouveau, s’agrippant à chaque précieuse seconde alors que la vague commençait à déferler.

Du coin de l’oeil, elle aperçut une forme noire et massive qui se détachait des étendues

d’eau. Elle tourna la tête pour essayer d’y voir, et percuta une surface encore plus dure et

implacable que la mer. L’objet frappa violemment contre sa tête. Tout devint noir.

* * *

« … avais jamais vu. Je m’en souviendrais.

— Moi si, une fois. En Orneval, il y a longtemps.

— C’est peut-être une espionne de la Horde.

— Ça pourrait, oui. »

Li Li essaya d’ouvrir les yeux, mais ses paupières étaient comme collées. Elle

commença à se retourner, mais tout son corps protesta de douleur. Avec un grognement,

elle retomba dans une masse de couvertures et oreillers.

Elle se rendit compte, sans trop savoir pourquoi, qu’elle était vivante.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
6
Elle ouvrit brusquement les yeux puis, étourdie par un douloureux éclat de lumière

blanche, les referma aussitôt.

« Atropa, elle est réveillée, par Élune ! Le capitaine –

— Je m’en occupe. »

Li Li plissa les yeux avec prudence et se retrouva face à un visage rubicond, entouré

de cheveux grenat mi-longs. Les yeux étaient dépourvus de pupilles et brillaient d’une

douce teinte argentée. Une elfe de la nuit.

« Par la déesse, nous pensions que vous dormiriez encore des heures, au moins. Je

dois avoir de l’eau, quelque part. »

Le visage disparut. Li Li leva la patte vers l’arrière de sa tête, pour toucher une zone

particulièrement douloureuse, et ses doigts effleurèrent une masse de coton. Le léger

contact suffit à envoyer des traits de douleur dans tout l’arrière de son crâne. Elle grimaça

et rebaissa le bras.

« Attendez, je vais vous aider », dit l’elfe de la nuit en passant un bras autour de sa

taille. Elle redressa les oreillers dans son dos et lui tendit une tasse d’eau. Li Li la but d’un

trait et, reconnaissante, la tendit pour en demander plus. Une fois désaltérée, elle regarda

autour d’elle, prudemment pour ne pas tirer sur son cou.

« Où suis-je ? »

— Vous êtes à bord du navire de l’Alliance l’Elwynn, répondit l’elfe. On peut dire que

vous avez eu de la chance. J’étais de guet, et je vous ai aperçue quand vous avez percuté la

coque pendant l’orage. Un chaman a demandé à un élémentaire d’eau de vous amener à

bord. »

Li Li s’inclina contre les oreillers et son coeur se mit à battre plus vite.

« Je ne suis pas morte.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
7
— Non, heureusement. Comment vous appelez-vous ?

— Li Li Brune d’Orage. Qui êtes-vous ?

— Je m’appelle Lintharel. Je suis kaldorei, et druidesse au service de l’Alliance. »

La porte de la cabine s’ouvrit et un humain grisonnant entra dans la pièce, suivi par

une autre elfe de la nuit. Elle ressemblait presque trait pour trait à Lintharel, jusqu’aux

tatouages pourpres en forme de goutte d’eau qui ornaient son visage. Elles étaient

manifestement soeurs.

« Je suis Marco Heller, capitaine de ce navire, déclara l’humain dès qu’il eut passé la

porte. J’ai des questions à vous poser.

— Si tôt ? dit Lintharel avec un froncement de sourcils. Je croyais que vous vouliez

juste être averti quand elle se réveillerait. Elle est encore blessée !

— Alors pourquoi ne pas aller chercher d’autres bandages, si elle l’est ? » Le ton du

capitaine faisait de cette question un ordre. « Atropa, tu peux l’accompagner si tu le

souhaites.

— Je n’irai nulle part, » répondit celle-ci en croisant les bras. Lintharel lança un

regard mécontent au capitaine, puis sortit. Li Li entendit ses pas s’éloigner dans le couloir.

Le capitaine tira une chaise près du lit et s’assit en dévisageant Li Li. Après un

instant de silence, il lui adressa une volée de questions. « Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ?

Que faites-vous dans cette partie de la mer ?

— Je m’appelle Li Li Brune d’Orage. Je suis une pandarène de l’île Vagabonde. Je

naviguais avec mon oncle quand l’orage s’est déclenché. J’ai été projetée par-dessus bord ! »

Les questions l’irritaient. « À quoi rime tout ça, au fait ? »

Les yeux du capitaine Heller brillèrent avec menace.

« Je me demande si vous êtes une espionne de la Horde.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
8
— Comment ? » Li Li s’étrangla devant l’accusation. « C’est ridicule ! Mon oncle et

moi, nous étions amis avec le roi Magni Barbe-de-bronze lui-même ! Vous avez avalé un

poisson-ballon pour avoir la tête pleine d’air comme ça ? »

Le capitaine fronça les sourcils, mais ne dit rien.

Li Li continua. « Si j’étais une espionne de la Horde, ce n’est pas en me jetant dans

l’océan au milieu d’une tempête et en priant de tomber sur vous que j’aurais essayé de

m’infiltrer à bord. C’est absurde.

— Et si votre bateau avait été à portée de vue depuis deux jours, hein ?

— Si – quoi ?! » Elle cligna des yeux avec surprise. « Vous voulez dire qu’il y a aussi

un bateau de la Horde dans le coin ? »

Le capitaine ignora la question. Il se tourna vers Atropa, qui semblait avoir disparu

dans un coin de la pièce. « Qu’en penses-tu ?

— Je pense qu’elle dit la vérité, répondit l’elfe en plissant légèrement ses yeux

brillants. Elle est effectivement ignorante des évènements.

— Oh ben merci, répondit Li Li. C’est vraiment trop gentil.

— Je suis d’accord avec toi, Atropa, » dit le capitaine en se relevant. Il baissa les yeux

vers Li Li. « Vous êtes notre invitée à bord de notre navire, par ma grâce et celle de

l’Alliance. Si la situation en arrive là, il se peut que vous deviez combattre à nos côtés. Estce

un problème pour vous ?

— Je n’ai pas peur de me battre, dit Li Li avec un regard de défi.

— Fort bien. » Le capitaine Heller quitta la cabine sans un autre mot, et Atropa le

suivit. Li Li se recoucha, épuisée. Chen lui manquait, et elle espérait de tout son être qu’il

avait pu survivre à l’orage. Y penser lui tordait le coeur. Elle aurait voulu avoir un moyen de

lui envoyer un message, mais sa bourse de poudre enchantée était restée sur le bateau

tol’vir. Il n’y avait rien à faire pour l’instant, alors elle ferma les yeux et s’endormit.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
9
* * *

L’orage avait laissé place à un jour dégagé, et, tout autour de la petite embarcation,

l’océan était calme. Mais Chen ne pouvait pas apprécier le temps. Li Li avait disparu, il n’y

avait plus la moindre trace d’elle. Tout ce qui lui restait d’elle était ses affaires, rangées

dans un compartiment sous le pont. C’était comme si on lui avait perforé la poitrine.

Il restait assis, les yeux braqués au loin, sans rien voir. Sur ses genoux, il tenait la

perle, qu’il avait sortie sitôt l’orage passé. Mais elle ne lui montrait que les derniers instants

de sa nièce, en boucle. Il ne supportait plus de la regarder.

L’épuisement finirait par le tuer s’il ne se reposait pas mais, à chaque fois qu’il

fermait les yeux, l’image de Li Li emportée par la mer n’en devenait que plus pressante. Il

entendait sans fin l’écho de sa propre voix qui criait vainement, comme s’il était possible de

supplier l’océan de lui rendre sa nièce.

C’est cet abattement inhabituel qui permit au navire de guerre d’arriver derrière lui

sans qu’il ne le remarque, jusqu’à ce que le bruit de son mouvement contre l’eau devienne

trop présent pour être ignoré. Il se retourna. En toutes autres circonstances, il aurait déjà

été debout, prêt à parlementer ou combattre. Mais aujourd’hui, il n’en avait cure. Plus rien

n’avait d’importance.

Le bateau avança. Par-dessus le pont, Chen aperçut des voiles rouges marquées de

noir, et il se dépêcha de ranger la perle dans son sac.

« Ohé ! résonna une voix par-dessus les vagues. Au passager du navire inconnu : la

raison de votre présence ici n’est pas connue. Vous allez être détenu et interrogé par la

Horde ! »
La quête de la Pandarie : quatrième partie
10
* * *

Chen était assis dans une cabine qui faisait face à celle du capitaine, un solide orc

appelé Aldrek. Ce dernier croisa des bras à la peau verte couverte de cicatrices, et examina

Chen d’un oeil acéré.

« Que fais-tu dans ces eaux ? Les marins solitaires ne s’aventurent pas si loin, »

aboya-t-il. Chen se frotta le visage avec lassitude. Il n’avait pas d’énergie à consacrer à un

interrogatoire. Il voulait juste en terminer au plus vite avec cette affaire.

« Je m’appelle Chen Brune d’Orage. Je suis un pandaren de l’île Vagabonde. Je

naviguais avec ma nièce, et la nuit dernière, nous avons été pris dans un orage et déviés de

notre trajectoire. Ma… » Sa gorge se ferma et il dût lutter pour contrôler sa voix. « Ma nièce

est tombée à la mer. »

Le capitaine ne fit aucune réponse.

« Je sais pourquoi vous m’interrogez. Je ne suis pas un espion de l’Alliance. J’ai

combattu contre l’amiral Portvaillant à Theramore, aux côtés de Thrall, Cairne et Vol’jin, il y

a des années. Si vous avez à bord quelqu’un qui a participé à la bataille, il pourrait

confirmer mes dires.

— Un de nos chamans, Karrig, était à Theramore. » Aldrek adressa un signe de tête à

l’un de ses gardes. « Va le chercher. On verra ce qu’il en dira. »

Aldrek tourna le regard vers Chen et l’observa un instant avant de reprendre la

parole.

« Je dois te concéder ça : si tu es un espion, tu as bien su te préparer à faire le marin

perdu rendu à moitié fou par l’épuisement. » Il lui adressa un large sourire, découvrant ses

impressionnantes défenses.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
11
Le garde fit son retour, accompagné d’un orc voûté, entre deux âges, dont les longs

cheveux noirs étaient tressés et attachés en chignon.

« Ah, Karrig ! dit Aldrek en frappant des mains. Cet individu prétend avoir combattu

à Theramore contre l’amiral Portvaillant. Est-ce que tu le reconnais ?

— Il y a un pandaren qui s’était battu à nos côtés, dit Karrig. Il s’appelait Bruine

d’Orage, quelque chose comme ça.

— Brune d’Orage, » le reprit Chen. Il tourna les yeux vers Aldrek, qui éclata de rire.

« On dirait que tu es blanchi, dit ce dernier. La Horde a une dette envers toi ! » Le

capitaine claqua des doigts à l’attention du garde.

« Allez chercher Nita. » En se tournant à nouveau vers Chen, il ajouta : « C’est une

druidesse. Une grande taurène. Elle va te retaper en moins de deux. Bienvenue à bord du

Poing du Chef de guerre ! » Il donna à Chen une tape dans le dos, mais le pandaren y réagit

à peine. Il ne pensait qu’à Li Li, et ignorait tout le reste.

* * *

Une fois assez rétablie pour se déplacer, Li Li fit le tour de l’équipage de l’Elwynn

pour demander si quelqu’un avait aperçu le bateau tol’vir. Personne ne l’avait vu.

Découragée, elle s’appuya contre le bastingage et observa le grand navire de guerre de la

Horde qui les précédait à tribord. Elle se demandait s’il existait un moyen d’établir un

contact avec son équipage pour voir si quelqu’un avait eu vent de Chen, même si essayer de

communiquer avec la Horde ne ferait rien pour arranger le fait que le capitaine Heller

l’avait d’abord prise pour une espionne. Elle fronça les sourcils. À moins que leur bateau, à

elle et Chen, n’ait été emporté très loin de sa trajectoire prévue, les deux navires ennemis

se trouvaient au large de Tanaris, dans des eaux neutres. La Horde comme l’Alliance
La quête de la Pandarie : quatrième partie
12
devaient pouvoir y naviguer sans encontre. Pourquoi le capitaine était-il à ce point

méfiant ?

Elle ruminait le sujet, à la recherche d’un plan qui lui permettrait de faire passer un

message au bateau de la Horde sans se faire passer par-dessus bord. Mais comme aucun

éclair de génie ne semblait disposer à se présenter, elle abandonna et descendit sous le

pont, où elle trouva quelques membres d’équipage assis autour d’une table en train de

jouer aux cartes. Parmi eux, elle reconnut les jumelles elfes, Lintharel et Atropa. Elle attrapa

une chaise libre et se posa avec eux.

« Donnez-moi un jeu, » annonça-t-elle. Atropa lui lança un regard en coin, mais

Lintharel éclata de rire et lui distribua des cartes. « Elle apprendra en jouant, c’est plus

facile. » Elle fit un signe de tête aux autres joueurs, deux nains. « Je vous présente Li Li, la

passagère imprévue que nous avons recueillie l’autre nuit.

— Ah ouais, la pas-espionne ! dit la naine. J’m’appelle Trialin, et voilà mon frère,

Baenan.

— Ton grand frère ! la reprit ce dernier. Et le plus grand paladin de la Lumière de ce

bateau, à vot’ service ! dit-il en se dressant fièrement.

— Ah, arrête ton char, espèce de crâneur, répondit sa soeur en roulant des yeux.

— Me voilà donc coincée à la table familiale, sans mon frère à moi. Pour une fois

qu’il servirait à quelque chose… » Li Li plaisantait, mais penser à Shisai lui pinça le coeur.

Elle se demanda comment les choses se passaient pour lui sur Shen Zin Su.






















Est-ce que je lui
manque ?
« Ce n’est pas une table familiale, » dit Lintharel avec un sourire. Elle désigna Atropa

et elle-même. « Nous ne sommes pas soeurs.

— Oh. » Li Li était surprise.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
13
« Mais elles se ressemblent, c’est vrai, dit Trialin sur un ton rassurant. La plupart des

gens s’y trompent.

— Tharel est pour moi ce qui ressemble le plus à une famille, de toute façon, » dit

Atropa. Le sourire de Lintharel se teinta de tristesse.

« Bon, on joue aux cartes, ou quoi ? » Baenan tapa du poing sur la table, ce qui tira

les deux Kaldorei de leur mélancolie. Li Li examina ses cartes en faisant semblant de s’y

retrouver. Lintharel lui expliqua les règles en jouant et, même si Li Li n’était pas très douée,

elle arrêta de perdre systématiquement après quelques tours.

« Et donc, dit-elle en affectant un air nonchalant, euh, qu’est-ce qui se passe avec ce

bateau de la Horde ? Je croyais que les eaux au large de Tanaris étaient neutres ? Pourquoi

c’est si terrible qu’il soit là ? »

Ses compagnons échangèrent des regards, et elle comprit qu’elle venait de poser

une question délicate. Elle avait espéré mentionner la possibilité de contacter le navire de

la Horde à la recherche d’informations sur Chen mais, clairement, ce serait une mauvaise

idée. Atropa finit par briser le silence.

« Techniquement, tu as raison, dit-elle en prenant une carte dans son jeu pour la

jeter.

— Mais… ? insista Li Li.

— Mais des évènements récents nous ont donné des raisons de nous méfier de toute

présence de la Horde en dehors de ses territoires.

— Sont beaucoup trop près de Theramore, murmura Baenan. S’ils veulent qu’on

leur lâche la grappe, z’ont qu’à rentrer chez eux. On peut pas leur faire confiance.

— J’ai travaillé aux côtés de nombreux membres de la Horde sur le mont Hyjal, dit

Lintharel doucement. L’archidruide Hamuul Totem-Runique est un tauren, et l’un des plus
La quête de la Pandarie : quatrième partie
14
grands chefs du Cercle cénarien. On ne peut pas juger tout un peuple d’après les actes de

quelques-uns. »

Baenan secoua la tête. « Ma fille, j’aimerais pouvoir êt’ d’accord. Les druides du

Cercle cénarien sont sans doute des exceptions, comme les chamans du Cercle terrestre.

Mais regarde ton propre cas : en rentrant de Hyjal, tu t’es remise au service de l’Alliance. Et

tes amis de la Horde ont fait pareil. Maintenant, ils sont tes ennemis, et tu es la leur. »

Les doigts de Lintharel se resserrèrent sur ses cartes. « Je sers l’Alliance car c’est le

voeu de la grande prêtresse Tyrande et de l’archidruide Malfurion, et car je leur suis

dévouée, dit-elle avec un froncement de sourcils. Mais les divisions entre la Horde et

l’Alliance ne sont que fantasmes.

— Des fantasmes qui s’négocient à coups d’épées et de fusils bien réels, eux ! grogna

Baenan. Le chef de guerre Hurlenfer veut pas de la paix. Regarde ce qui se passe chez toi, en

Orneval ! C’est une menace, et tes copains druides sont complices de son règne. » Il abattit

ses cartes sur la table : c’est à lui que revenait la manche. « Y a rien ni personne à qui on

peut faire confiance dans la Horde, et il faudra bien que tu te fasses à l’idée. »

* * *

D’après l’angle des rayons de lumière qui perçaient par le hublot de l’infirmerie, on

était en fin de matinée. Chen se sentait physiquement plus frais, mais son esprit restait

fatigué. Il avait perdu bien des proches depuis des années. Et certaines morts étaient plus

dures à encaisser que d’autres.

Il avait toujours vu Li Li comme la fille qu’il n’avait jamais eue, le seule membre de la

famille qui lui ressemblait. Il pressa la paume de ses pattes sur ses yeux, et les larmes

laissèrent des traînées humides sur la fourrure de son visage.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
15
« Bon sang, n’y a-t-il donc pas assez d’eau dans la mer ? Vous sentez-vous vraiment

obligé d’en verser encore ? »

Chen se redressa soudainement. Un elfe de sang était appuyé contre le mur de

l’infirmerie, les bras croisés, l’air de s’ennuyer.

« Voilà où j’en suis réduit, dirait-on, se lamenta l’elfe. À servir de nounou pour les

patients. »

La rage était un bon refuge contre la tristesse. La vague de colère qui déferla sur

Chen le propulsa hors de sa paillasse, jusqu’à l’autre côté de la pièce. Il avait appris à se

rendre intimidant.

« Je ferais attention à ce que je dis, si j’étais toi, grogna-t-il. Je pense que tu n’as

jamais eu l’occasion de te battre contre quelqu’un de mon peuple. Fais-moi confiance, tu

n’en as pas envie. »

Avant que l’elfe ne pût répondre, quelqu’un fit son entrée dans la pièce. C’était le

chaman, Karrig. Il portait un grand bâton, avec lequel il frappa le sol.

« Talithar ! cria-t-il. Tu ne peux pas passer deux heures sans te créer des ennuis.

Hors d’ici, maudit elfe. »

L’elfe adressa un regard chargé de pure haine à Karrig, mais il sortit de l’infirmerie

sans rien dire, un air digne sur son beau visage.

« Quel sale petit morveux, murmura Karrig. Un héros de la Horde comme toi devrait

être traité avec respect ! » Il sourit à Chen avec générosité. « C’est vraiment un honneur de

t’avoir à bord.

— Euh, merci, » répondit Chen, un peu mal à l’aise d’être ainsi qualifié de héros. Ses

propres souvenirs lui présentaient les évènements de Theramore sous un jour plus

complexe.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
16
« Je suis là pour te ramener avec moi. Le capitaine Aldrek voudrait te parler. » Chen

hocha la tête et le suivit jusqu’aux quartiers du capitaine, où Aldrek était assis derrière un

épais bureau, les mains jointes devant lui.

« Karrig nous a beaucoup parlé de tes exploits à Theramore, il y a si longtemps. J’ai

la conviction que notre présence sur ton chemin est un signe des esprits.

— Pourquoi ? demanda Chen, que le ton d’Aldrek mettait mal à l’aise.

— Parce que je pense que tu peux aider notre cause. Une fois qu’on sera débarrassés

du navire de l’Alliance qui est sur nos talons…

— Je ne vois pas ce que je pourrais faire à ce sujet, capitaine, » répondit poliment

Chen. Aldrek eut l’air surpris.

« Oh, non, ne te fais pas de souci pour ça. On a décidé d’entrer en communication

avec eux, pour l’instant. » Il balaya le sujet d’un geste de la main. « Mes plans pour toi sont à

plus long terme.

— Pardon ? »

Aldrek s’inclina vers lui.

« Notre mission ici est purement de reconnaissance, vois-tu, mais –

— Reconnaissance de quoi, au juste ? » l’interrompit Chen. Aldrek et Karrig

sourirent tous les deux.

« Ça, je ne peux pas te le dire. Pas encore. Mais en tant qu’ancien soldat de la Horde

pour la première bataille de Theramore, j’imagine que tu serais honoré de participer à une

deuxième. »

Aldrek se rassit et laissa Chen réfléchir à ce qu’il venait de dire. Le pandaren dut

batailler pour garder une expression neutre.

« Ce… Ce serait une expérience, effectivement. C’est ce que vous projetez ? »
La quête de la Pandarie : quatrième partie
17
Aldrek se caressa le menton avec un sourire rusé. « Non. Nous sommes purement en

reconnaissance, après tout.

— Je vois, » répondit Chen. Il eut la présence d’esprit d’adresser un clin d’oeil au

capitaine. « Vous êtes… de simples éclaireurs. » Aldrek hocha la tête. « Des éclaireurs, c’est

ça. Je compte le faire comprendre à ce bateau de l’Alliance.

— Comme tu le sais, interrompit Karrig, la collecte de ressources est un point délicat

depuis l’arrivée de la Horde en Kalimdor. Ravitailler une ville en plein désert n’est pas

facile.

— Je connais certains des problèmes d’Orgrimmar, dit Chen.

— Alors tu comprends nos impératifs ! » Aldrek frappa sa paume de son poing. « Il

faut garantir l’accès à des ressources suffisantes à nos familles. À nos enfants. Orgrimmar

ne doit pas être menacée. »

Chen décida de ne rien ajouter. Ce que venaient de lui dire Aldrek et Karrig était

perturbant, tout comme l’était l’étincelle qui brillait dans leurs yeux quand ils parlaient de

l’avenir d’Orgrimmar.

Aldrek prit son silence pour un acquiescement, et se détendit. « C’est un grand

honneur de t’avoir à mon bord, Chen Brune d’Orage. Je suis certain que tu seras un allié

précieux pour la Horde. Tu as ma permission de te rendre partout sur le navire. Tu peux te

retirer.

— Merci, capitaine, » dit Chen. Il salua.

* * *
La quête de la Pandarie : quatrième partie
18
Chen trouva le chemin de la cambuse, en quête d’un bon remontant et d’un repas

chaud. Il lui semblait presque sûr qu’Aldrek et Karrig venaient de lui révéler que la Horde

avait l’intention d’envahir Theramore. Il n’avait aucune envie d’y penser à cet instant. Au

moins, la nourriture servie sur le bateau était honnête.

Il leva les yeux quand quelqu’un vint le rejoindre à sa table et s’asseoir en face de lui.

C’était Nita, la taurène qui avait pris soin de lui. Elle sourit, son doux visage entouré

d’épaisses tresses. Elle posa ses épaisses mains à trois doigts sur la table, devant elle.

« Comment te sens-tu aujourd’hui, Chen Brune d’Orage ?

— Très bien, grâce à toi. Tu es une druidesse talentueuse.

— Merci, dit-elle en rayonnant de plaisir. Je suis désolée de ne pas avoir pu être à

ton chevet ce matin. Malheureusement, j’avais d’autres obligations. C’est Talithar qui t’a dit

que tu pouvais manger ici ?

— Euh, non. Il, euh, il n’a pas été très poli, en fait.

— Je m’excuse pour lui, répondit-elle avec un air peiné. C’est un des mages du

bateau, et un esprit tourmenté. Il s’est mis une grande partie de l’équipage à dos. » Elle

poussa un profond soupir. « Je lui ai demandé de s’occuper de toi parce que je pensais

qu’un peu de contact avec quelqu’un qui n’est pas de l’équipage lui ferait du bien. J’ai dû me

tromper.

— Ce n’est pas de ta faute s’il n’a pas de manières. Mais tu es gentille de t’inquiéter

pour lui.

— M’inquiéter pour les autres est mon devoir, dit-elle en retrouvant le sourire.

D’une, je suis guérisseuse. Et de deux, nous sommes tous des enfants de la Terre-mère.

Nous sommes plus forts unis que divisés. » Elle marqua un temps d’arrêt, les sourcils

froncés. « Parfois, j’ai l’impression que notre capitaine l’oublie. »
La quête de la Pandarie : quatrième partie
19
* * *

À bord de l’Elwynn, le capitaine Heller avait convoqué une réunion générale sur le

pont. Il s’adressait à l’équipage du haut de la passerelle.

« Comme vous êtes nombreux à le savoir, je suis en contact avec les chefs du navire

de la Horde. »

Le coeur de Li Li fit un bond dans sa poitrine. Si Heller était en communication avec

le bateau de la Horde, elle pourrait demander pour Chen.

« Leur présence ici est inquiétante, et nous ne pouvons pas les laisser sans

surveillance. À ma grande surprise, ils ont répondu qu’ils comprenaient et qu’ils aimeraient

essayer de trouver une solution pacifique. »

La foule fut prise de nombreux murmures.

« Leur capitaine a accepté de dépêcher un envoyé diplomatique, à condition que

nous fassions de même. Je suis pour, et il me faudrait donc un volontaire. Il me faut

quelqu’un de courageux, prêt à parler au nom de l’Alliance. Il est inutile de vous rappeler

que ça pourrait se révéler dangereux. Mais si nous pouvons les convaincre de retourner en

Durotar, ce sera une réelle victoire pour l’Alliance ! Qui voudrait servir cette cause ? »

Plusieurs mains se levèrent au milieu de quelques cris d’approbation, mais une

silhouette s’avança avec bravoure, gravit la moitié des marches qui séparait le capitaine de

l’équipage, et se dressa fièrement de tous ses quatre pieds de haut. Il s’agissait de Baenan le

nain. Li Li entendit le souffle de Lintharel se couper, non loin d’elle.

« J’irai ! En tant que paladin de la Lumière, j’suis heureux de mettre mes talents au

service de la cause de l’Alliance ! »

Le capitaine Heller hocha la tête. « Très bien. Je vais leur faire savoir que nous avons

choisi un messager, et organiser l’échange. »
La quête de la Pandarie : quatrième partie
20
Il fit signe à un mage draeneï qui se tenait non loin de lui. Le mage lança une série

d’éclairs de magie colorés, traçant des runes dans une gerbe de lumière. Après un moment,

Li Li aperçut une explosion similaire venue du pont du navire de la Horde.

« L’échange aura lieu dans une demi-heure ! déclara le capitaine avant de se tourner

vers Baenan. Viens avec moi. Je vais te donner tous les détails sur ta mission. »

Baenan salua avec ardeur. Li Li se fraya un chemin à travers la foule. En

l’apercevant, Heller s’interrompit et lui demanda brusquement : « Oui ?

— Hum, j’ai une question, capitaine, dit-elle aussi poliment que possible. J’essaie de

savoir si quelqu’un aurait aperçu mon oncle après l’orage. Je me demandais si le navire de

la Horde avait dit quoi que ce soit au sujet d’un autre pandaren. Ou d’un petit bateau. »

Le capitaine Heller plissa les yeux, mais Li Li ne perdit pas sa contenance. Sa

demande était dénuée de toute malice.

« Il n’y a pas eu de message à ce sujet, finit par répondre Heller, mais vous avez ma

permission de le demander à l’envoyé de la Horde vous-même, quand il sera arrivé.

— Merci, capitaine. » Elle adressa un signe de tête à Baenan. « Bonne chance. » Il lui

rendit son salut, les traits déterminés, puis suivit Heller. Ils disparurent sous le pont avec

quelques gardes.

Le reste de l’équipage commença à se disperser, et Li Li aperçut Trialin non loin

d’elle. La naine avait la tête haute, fière pour son frère, mais ses joues étaient très pâles.

Lintharel se tenait à côté de Li Li, la mâchoire serrée et le visage pincé. Elle leva les yeux

vers le ciel, puis ferma ses yeux aux halos d’argent.

« Sentez-vous le changement qui est dans l’air ? demanda la druidesse. Un nouvel

orage se prépare. »

* * *
La quête de la Pandarie : quatrième partie
21
« Tu es sûre de vouloir prendre ce risque ? » Aldrek dévisageait sa diplomate

volontaire, qui n’était nulle autre que la druidesse, Nita.

« J’ai travaillé avec des membres de l’Alliance au sein du Cercle cénarien. Mon passé

les rassurera. » Aldrek se caressa pensivement le menton. « D’accord. Est-ce que tu peux

ramer jusqu’à leur bateau ? »

Nita aurait pu se changer en oiseau et traverser en volant, mais l’Alliance envoyait

une barque, et il valait mieux faire de même, pour le geste.

« Oui. »

Chen avait reçu une place d’honneur, près de Karrig et Aldrek, et il avait vu Nita

s’avancer avec calme pour se proposer comme messagère auprès de l’Alliance. Il s’était

rappelé ses mots : nous sommes tous des enfants de la Terre-mère. Il n’y avait pas de

meilleure candidate pour une mission destinée à apaiser les tensions entre les deux

navires.

Pendant que Nita préparait sa petite embarcation, Aldrek guida le vaisseau de

guerre vers le bateau de l’Alliance. Pour que les envoyés puissent traverser de l’un à l’autre,

les deux navires devraient se rapprocher beaucoup, largement à portée de canon. Chen

s’agitait nerveusement. Il s’efforçait de ne pas être négatif, mais il ne pouvait s’empêcher de

se rappeler les insinuations d’Aldrek sur Theramore. Que préparait la Horde ? Qu’en savait

l’Alliance ? La situation actuelle était-elle le résultat d’une rencontre fortuite sur l’océan, ou

l’Alliance les avait-elle recherchés ? Ou est-ce la Horde qui avait tendu un piège ?

Le Poing du Chef de guerre prit position, parallèle à l’Elwynn. Deux marins aidèrent

Nita à descendre sa barque jusqu’à l’eau, et elle partit, ses rames s’élevant en rythme à

chaque poussée de ses bras.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
22
* * *

Les deux messagers se croisèrent entre les deux bateaux. Baenan jeta un regard à la

large taurène au passage, remarquant ses vêtements typiques d’une druidesse. Il éprouva

une vive satisfaction. Les taurens étaient en général plus raisonnables que les orcs, et les

druides travaillaient souvent avec des membres de l’autre camp. Peut-être qu’il y avait un

espoir pour sa mission.

Lorsqu’il arriva à destination, des marins de la Horde se tenaient prêts à le recevoir.

Alors qu’ils remontaient son bateau hors de l’eau, il se retourna vers l’Elwynn, dont le

contour se détachait élégamment en orange et doré sous le soleil baissant de l’après-midi. Il

pria la Lumière de lui permettre de retourner à bord sain et sauf.

* * *

Li Li attendait devant l’équipage, déterminée à être parmi les premiers à saluer

l’envoyée, afin de demander à propos de son oncle. La grande taurène monta à bord, et Li Li

avança de quelques pas, impatiente.

« Bienvenue à bord ! » dit le capitaine Heller avec enthousiasme, en tendant la main.

Nita la serra chaleureusement, et les marins attroupés hochèrent la tête en retour.

« Merci, capitaine. J’espère que nous pourrons arriver à un accord satisfaisant pour

les deux camps. » Elle balaya la foule du regard et, quand ses yeux tombèrent sur Li Li, leva

les sourcils.

Li Li ne put se contenir. « Vous m’avez reconnue ! exulta-t-elle. Euh, je veux dire,

vous avez reconnu ma race. Mon oncle Chen – est-ce que vous l’avez vu ?
La quête de la Pandarie : quatrième partie
23
— Oui, nous l’avons recueilli sur son bateau le lendemain de l’orage, dit Nita avant

de sourire. Il sera très heureux d’apprendre que vous êtes saine et sauve.

— Oh merci, merci beaucoup, » dit Li Li, la gorge serrée par l’émotion. Elle ne s’était

pas rendu compte de la force de son d’inquiétude avant d’apprendre que Chen allait bien.

Elle allait bientôt le retrouver.

« Venez par-là. » Le capitaine Heller passa devant Li Li et indiqua la direction de ses

quartiers. « Nous allons confronter nos objectifs pour trouver un compromis. »

Nita le suivit avec civilité. À chaque pas, ses larges sabots faisaient résonner le bois

du pont. Quand ils dépassèrent Li Li, le capitaine adressa à la pandarène un regard hostile.

Li Li les regarda descendre sous le pont, puis tourna les yeux vers le bateau de la Horde, et

vit que la barque de Baenan avait déjà été montée à bord. Les discussions avaient

commencé.

* * *

Baenan n’était pas loin de craindre que tous les gens présents dans les quartiers du

capitaine puissent entendre les battements de son coeur. Il se redressa et regarda autour de

lui. La pièce était pleine à craquer, avec des orcs, des trolls, un tauren, deux gobelins (qui se

disputaient pour savoir qui pourrait monter sur le bureau du capitaine), et un Réprouvé en

décomposition. Il fut étonné de voir qu’il y avait aussi l’un de ces pandarens, comme celle

présente sur l’Elwynn. Il fronça les sourcils. La pandarène avait dit qu’elle voyageait avec

son oncle. Est-ce que ce serait lui ? Et si oui, pourquoi était-il ici avec la Horde ?

Baenan tourna le regard vers le capitaine Aldrek, qui ouvrit les lèvres en un grand sourire

carnassier.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
24
« Alors, dit doucement le capitaine, parlons de tout ça entre gens raisonnables. » Baenan

avala sa salive, et réussit à parler. « Comme vous l’savez, on s’inquiète de voir des navires

de guerre de la Horde si loin au sud –

— Ces eaux sont neutres, rétorqua Aldrek.

— C’est pas faux, mais vous avez dû passer par les eaux d’Theramore pour arriver

jusqu’ici, et c’est –

— Comment savez-vous que nous n’arrivons pas du campement Grom’gol en

Strangleronce ? l’interrompit Aldrek ?

— C’est le cas ? » demanda crûment Baenan.

La question prit Aldrek par surprise, et il hésita assez longtemps pour que la

réponse soit évidente. Son sourire se durcit. « Nous sommes ici sur ordre du chef de guerre,

en mission de reconnaissance, dit-il sur le ton de l’avertissement.

— ’Coutez, moi je suis un nain. On n’est pas du genre à tourner autour du pot. Vous

dites que vous êtes là en reconnaissance. Bon, peut-être, mais nous, on n’a aucun moyen de

le savoir. On veut juste que nos positions de Theramore soient pas menacées. Laissez-nous

vous escorter jusqu’aux eaux de Durotar. C’est l’offre de mon capitaine. »

Le capitaine Aldrek éclata de rire. Baenan perdit tout espoir.

« Et c’est précisément cette offre que je rejette. » L’orc claqua des doigts à l’attention

d’un garde. « Ce nain est notre prisonnier. »

La première réaction de Baenan fut de vouloir se battre pour sa liberté, mais c’était

clairement une mauvaise idée. Il était seul contre tous, et il avait été désarmé en montant à

bord du navire.

« Je savais bien que vous étiez qu’un tas de menteurs et de pleutres, » murmura-t-il,

ce qui lui valut un coup sur la tête de la part d’un autre orc.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
25
« Et pourtant, tu as choisi de nous faire confiance, dit Aldrek avec un air satisfait.

Enfermez-le dans la cale et trouvez quelqu’un pour le surveiller. Convoquez tous l’équipage

sur le pont. Tant que l’Alliance croit qu’on est encore en train de négocier, armez les

canons. »

Baenan fut emmené hors de la pièce, et il fallut toute sa volonté à Chen pour

maintenir une expression neutre. Il avait failli s’élancer à la défense du nain, mais avait

rapidement changé d’avis. Il voulait en découvrir plus sur ce qui se passait. Aussi dur que ce

soit, il devait attendre le bon moment pour agir.

* * *

Nita s’entretenait avec le capitaine Heller dans ses quartiers. Plusieurs officiers, les

mains croisées derrière le dos avec convenance, les entouraient.

« Capitaine, je voudrais vous donner une explication complète des mouvements de

notre navire –

— Nita, l’interrompit Heller, ni le pourquoi ni le comment des manoeuvres de la

Horde ne m’intéressent. Ce que je veux, c’est que vous partiez.

— Ces eaux sont neutres. Nous avons autant que vous le droit d’être ici.

— C’est peut-être vrai, poursuivit Heller sur le même ton, mais vous constituez une

menace. Pour moi, cette menace ne sera pas contenue tant que votre navire ne sera pas de

retour à Durotar, où il aurait dû rester.

— Je peux faire passer ce message à mon capitaine si vous le souhaitez, dit Nita avec

hésitation.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
26
— Non, je pense que nous allons le contacter directement. Nous allons vous garder

ici comme gage, pour être sûrs que notre message soit entendu convenablement. »

Nita en resta bouche bée. « Comment ? Vous me retenez prisonnière ?

— Je fais ce qui doit être fait. Emparez-vous d’elle. »

Quatre officiers prirent Nita par les bras. « C’est un scandale ! » cria-t-elle en se

débattant contre ses agresseurs. « Je suis une druidesse du Cercle cénarien ! J’ai travaillé

aux côtés de Malfurion Hurlorage lui-même !

— J’en suis fort aise, répondit le capitaine. Si je le rencontre un jour, je n’oublierai

pas de lui dire que je vous connais. »

* * *

Inconfortablement attaché dans la cale du Poing du Chef de guerre, Baenan

percevait des grondements lointains qui ressemblaient à des bruits de pas et au roulement

de canons lourds. Ce sale orc de capitaine se préparait à lancer une attaque contre l’Elwynn

et il ne pouvait rien faire pour l’en empêcher. Il n’y avait pas pire que l’impuissance. Il était

furieux contre la Horde.

Le capitaine Aldrek ne l’avait pas laissé tout seul dans sa prison. Un elfe de sang

hautain, Talithar, montait la garde, manifestant un ennui ostensible. Baenan le haïssait de

tout son être.

« Saleté de Horde, grogna le nain. Le capitaine Heller va vous envoyer au fond de

l’océan, servir de dessert aux nagas.

— Et vous avec, s’il réussit. Quelle tragédie. Pour que vous surviviez, il faudrait que

vos amis perdent.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
27
— Si j’meurs, je mourrai heureux. Heureux de savoir que vous partez avec moi.

— Quel magnifique noblesse de sentiment. »

Baenan cracha aux pieds de l’elfe. « Vous aut’ les elfes de sang, vous ne sauriez

toujours pas ce qu’est la noblesse si on vous tatouait la définition sur le crâne. Une bande

d’accrocs à la magie, pitoyables et serviles. Vous avez même vendu votre propre peuple ! »

Le visage de Talithar blanchit et Baenan eut la satisfaction d’avoir touché un point

sensible. Il voyait bien que provoquer son geôlier était imprudent, mais il était trop en

colère pour s’en soucier.

« Ouais, j’ai connu des hauts-elfes. Je sais c’que vous leur avez fait. Je viens de Loch

Modan, moi. Je connais les histoires de la fille du pavillon des Pérégrins, et – »

Démontrant une force physique surprenante, Talithar traversa la pièce d’un pas et souleva

Baenan d’un geste pour le plaquer contre le mur. Il le maintint là, à sa hauteur, presque

deux fois celle du nain, et le fixa droit dans les yeux.

« Ne parle plus jamais d’elle –















































jamais – en ma présence. » Sa voix était calme, mais
portait une menace qui donna la chair de poule à Baenan. Ce dernier avait cherché à blesser

l’elfe, mais l’intensité de sa réaction était choquante. Quoi qu’il en soit, la Horde avait

capturé le nain et lui avait nié le droit de se battre avec ses armes, alors il frapperait avec

ses mots. Et le mage incarnait ce qu’il méprisait le plus au monde.

« Je vois que tu connais Vyrin Vent-vif, dit Baenan par pur fiel. C’était quelqu’un qui

t’était cher ? Eh bien, aujourd’hui, elle vous déteste, toi et ton peuple. Vous et tout c’que

vous incarnez ! »

Talithar le jeta au sol. Le nain atterrit douloureusement sur l’épaule en se préparant

à subir la colère du mage, mais ce dernier fit preuve d’une retenue étonnante et n’alla pas

plus loin.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
28
Baenan réussit à s’asseoir. Son épaule lui faisait mal, mais provoquer l’elfe valait bien ça.

Talithar avait la tête baissée. Ses poings étaient serrés, jusqu’à en blanchir les articulations.

Il releva la tête et Baenan resta bouche bée.

Le visage de l’elfe était couvert de larmes.

« En général, une épouse est quelqu’un de




particulier pour son mari. » Sa voix dégoulinait
de rage, d’humiliation et de désespoir. Il sortit une fine chaîne dorée de sa robe et l’arracha

d’autour de son cou, puis la jeta aux pieds du nain. Le collier ne portait ni perle ni

médaillon, juste deux bagues finement ouvragées pour un homme et une femme.

« Tu crois que je ne sais pas ce que je suis ? Nous les Sin’dorei avons été forcé de choisir

entre garder notre intégrité et vivre dans la souffrance. Comme si c’était un choix ! J’ai

choisi de ne pas souffrir. Ma femme a choisi son intégrité. »

* * *

Chen se précipita vers les profondeurs du Poing du Chef de guerre aussi vite qu’il le

pouvait. Échapper à l’oeil vigilant du capitaine Aldrek n’avait pas été facile, puis il lui avait

encore fallu trouver où étaient ses armes. Il avait eu de la chance : son embarcation tol’vir

avait été montée à bord et déposée avec les canots de sauvetage, et l’équipage n’avait pas

touché à ses affaires. Même la perle était restée là où il l’avait laissée, à l’abri dans son sac.

L’un des avantages de l’admiration que lui portait Aldrek, sans aucun doute.

L’entrée de la cale avait été barrée. Chen inspira profondément, puis ouvrit la porte

d’un coup de pied et se jeta à l’intérieur, bâton en avant. L’arme fendit l’air sans rien

rencontrer. Chen s’arrêta pour réexaminer la situation : Baenan, l’envoyé nain, était assis

par terre, les membres liés, l’air misérable. Assis lui aussi contre le mur et l’air tout aussi

misérable, Talithar, le garde désigné.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
29
Chen baissa son bâton. Gardant un oeil sur l’elfe, il s’adressa au nain.

« Je viens vous aider à vous échapper. Talithar, je vous préviens – »

Le rire bref et amer de l’elfe le surprit. « Je ne vais pas vous en empêcher. Partez

d’ici. »

Chen était étonné de cette attitude, mais il n’allait pas s’attarder dessus. Sans perdre

de temps, il s’agenouilla à côté de Baenan, saisissant un couteau pour couper ses liens. Le

nain le regarda avec gratitude.

« Vous êtes un de ces pandarens, dit-il en se frottant les poignets. Merci de m’avoir

sauvé.

— Vous connaissez mon peuple ? demanda Chen en tranchant les cordes enroulées

autour de ses jambes.

— Pas vraiment. Mais on en a recueilli une petite comme vous au milieu de l’orage,

l’aut’ jour, et – »

Chen l’agrippa par le col et le tira sur ses pieds. « Li Li ?! cria-t-il fiévreusement. Elle

s’appelait Li Li ?

— C’est ça ! » Baenan était un peu énervé d’avoir été soulevé brutalement pour la

deuxième fois en moins d’une demi-heure. « Elle s’appelle bien Li Li. Elle a dit qu’elle avait

été balancée par-dessus bord pendant l’orage.

— Elle est vivante, » murmura Chen en relâchant Baenan. Il avait les pattes

tremblantes. « Ma nièce est vivante.

— Vivante et à bord de l’Elwynn, ouaip.

— Alors il n’y a pas une seconde à perdre. Aldrek se prépare à la guerre, là-haut.

Allons-y. »
La quête de la Pandarie : quatrième partie
30
Chen se retourna pour partir, mais Baenan eut un moment d’hésitation. Il se baissa

pour ramasser un objet brillant par terre. À la grande surprise de Chen, il le tendit à

Talithar.

« Tiens, c’est à toi, dit-il l’air gêné. Reprends-le. Et… » Il marqua une pause. « Je suis

désolé pour ce que je t’ai dit. C’était cruel. »

Chen fronça les sourcils. Manifestement, il avait raté un épisode.

« Non, » dit Talithar doucement. Il tendit le bras et effleura les deux bagues, puis

retira sa main. « Tu avais raison. Si Vyrin m’a quitté, c’est pour une raison. J’ai fait mon

choix. Il a eu ses conséquences.

— Ouais, mais… » Baenan hésita à nouveau. « C’est pas tout. Des fois, elle parlait de

toi. Enfin j’veux dire, je savais pas que c’était toi en particulier, mais elle m’avait dit qu’elle

était mariée. Elle m’a jamais dit pourquoi elle avait quitté son mari. »

« Elle te déteste pas. Je sais qu’elle est en colère, mais tu lui manques. »

L’expression de Talithar était passée par plusieurs étapes pendant que Baenan

parlait, et elle finit par s’arrêter sur une mélancolie pensive. Mais il ne prit pas le collier.

« Garde-le, dit-il. Mais rends-moi un service, s’il te plaît. »

Baenan hocha la tête d’un air prudent.

« Quand tu rentreras sur les rives du Loch Modan, apporte-lui ces bagues. Dis-lui

qu’elle me manque, et que je n’ai jamais cessé de l’aimer.

— Je le ferai. C’est promis. »

Talithar se leva. « Vous n’aurez qu’une chance de vous échapper, dit-il à Chen et

Baenan. Si vous vous faites prendre, vous serez exécutés sur le champ. Je vais faire mon

possible pour détourner l’attention des marins.

— Merci, lui dit Chen. Du fond du coeur. »
La quête de la Pandarie : quatrième partie
31
Le sourire de Talithar ne chassa pas la tristesse de ses yeux. « Déguerpissez. »

* * *

Avec le coucher de soleil, un amas de nuages était arrivé du sud et l’air s’était

refroidi. Sur le pont, Li Li frissonna, attendant avec impatience le résultat de la rencontre

diplomatique. Lintharel avait disparu, s’était fondue dans les ombres comme le font parfois

les elfes de la nuit. À côté de la pandarène, Trialin se mordillait le doigt, probablement par

inquiétude pour son frère. Li Li espérait de tout coeur que tout se passerait bien. La

situation pourrait trouver une solution pacifique si les deux camps étaient disposés à

mettre leur fierté de côté. Un acte si simple, mais pourtant si difficile à accomplir.

Enfin, le capitaine Heller et Nita firent leur retour. Li Li se mit sur la pointe des pieds

pour tenter de mieux les voir. Ses espoirs s’écroulèrent : les grandes mains de Nita étaient

attachées dans son dos. Les expressions sérieuses des gardes indiquaient un échec des

négociations.

Le capitaine Heller brandit son épée.

« Cette créature, annonça-t-il en désignant Nita de sa lame, s’est attaquée à moi et

mes officiers à l’instant où nous avons été isolés du reste de l’équipage ! Nous l’avons

maîtrisée, et elle doit maintenant répondre de ses actes !

— Mensonge ! Je n’ai rien fait de tel ! répondit Nita avec colère, ce qui lui valut un

coup de la part d’un des officiers les plus grands.

— Silence, racaille de la Horde ! » cria Heller.

Une série d’éclairs et de détonations l’interrompit : les runes d’un message magique

parti du pont du navire de la Horde illuminèrent le ciel nocturne. Un des mages laissa

échapper un cri.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
32
« Ils exigent notre reddition, ou ils tueront Baenan ! »

Heller lança un rugissement de fureur suivi d’une bordée d’injures. « Nous ne nous

rendrons jamais ! » Il hurlait comme si on pouvait l’entendre du Poing du Chef de guerre.

Trialin mit la main sur la bouche pour réprimer un sanglot, et Li Li passa un bras autour de

ses épaules.

Heller se retourna vers Nita. « Toi. » Il fit signe à ses hommes, qui poussèrent la

taurène vers lui. « Si Baenan doit y laisser la vie, alors toi aussi. OEil pour oeil. » Il leva son

épée.

Semblant surgir de nulle part, Lintharel s’interposa entre Nita et le capitaine, les

bras écartés. « Non. » La colère déforma les traits du capitaine, qui ne baissa pas son épée.

« Lintharel ? » murmura Nita. Li Li pencha la tête, interloquée : comment la taurène

connaissait-elle son nom ?

« Écarte-toi, elfe de la nuit, dit le capitaine.

— Au mont Hyjal, j’ai combattu aux côtés de Nita. J’ai connu peu de camarades aussi

honorables ou courageux. Elle n’a rien fait de mal. Libérez-la.

— Ses alliés ont pris Baenan en otage, siffla Heller entre ses dents.

— Vous avez fait de même avec elle. Si les chefs de la Horde comptaient retenir

Baenan depuis le début, c’est qu’ils sont prêts à la sacrifier. Ils savaient forcément comment

vous réagiriez à leur ultimatum. Elle est autant leur victime que Baenan.

— Écarte-toi, elfe, c’est un ordre !

— Ou est-ce que vous aviez vous aussi l’intention de prendre l’envoyé de la Horde

en otage et de condamner Baenan ? poursuivit Lintharel en toisant le capitaine.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
33
— La ferme ! » rugit Heller. La pointe de son épée tremblait, à quelques centimètres

seulement de la gorge de l’elfe. « Tu as une dette à honorer au service de l’Alliance. Me

désobéir est une trahison.

— Trahir une amie serait tout aussi mal. Envers quoi ai-je le plus fort engagement,

capitaine : une allégeance politique, ou personnelle ? »

La question resta en suspens, telle la note d’un coup de gong. La tension dévorait Li

Li. L’équipage entier suivait la scène dans un silence de mort, plus personne n’osait

respirer. Chaque petit bruit était amplifié : celui des vagues contre le bois de la coque, celui

du gréement agité par le vent. Les nuages s’étaient épaissis, donnant au crépuscule une

lueur d’un vert surnaturel.

La fourrure se dressait sur le cou et les bras de Li Li. L’air lui-même semblait chargé

de tension, jusqu’à en être palpable.

Et enfin, Li Li comprit.

Lintharel, qui se dressait entre Nita et ceux qui voulaient lui faire du mal, n’était pas

aussi vulnérable qu’elle semblait. Elle avait fait traîner la situation volontairement, pour

gagner du temps.

Elle lançait un sort.

Les premières gouttes de pluie tombèrent du ciel.

« Lintharel, dit le capitaine sur un ton au calme meurtrier, c’est mon dernier

avertissement. »

Li Li agrippa Trialin par le poignet et recula d’un pas, s’éloignant de la foule. La

naine sentit son empressement et la suivit sans dire un mot.

« Je ne m’écarterai pas, » dit Lintharel. Au-dessus d’elle, le ciel gronda.

« Comme tu voudras ! Tuez… »
La quête de la Pandarie : quatrième partie
34
La deuxième moitié de l’ordre se perdit dans le rugissement du vent qui déferla de

derrière Lintharel, projetant en arrière tous ceux qui lui faisaient face. Au même moment,

un éclair déchira le ciel, frappant le grand mât de l’Elwynn comme une bombe et

enflammant la grand-voile dans un déluge d’étincelle. Une pluie de débris de bois de la

taille d’une dague tomba sur le pont. Li Li et Trialin plongèrent derrière une caisse fixée au

sol, à la lueur des flammes.

Lintharel avança, dans l’espace désormais libre devant elle. Elle avait toujours les

bras écartés, en geste non plus de sacrifice, mais de puissance. Ses yeux brillaient comme

des étoiles, aussi blancs que la foudre qu’elle avait invoquée. Le vent surgi de nulle part

tourbillonnait autour d’elle. Il faisait voler ses cheveux et son kilt de cuir, mais ne semblait

pas l’affecter. Li Li l’observait avec fascination. Lintharel ressemblait à une déesse.

« Libère-la, » ordonna-t-elle à un marin recroquevillé sur le pont. Il hocha la tête, les

yeux écarquillés de peur, et se mit à ramper vers Nita.

Une nouvelle explosion secoua le navire, et tout le monde vacilla. Quelque part, on

put entendre des gens crier, réclamer de l’eau, des soins. Le Chef de guerre venait d’ouvrir

le feu.

Sous la pluie battante, tout sombra dans le chaos. Certains marins se lancèrent à

l’attaque de Lintharel et Nita, tandis que d’autres partirent pour défendre le bateau. Audessus

du vacarme, le capitaine Heller criait des ordres, essayant désespérément de

reprendre le contrôle de la situation.

Une volée de coups de canons répondit à celle du navire de la Horde, et certains

boulets frappèrent au but. Li Li bondit hors de sa cachette, les yeux rivés sur le petit groupe

qui attaquait l’elfe et la taurène.

« Où vas-tu donc ? appela Trialin.

— Ce qu’ils ont fait à Nita est mal, répondit Li Li sur un ton de défi. Je vais les aider,

toutes les deux. » Elle avait craint que la perte de son frère pousse la naine à prendre le

parti des autres marins, mais, à son grand soulagement, celle-ci hocha la tête. « Ouais. S’en
La quête de la Pandarie : quatrième partie
35
prendre à un diplomate, y a pas plus dégonflé que ça. » Elle dégaina une épée courte et la

jeta à Li Li. « Tu auras bien besoin d’une arme.

— Merci, » dit Li Li. Avec un cri, les deux se jetèrent dans la mêlée

* * *

Chen et Baenan filaient à travers les ponts inférieurs, en essayant de se faire

remarquer le moins possible. Baenan avait rentré sa barbe dans sa veste et enfilé un

casque, un bien piètre déguisement. Leur plan d’évasion sommaire était d’arriver jusqu’au

bateau tol’vir, de le lancer et de sauter à l’eau. C’était assez bancal, mais traîner dans le coin

aurait été pire.

Le navire s’agita sous l’impact des tirs de l’Alliance. Chen trouva l’échelle qu’il

cherchait, la plus proche des canots de sauvetage. Il poussa Baenan devant lui et grimpa à

sa suite.

« C’est le prisonnier ! » Chen reconnut, derrière lui, la voix de Karrig. « Espèce de

sale traître ! lui hurla ce dernier. On avait confiance en toi ! Tuez-les tous les deux ! »

Chen risqua un coup d’oeil vers le bas. Il compta six hommes d’équipage, dont Karrig.

Il lança un juron. Les affronter leur ferait perdre beaucoup de temps.

« Continuez ! » cria une autre voix. Talithar arriva en courant et se jeta devant le

pied de l’échelle. « Je vais les retenir ! »

Les deux fugitifs n’hésitèrent pas une seconde. En murmurant un remerciement,

Chen se hissa jusqu’en haut de l’échelle et ils s’enfuirent.

« Tu es une honte pour la Horde, Talithar Vent-vif ! rugit Karrig. Sale traître de

vermine d’elfe !
La quête de la Pandarie : quatrième partie
36
— J’ai combattu pour la Horde sur les glaciers de la Couronne de glace, répondit

calmement Talithar. Et je l’ai fait avec fierté. Mais ma loyauté n’est pas réservée qu’à la

Horde.

— Écarte-toi de notre chemin, ou meurs ! »

Talithar leva les deux mains. Des boules de flammes rouges flottaient au-dessus de

ses paumes, et la lumière illumina le contenu de la soute : le long des murs étaient disposés

des tonneaux pleins de poudre à canon et des munitions supplémentaires pour les canons.

« Oh, dit Talithar avec un sourire paisible. On dirait que mon choix est fait. »

* * *

Le feu s’était emparé de la grand-voile de l’Elwynn, et la pluie ne le ralentissait

guère. Un groupe de marins se passaient frénétiquement des seaux pour essayer de

contenir l’incendie, mais en vain. Le navire finirait par succomber aux flammes.

« Nita, cria Lintharel, il faut que tu partes d’ici ! Prends une de tes formes et

échappe-toi !

— Tu m’as sauvé la vie. Je ne vais pas te laisser te battre seule.

— Elle n’est pas seule ! cria Li Li, en se glissant entre les deux druides.

— Ouais, on est là pour vous aider ! » renchérit Trialin, faisant tourner ses deux

haches d’un geste expert. Lintharel lançait des éclairs de magie jaunes. Li Li parait les coups

des marins. Ensemble, les trois pressèrent leurs assaillants et dégagèrent un petit espace.

« C’est le moment ! cria Li Li à Nita.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
37
— J’ai une dette éternelle envers vous ! » répondit celle-ci. D’une longue foulée, elle

franchit la ligne de marins et se jeta par-dessus bord. Un instant plus tard, un agile lion de

mer disparut entre les vagues.

Li Li soufflait. Elle tenait fermement son épée, entourée de près par Lintharel et

Trialin. La pluie battait sur son visage et son cou. Maintenant que Nita était libre, il fallait

qu’elles s’échappent à leur tour.

Trialin leva une de ses haches, avec un signe de tête à ses amies. Elle forma des

mots, silencieusement. Un, fit-elle. Deux…

Une gigantesque déflagration secoua l’Elwynn de la poupe à la proue. Le navire

trembla violemment, le bois de la coque craquant sous le souffle de l’explosion. Sans

exception, tout le monde fut projeté au sol. Une colonne de fumée noire s’éleva vers le ciel

et des boules de poix ardente se mirent à pleuvoir du ciel, ravivant les flammes qui

attaquaient déjà les voiles.

« Par Élune et Ysera ! » jura Lintharel. Li Li roula sur le côté et essaya de voir ce qui

s’était passé. La fumée se déversait d’un trou béant dans la coque du navire de la Horde, là

où l’explosion avait eu lieu.

« Baenan, murmura Trialin à côté de Li Li. Ô, Lumière, fais qu’il soit vivant, je t’en prie… »

« Lintharel fut la première debout, et elle tendit la main à Li Li. Cette dernière allait pour la

prendre, quand elle aperçut un mouvement du coin de l’oeil. Le capitaine Heller s’était

glissé derrière l’elfe, l’épée tirée.

« Attention ! » Mais son avertissement arriva trop tard. Le corps de Lintharel se raidit et ses

yeux s’écarquillèrent sous le choc et la douleur. Le capitaine l’avait transpercée de sa lame.

Elle eut un hoquet, et les coins de sa bouche se rougirent de sang. Ses genoux percutèrent le

bois du pont et elle s’effondra avec un râle.

Heller retira son épée. La pluie battante commençait déjà à diluer le rouge qui s’écoulait sur

la lame.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
38
« Le châtiment pour trahison est la mort, » dit-il calmement, et il leva son épée pour porter

le coup de grâce.

Une ombre se glissa à côté de lui, prenant soudainement forme, et une lame

incurvée vint se presser contre sa gorge.

Son visage se tordit de rage. « Traîtres !

— Silence. » Les yeux d’Atropa, jumeaux de ceux de Lintharel, brillaient d’une lueur

meurtrière. « Le châtiment pour avoir fait du mal à ma famille est la mort aussi. »

* * *

C’est sous une pluie battante Que Baenan et Chen atteignirent enfin le pont

principal. Personne ne sembla les remarquer : tout le monde était bien trop concentré sur

la bataille. Un peu plus loin, l’Elwynn était en feu.

« Il faut traverser, » dit Baenan. Le pandaren et le nain s’élancèrent vers les canots

de sauvetage. Chen voyait son bateau tol’vir parmi eux.

Ses pieds furent arrachés au bois du sol. Le bruit et le souffle d’une grande explosion

l’emportèrent, projetant Baenan et lui de l’autre côté du pont. Ils s’écrasèrent au milieu des

canots.

Chen savait qu’il ne pouvait pas se permettre de se laisser aller à s’évanouir.

Endolori de partout, il se força à se mettre à genoux. Non loin de lui, Baenan gisait face au

sol, le casque soufflé par l’explosion. Chen aperçut son propre bâton qui roulait à quelques

pas de là, et il se jeta pour l’attraper, ignorant la douleur qui lui vrillait les jambes. Au

moins, il semblait ne rien avoir de cassé.

« Baenan ! » Il secoua violemment le nain. « C’est le moment ou jamais ! »
La quête de la Pandarie : quatrième partie
39
« Ce satané elfe de sang ! » grogna son compagnon pendant qu’il l’aidait à se relever.

« On était dans la soute à munitions !

— Il n’a pas pu survivre à ça, » dit Chen avec chagrin, surpris d’éprouver un tel

sentiment pour quelqu’un qu’il avait menacé le matin même.

« C’est vrai », répondit Baenan. Il leva les yeux vers Chen. « C’est l’bateau tout entier

qui va couler dans quelques minutes. Il est temps de déguerpir. »

Des flammes s’échappaient du trou creusé par l’explosion dans la coque du navire.

L’eau s’infiltrait rapidement et le faisait pencher d’un côté. Chen et Baenan purent dégager

l’embarcation tol’vir plus facilement.

L’explosion déclenchée par Talithar avait éliminé tout semblant d’organisation. Tout

le monde ne pensait plus qu’à une chose, quitter le bateau en vie. Chen se saisit d’un aviron

et se mit à ramer en direction de l’Elwynn, dont les voiles en flammes se distinguaient dans

la tempête.

Lorsqu’ils arrivèrent au niveau du navire de l’Alliance, une silhouette tomba du haut

du pont et s’écrasa dans l’eau, manquant de les percuter.

« C’était le capitaine Heller ! » cria Baenan. Chen observa le corps, qui flotta un

instant avant de disparaître sous les vagues. « On lui a coupé la gorge. »

Ils levèrent les yeux vers le pont, là d’où le cadavre d’Heller était tombé. Chen

attacha sommairement la petite embarcation à l’Elwynn, pour permettre une fuite rapide

un peu plus tard.

« Prêt ? demanda-t-il.

— Oui, répondit le nain, l’oeil décidé. On récupère nos familles. Ensuite, on se tire. »

Ensemble, ils sautèrent par-dessus la balustrade de leur esquif et foncèrent à bord

de l’Elwynn.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
40
* * *

Les rayons roses et dorés de l’aube ne venaient plus illuminer que des débris

flottants, là où les deux bateaux avaient sombré. Il n’y avait personne pour assister à la

scène : les canots de sauvetage des rescapés s’étaient dispersés.

Quatre passagers se pressaient dans une petite embarcation, trois d’entre eux serrés

à ses extrémités pour laisser la place à la quatrième, enveloppée au centre.

« J’ai fait tout ce que je pouvais, » dit Baenan d’un ton désespéré, en secouant la tête.

L’épuisement se lisait sur son visage. « Mais je suis à ma limite, là. Désolé. »

Trialin posa la main sur le bras de son frère.

Atropa tenait la tête de Lintharel sur ses genoux, caressant les mèches de cheveux

passées derrière ses longues oreilles. Elle baissa le visage vers celui de Lintharel, des

larmes coulant silencieusement sur les joues. Les yeux de cette dernière étaient fermés,

mais elle souriait faiblement. Elle ne disait rien, ne faisait que serrer la main d’Atropa. Tout

le monde gardait le silence, sachant qu’il n’était plus qu’une question de temps.

Personne ne remarqua le petit point qui apparut à l’horizon et grossit

progressivement en approchant, jusqu’à ce qu’un cri soudain les fasse sursauter. Un grand

oiseau brun volait au-dessus d’eux, son envergure presque aussi longue que le bateau. Il

plongea et atterrit lestement sur la balustrade en bois. Il regarda autour de lui, puis se

transforma.

C’était Nita.

La taurène s’agenouilla à côté de Lintharel, en prenant garde à ne pas faire chavirer

le canot. Elle étendit les doigts sur le ventre de l’elfe, recouvrant la blessure. Une lueur

verte rayonna de ses mains et nimba Lintharel de lumière.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
41
L’elfe inspira brusquement, toussa, et essaya de se redresser. Atropa et Nita l’en

empêchèrent avec douceur.

« Du calme, mon amie, dit la taurène. Tu iras bientôt mieux. Nul besoin de se

presser. »

Lintharel étendit le bras pour lui prendre la main. « Merci. »

Atropa saisit le large avant-bras de Nita. Des larmes brillaient encore dans ses yeux.

« Et je te remercie moi aussi de tout mon coeur.

— C’était le moins que je pouvais faire, répondit la taurène. J’ai survolé l’océan toute

la nuit. Il y a beaucoup de survivants, de l’Alliance comme de la Horde. Je vais faire mon

possible pour guider tout le monde vers la terre.

— Je t’aiderai dès que j’aurai repris des forces, » dit Lintharel. Elle fit un sourire

rassurant à Atropa. « Ça ne prendra pas très longtemps. »

Avant de partir, Nita lança quelques sorts mineurs sur Baenan, Trialin et Atropa à

leur tour. Le nain poussa un soupir d’aise en sentant la douleur de ses plaies s’estomper.

« Merci bien, Nita la taurène, » dit-il. Il se frotta la poitrine en remarquant que le

geste ne lui faisait plus mal. Ses doigts sentirent une bosse sous sa tunique.

« Par le marteau de Muradin ! cria-t-il en sortant le collier de Talithar, avec ses deux

bagues encore liées par la chaîne d’or. « J’avais oublié qu’j’avais ça.

— Qu’est-ce que c’est ? demanda Trialin.

— C’était à Talithar, répondit-il doucement. Un elfe de sang du navire de la Horde. Il

m’a sauvé la vie. Les bagues étaient à lui et à sa femme.

— Comment ? » dit Nita en fronçant les sourcils.

Baenan se tourna vers sa soeur. « Trialin, tu te souviens de Vyrin Vent-vif, du

pavillon des Pérégrins ?
La quête de la Pandarie : quatrième partie
42
— À Loch Modan ? Oui, bien sûr.

— Talithar était son mari.

— Je… Je ne l’ai pas vu dans les autres bateaux, » dit Nita. Baenan secoua la tête. « Tu

le trouveras pas. » Il ferma le poing autour des deux bagues. « C’est lui qu’a déclenché

l’explosion sur le Poing, pour m’aider à m’échapper avec le pandaren. Il est mort.

— Qu’est-ce que tu vas dire à Vyrin ? demanda Trialin.

— Que son mari est mort en héros. » Il leva les yeux, l’air décidé. « C’est par où, le

plus court chemin pour aller à terre ? J’ai un message à porter.

— Faites cap au nord-ouest, répondit Nita. Vous n’êtes pas loin de Tanaris. Je

reviendrai vous aider dès que possible, si vous en avez besoin. Puisse la Terre-mère être

avec vous.

— Et Elune avec toi, » répondit Atropa.

Nita étendit les bras, se changea en oiseau et décolla vers le ciel.

* * *

Une fois de plus, le petit bateau tol’vir se balançait sous un ciel couvert d’étoiles.

Chen serrait sa nièce tout près de lui. « Je pensais t’avoir perdue, Li Li, murmura-t-il. Je

pensais que tu étais morte. »

Elle enfonça le visage dans la fourrure de son épaule. « Moi aussi je pensais l’être,

honnêtement, » répondit-elle avec un léger sourire. Chen fut pris d’un petit rire, mais qui

ressemblait plus à une quinte de toux.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
43
À bord de l’Elwynn, tout n’avait été que feu et chaos. Baenan et lui avaient été

séparés tout de suite. Il n’avait plus que de vagues souvenirs. Il avait crié le nom de Li Li

fiévreusement, sans jamais s’arrêter, et d’un seul coup, comme par magie, elle était

apparue, fuyant les flammes, du sang sur le visage. Ils avaient sauté par-dessus bord et

étaient remontés sur leur propre bateau quelques minutes seulement avant que le navire

ne sombre. En s’éloignant à la rame, ils avaient assisté aux derniers moments du Poing du

Chef de guerre et de l’Elwynn, sur un océan baigné d’une lumière orange par les épaves

enflammées.

Ils avaient dormi d’un sommeil agité tout le reste de la nuit. Toute la tension avait

fini par les rattraper, et ils avaient perdu la notion du temps, entre sommeil et reprises de

conscience.

* * *

Li Li ignorait combien de jours s’étaient écoulés. Deux ? Trois ? D’épais nuages

s’étaient acharnés à couvrir le ciel, les empêchant de distinguer le matin du soir. Il n’y avait

que quand les cieux s’assombrissaient pendant plusieurs heures qu’ils pouvaient être sûrs

qu’un nouveau jour venait de s’écouler. Oncle Chen dormait, allongé sous la voile. Il avait

été blessé dans l’explosion du bateau de la Horde, et il lui faudrait quelques jours pour

guérir.

Li Li appuya la tête contre le mât. La voile pendant mollement, mais elle n’avait pas

le courage de la rentrer. Tout, absolument tout avait mal tourné. Elle revoyait sans cesse le

moment où elle avait été entraînée par-dessus bord, ou l’épée de Heller qui transperçait le

corps de Lintharel, ou la tiédeur du sang qui lui avait éclaboussé le visage quand Atropa

avait tranché la gorge au capitaine. Elle frissonna. Des souvenirs si horribles. Des choses si

terribles à avoir vécues.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
44
Un crissement de papier porté par le vent attira son attention, et elle leva les yeux

pour voir un albatros élégamment plié qui voletait au-dessus d’elle. Elle tendit la main, et

l’oiseau s’y posa. Il s’immobilisa immédiatement, toute la magie qui l’avait porté désormais

dissipée. Avec curiosité, elle défit les plis, les lissant autant que possible. L’albatros avait été

composé de deux lettres, une adressée à elle et l’autre à oncle Chen. Elle se rendit compte

avec surprise que les deux venaient de son père.

Par respect pour la vie privée de son oncle, elle replia sa lettre et la glissa dans son

sac. Mais elle lut celle qui lui était adressée à elle.
Ma chère Li Li,

Je n’ai jamais été très doué avec les mots. À chaque fois que j’essaie de parler avec toi,

on dirait que rien ne sort comme je le voudrais, et nous n’arrivons jamais à nous

comprendre ni à nous entendre.

Tu ressembles à ta mère, et à mon frère, plus qu’à moi. Tu as la capacité

d’émerveillement de ton oncle et la témérité de ta mère. C’est une des choses que

j’aimais le plus chez elle même si, pour quelqu’un comme moi qui ne partageait pas ce

trait, il était terrifiant de la voir s’engager sans hésiter dans des situations que j’aurais

moi-même évitées à tout prix. Il m’est tout aussi terrifiant de te voir prendre des

décisions similaires. Par le passé, j’ai laissé cette peur se manifester sous forme de

colère, et je me rends compte aujourd’hui que j’ai eu tort.

Ton destin est de faire dans ta vie des choix différents de ceux que j’ai faits dans

la mienne. Il est grand temps que je me fasse à cette idée. Quoi qu’il arrive, tu seras

toujours ma fille, et je serai toujours fier de toi.

Avec tout mon amour,

Ton père.
La quête de la Pandarie : quatrième partie
45
Elle lut la lettre deux, trois fois, jusqu’à ce que les mots s’impriment dans sa

mémoire. Elle se souvint comment, à Gadgetzan, elle s’était demandée si elle pourrait un

jour à la fois être elle-même et satisfaire son père. Chen lui avait assurée que oui, et il avait

eu raison. Ses yeux s’embrumèrent de larmes et elle battit des paupières, mais sans réussir

à les dégager. Soudain, son père lui manquait avec une force qu’elle n’aurait jamais pensée

possible.

« Oh, oncle Chen, dit-elle avec tristesse, pourquoi la perle m’a-t-elle envoyée faire cet

affreux voyage ? Rentrons à la maison. Tout ce que je veux, c’est rentrer chez nous. »

Chen soupira dans son sommeil. Une larme coula le long de la joue de Li Li, que l’air

brumeux avait déjà rendue humide. Elle ferma les yeux et ramena les genoux sous le

menton.

Un grand souffle vint emplir ses oreilles, mais elle ne sentait aucun vent. En levant

les yeux, elle vit un brouillard sans fin qui tournoyait au-dessus d’elle, comme un

tourbillon. Elle se pencha et secoua son oncle pour le réveiller.

« Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il d’une voix ensommeillée.

— Je ne sais pas. Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça. »

Les brumes virevoltaient de plus en plus vite et lui faisaient tourner la tête. Puis,

soudainement, elles s’évanouirent, pour ne laisser qu’un ciel bleu à couper le souffle, et la

sphère étincelante du soleil.

Et devant eux, brillant à l’horizon tel un joyau, s’étendait une terre qu’aucun d’entre

eux ne reconnaissait.

« Regarde ! cria-t-elle en pointant du doigt. Mon oncle… est-ce que c’est… ?

— Mais oui ! Ça ne peut être que ça ! »
La quête de la Pandarie : quatrième partie
46
Elle était déjà debout pour tendre la voile. Le vent s’était levé à nouveau, et ils

n’auraient aucun mal à arriver à terre. Chen s’élança à son aide, et, ensemble, ils guidèrent

le bateau vers la rive.

* * *

Ils arrivèrent à une plage praticable sans encombre et traînèrent leur embarcation

sur le sable, les pattes tremblantes d’excitation. Ils se ruèrent pour explorer le paysage, et

ne tardèrent pas à trouver une route étroite mais bien tracée. Du haut d’une perche taillée

dans le bois, une lanterne à l’aspect familier se balançait doucement sous la brise, comme

pour leur souhaiter la bienvenue.

En l’apercevant, Chen manqua de tomber à genoux. « Elle est de fabrication

pandarène. Il n’y a aucun doute.

— On y est, dit-elle. On a réussi pour de vrai. La Pandarie. »

Ils gravirent une colline qui surplombait la plage, et regardèrent vers la mer. C’était

une journée dégagée, sans un nuage à l’horizon. L’océan brillait à perte de vue. Chen passa

le bras autour des épaules de sa nièce et la serra avec affection.

« Ça veut dire que le sortilège est levé ? demanda-t-elle. Les brumes sont dissipées

définitivement ?

— Je… Je ne sais pas. Mais je crois.

— Alors ils vont pouvoir venir. Papa et Shisai et mamie Mei et tous nos amis. Ils vont

tous venir. »

Une image s’imposa à l’esprit de Chen. Celle de deux bateaux, l’un à côté de l’autre,

pris dans les flammes, avec le bruit des canons, les cris des marins, le choc des lames. Une
La quête de la Pandarie : quatrième partie
47
scène à laquelle il avait assisté quelques nuits auparavant, quand il s’était désespérément

enfui du Poing du Chef de guerre pour ne trouver aucun refuge sur l’Elwynn. Il serra encore

un peu plus sa nièce contre lui.

« Pas seulement nos amis, Li Li. Tout le monde. »




























































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MessagePosté le: 09.11.12 02:05    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Blizzard a mis en ligne le 5ème chapitre du Journal de Li Li. Intitulé "La forêt de Jade", j'ai comme la vague impression qu'elle se balade dans une zone que vous connaissez désormais assez bien. Comme d'habitude, le récit est téléchargeable au format PDF. Bonne lecture !


Il s’est passé beaucoup de choses depuis la dernière fois que j’ai écrit. Déjà, oncle Chen est enfin de retour sur l’île Vagabonde (grâce à l’aide de votre chère Li Li). Peu de temps après, on est partis aux quatre coins du monde à la recherche du légendaire continent de Pandarie. Sur la grande tortue, la plupart des gens pensaient qu’il avait été détruit par la guerre ou la maladie il y a déjà longtemps.

Eh bien ils avaient tort.

Après avoir affronté des pirates, survécu à une violente tempête en pleine mer, et triomphé d’un tas d’autres dangers, oncle Chen et moi avons accompli l’impossible : on a retrouvé la Pandarie, la terre perdue de nos ancêtres !

Mais le voyage jusque là-bas ne s’est pas exactement déroulé comme prévu. Notre guide était la Perle de Pandarie, une relique magique qui me donnait des visions pour m’aider à localiser le continent. Si seulement cette imbécile de perle avait aussi pu nous avertir des dangers qui nous attendaient…







BLIZZARD ENTERTAINMENT
Le journal de Li Li
Cinquième partie
Le journal de Li Li – Cinquième partie
1
Chapitre cinq : La forêt de Jade
Il s’est passé beaucoup de choses depuis la dernière fois que j’ai écrit. Déjà, oncle Chen est
enfin de retour sur l’île Vagabonde (grâce à l’aide de votre chère Li Li). Peu de temps après, on
est partis aux quatre coins du monde à la recherche du légendaire continent de Pandarie. Sur la
grande tortue, la plupart des gens pensaient qu’il avait été détruit par la guerre ou la maladie il
y a déjà longtemps.
Eh bien ils avaient

tort.
Après avoir affronté des pirates, survécu à une violente tempête en pleine mer, et triomphé
d’un tas d’autres dangers, oncle Chen et moi avons accompli l’impossible : on a retrouvé la
Pandarie, la terre perdue de nos ancêtres !
Mais le voyage jusque là-bas ne s’est pas exactement déroulé comme prévu. Notre guide était
la Perle de Pandarie, une relique magique qui me donnait des visions pour m’aider à localiser le
continent. Si seulement cette imbécile de perle avait aussi pu nous avertir des dangers qui nous
attendaient…
Enfin, ce qui compte, c’est qu’on est arrivés en Pandarie en un seul morceau. On a débarqué
près de la forêt de Jade, une région qui s’étend sur la rive est du continent. Il y avait des bois
verdoyants à perte de vue, avec d’épais fourrés de bambous pleins de plantes et de créatures
étranges.
Oncle Chen et moi n’avions pas de carte, mais ça n’était pas vraiment un problème. Après avoir
exploré les environs immédiats, on a pris une direction au hasard et on a commencé notre
voyage comme doivent le faire tous ceux qui suivent la voie de l’explorateur : un pas après
l’autre.
Les habitants du coin n’ont pas mis longtemps à venir nous accueillir. Des dizaines d’hommeslézards
aux yeux ronds (des sauroks, comme je l’ai appris plus tard) ont surgi de la forêt. Leur
Le journal de Li Li – Cinquième partie
2
odeur ressemblait à celle de vieux cuir trempé dans de la bière moisie puis plongé dans un
tonneau de pâte de poisson fermentée de mamie Mei. Et c’était leur côté le plus sympathique.
Eh bien les tas de cuir, on n’en a fait qu’une bouchée (bon, d’accord, c’est oncle Chen qui a
presque tout fait). Le seul qui nous a donné un peu de mal était leur chef, un saurok énorme
couvert de balafres, de peinture de guerre, et encore des balafres. Il n’a pas mis longtemps à
fuir dans la forêt en braillant comme un bébé.
On a trouvé le campement miteux des sauroks non loin de là. Il était rempli de marchandises
apparemment pillées : des chariots de céréales, des légumes, et de gros blocs de jade pur.
Pendant qu’on triait tout ça, un groupe de pandarens est prudemment sorti du bois. Quand ils
ont vu que les sauroks avaient disparu, ils se sont inclinés et nous ont fêtés comme des héros !
En fait, les tas de cuir semaient la terreur dans la région, et toutes les tentatives de les chasser
avaient jusque-là échoué.
Nos nouveaux fans n’en sont pas revenus quand oncle Chen leur a dit qu’on venait de l’île
Vagabonde. Les gens de Pandarie n’avaient pas vu la grande tortue depuis des siècles, et la
plupart d’entre eux pensaient que l’île n’existait plus. J’ai été surprise par la ressemblance entre
les pandarens de la forêt de Jade et ceux de chez nous. À part quelques différences mineures
comme la manière de s’habiller, rien n’a beaucoup changé au fil des générations.
Quand ils ont appris qu’on était de vrais explorateurs à l’ancienne, les pandarens nous ont
beaucoup parlé de la forêt de Jade, de ses habitants, et de son site le plus important : le temple
du Serpent de jade. En plus d’être un monument au légendaire empereur Shaohao, cet endroit
incroyable est intimement lié au Serpent de jade, Yu’lon, l’un des quatre êtres célestes qui
veillent sur la Pandarie.
Quand on est arrivés au temple, des ouvriers étaient occupés à tailler une gigantesque statue
de jade appelée le Coeur du Serpent. Tous les cent ans, Yu’lon transfère son essence vitale dans
la statue, qui se transforme alors en créature vivante. Ce cycle, la construction de statue pour
que Yu’lon puisse renaître, se poursuit depuis des générations, et les pillards sauroks l’avaient
mis en danger en dérobant tout le précieux stock de jade des ouvriers.
Le journal de Li Li – Cinquième partie
3
L’un des gardiens du temple, le vénérable ancien Zhu de la Pluie, a eu la gentillesse de nous
faire visiter les environs. Il nous a emmenés au nord, à l’Arboretum, un bel endroit qui abrite
l’ordre du Serpent-nuage. C’est une communauté intrépide qui, depuis des générations, dresse,
élève et chevauche les serpents-nuages de la région, des bêtes volantes majestueuses que
j’avais déjà aperçues dans le ciel au-dessus du temple.
Le vénérable Zhu de la Pluie nous a dit qu’il nous accorderait

tout ce qu’on voulait pour nous
remercier d’avoir vaincu les sauroks et rapporté le jade. Ma première idée a été de demander
mon propre serpent (les bébés étaient vraiment adorables), mais oncle Chen a trouvé que ça
irait un peu trop loin. Alors je me suis rabattue sur le deuxième choix : un tour à dos de serpentnuage
!
J’avais déjà volé sur le dos d’une grue géante, chez nous, et même à bord d’un zeppelin gobelin,
mais le serpent-nuage, c’est une classe à part. Il s’est élancé vers le ciel, plus vite que je n’avais
jamais vu aucune bête se déplacer. En montant si haut, j’ai eu une vue dégagée sur ce qui se
trouve derrière la forêt de Jade. À l’ouest, des plaines onduleuses et des terres agricoles. Au
nord-ouest, une chaîne de montagnes incroyablement hautes, aux sommets couverts de neige.
La Pandarie est

immense. J’ai vu tant de choses à découvrir. J’étais là, à explorer un continent
entier, sur lequel aucun pandaren de l’île Vagabonde n’a posé le pied depuis des générations !
Avant de partir pour finir de traverser la forêt, oncle Chen et moi avons décidé d’offrir la Perle
de Pandarie à Zhu de la Pluie. Il nous avait accueillis comme si nous étions de la famille, et en
voyant à quel point les pandarens vénèrent le temple comme un lieu de sagesse et
d’inspiration, nous n’avons pas trouvé de meilleur endroit où faire don de la perle.
L’abandonner n’a pas été facile, mais elle m’avait déjà guidée jusqu’en Pandarie. Il était temps
pour elle de mener quelqu’un d’autre à la rencontre de son destin.
Dans les semaines qui ont suivi, oncle Chen et moi avons marché… puis marché… puis marché
encore. La forêt de Jade semblait ne pas avoir de fin, et dans chaque recoin se cachait quelque
chose de nouveau et de passionnant : des sanctuaires pandarens retirés, des ruines antiques
recouvertes par la végétation, et des monastères perchés haut dans la montagne. Le seul
Le journal de Li Li – Cinquième partie
4
problème était que mon oncle avançait à la vitesse d’un escargot, et s’arrêtait toutes les cinq
minutes pour s’asseoir et « profiter de la vue », comme il disait.
On a fini par atteindre la lisière de la forêt de Jade. Devant nous s’étendait la vallée des Quatre
vents, avec les fermes que j’avais aperçues du dos du serpent-nuage. À ce moment, j’étais
impatiente d’explorer tout ce qui ne ressemblait pas à une forêt, mais jamais je n’aurais pu
m’attendre à ce qu’oncle Chen et moi avons trouvé à l’étape suivante de notre voyage.
C’était une découverte qui allait changer pour toujours tout ce que nous savions sur la famille
Brune d’Orage !
***


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MessagePosté le: 15.11.12 23:15    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Blizzard a récemment mis en ligne le 6ème chapitre du Journal de Li Li. La demoiselle s'arrête ici dans la vallée des Quatre vents, avant de se rendre la prochaine fois dans les étendues sauvages de Krasarang. Vous pouvez lire le récit en ligne, ou le télécharger au format PDF.


Dans les semaines qu’oncle Chen et moi avons passées à explorer la forêt de Jade, j’ai commencé à me sentir complètement étrangère, sans aucun lien avec la Pandarie. Évidemment, mes ancêtres viennent de cette terre, mais c’était il y a des générations. Même si je suis tombée sur quelques hozen (plus gros et encore plus fous que ceux de chez nous), tout le reste du continent était tellement différent de ce que je connais...

Mais ça, c’était avant que je visite la vallée des Quatre vents. C’était comme être chez soi à l’étranger, mais sur une étendue beaucoup plus grande. La vallée, qui est considérée comme le grenier de la Pandarie, était recouverte de terres agricoles qui faisaient passer les Travées de l’île Vagabonde pour un petit jardinet. Je suis sûre qu’une seule récolte de la vallée pourrait nourrir tous les pandarens de Mandori (même un gras-double comme oncle Chen) pendant toute une vie.

Je pourrais remplir tout le journal des choses incroyables que j’ai vues dans la vallée, du vacarme des chutes de Huangtze à la magie des bassins de la Pureté. Mais ce ne sont pas les choses nouvelles qui ont le plus retenu mon attention. C’est plutôt tout ce qui m’était familier et que je n’aurais jamais pensé retrouver aussi loin de chez moi.


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MessagePosté le: 15.11.12 23:16    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

BLIZZARD ENTERTAINMENT
Le journal de Li Li
Sixième partie
Le journal de Li Li – Sixième partie
1
Chapitre six : La vallée des Quatre vents
Dans les semaines qu’oncle Chen et moi avons passées à explorer la forêt de Jade, j’ai

commencé à me sentir complètement étrangère, sans aucun lien avec la Pandarie.

Évidemment, mes ancêtres viennent de cette terre, mais c’était il y a des générations. Même

si je suis tombée sur quelques hozen (plus gros et







encore plus fous que ceux de chez nous),
tout le reste du continent était tellement différent de ce que je connais…

Mais ça, c’était avant que je visite la vallée des Quatre vents. C’était comme être chez soi à

l’étranger, mais sur une étendue

beaucoup plus grande. La vallée, qui est considérée comme
le grenier de la Pandarie, était recouverte de terres agricoles qui faisaient passer les

Travées de l’île Vagabonde pour un petit jardinet. Je suis sûre qu’une seule récolte de la

vallée pourrait nourrir tous les pandarens de Mandori (même un gras-double comme oncle

Chen) pendant toute une vie.

Je pourrais remplir tout le journal des choses incroyables que j’ai vues dans la vallée, du

vacarme des chutes de Huangtze à la magie des bassins de la Pureté. Mais ce ne sont pas les

choses nouvelles qui ont le plus retenu mon attention. C’est plutôt tout ce qui m’était

familier et que je n’aurais jamais pensé retrouver aussi loin de chez moi.

Les premières découvertes sont arrivées alors qu’oncle Chen et moi explorions la vallée aux

côtés de héros venus d’autres terres d’Azeroth. Des voyageurs, tout comme nous.

Rencontrer des étrangers n’a pas été une si grande surprise : oncle Chen m’avait dit qu’il

avait croisé des membres de l’Alliance et de la Horde quelques semaines auparavant

(pendant que je dormais). En fait, les deux factions ont débarqué dans la forêt de Jade et

semé tout un tas de problèmes. Ils ont même embarqué certains indigènes dans leur conflit,

par exemple des hozen et une race de créatures-poissons appelée les jinyu. Heureusement,

oncle Chen et moi étions déjà en train de quitter la forêt quand tout ça est arrivé.
Le journal de Li Li – Sixième partie
2
Peu après avoir pénétré dans la vallée, on a rencontré un certain Gueule de Boue, un gentil

pandaren qui brasse sa propre bière avec de l’eau boueuse. Il était un peu bizarre, ce grand

type, mais je l’ai bien aimé. Et puis d’un coup, juste comme ça, il nous a parlé d’une

brasserie Brune d’Orage dans la région. Oncle Chen et moi, nous ne pouvions pas en croire

nos oreilles. Des cousins, des vrais, vivants, en Pandarie. Et une brasserie ! La nouvelle a fait

avancer Chen plus vite que quelques foulées par heure pour la première fois depuis des

semaines.

Malheureusement, la brasserie était dans un sale état. Des virmens (exactement comme

ceux qu’on a sur l’île Vagabonde) avaient infesté les stocks de céréales et de riz. Des hozen

occupaient certaines parties du bâtiment et y faisaient n’importe quoi. Et, la cerise sur le

gâteau, le Brune d’Orage en charge de la brasserie, oncle Gao, ne voulait même pas de notre

aide ! Mais oncle Chen et moi n’allions pas laisser la plus grande découverte de l’histoire de

notre famille tomber en ruine juste à cause d’un cousin mal luné.

On a fini par éradiquer les nuisibles de la brasserie (heureusement que nos amis étrangers

étaient là pour nous aider). Une fois que tout est revenu sous contrôle, Gao nous a vus d’un

meilleur oeil et a commencé à nous parler. Normalement, il y avait beaucoup d’autres Brune

d’Orage qui vivaient et travaillaient là, mais ils étaient tous partis vers l’ouest pour

combattre une vieille race d’insectoïdes, les mantides. Gao était resté pour prendre soin de

la brasserie. J’imagine que la pression d’être à la hauteur du nom Brune d’Orage avait pesé

lourd sur ses épaules, parce qu’il avait créé quelques bières vraiment instables. Le genre

qui prend vie et essaie de vous tuer, en fait.

Gao ne savait pas quand les autres Brune d’Orage rentreraient, mais il nous a tout raconté

sur eux. Il nous a aussi expliqué l’histoire de la famille dans la vallée, et jusqu’où elle

remontait. Juste devant la brasserie, il nous a montré un vieux sanctuaire dédié à la veuve

Mab Brune d’Orage et à son fils Liao. Papa m’avait parlé d’eux : après la mort tragique du

mari de Mab dans un accident de presse à raisin, elle avait emmené Liao et refait sa vie sur

l’île Vagabonde.
Le journal de Li Li – Sixième partie
3
En plus de la famille Brune d’Orage, il y avait des liens encore plus forts entre la vallée et

notre pays. Gao nous a raconté que Liu Lang, le fondateur de l’île Vagabonde, était né et

avait grandi non loin de la brasserie. Vous imaginez ?! La maison où il est né était proche

d’un village appelé Chasse-Pierre, à la frontière ouest de la vallée.

Chaque jour, j’en apprenais plus sur la région et sur mes lointains cousins. Tout se passait

bien, jusqu’à ce que les mauvaises nouvelles tombent d’un seul coup…

Il se passait quelque chose de







grave loin à l’ouest, sur une muraille gigantesque appelée
l’Échine du Serpent. Il y a des années et des années, les mogu, des brutes géantes qui

régnaient sur la Pandarie jusqu’à ce que mes ancêtres leur bottent les fesses, avaient

construit ce mur immense pour se défendre contre leurs ennemis jurés, les mantides.

Aujourd’hui, c’est les pandarens qui gardent l’Échine du Serpent, mais les insectes ont

récemment percé leurs défenses et ont commencé à envahir le village le plus proche :

Chasse-Pierre !

Oncle Chen et moi avons rejoint un grand groupe de pandarens qui s’étaient rassemblés à

Chasse-Pierre pour repousser les envahisseurs. Nous avons écrasé les mantides, mais j’ai

eu l’impression que cette attaque ne faisait qu’annoncer les suivantes. Les gens du coin

parlaient d’une autre force qui serait derrière les attaques, une puissance ténébreuse et

mystérieuse appelée les sha. Le simple fait de savoir qu’un tel mal pouvait exister en

Pandarie m’a donné des frissons dans le dos.

Les choses se sont calmées un peu après l’attaque. Oncle Chen et oncle Gao passaient toutes

leurs journées dans la brasserie, à discuter de recettes et à tester de nouvelles bières. Ça

m’allait très bien. Chen me ralentissait depuis notre arrivée en Pandarie. Je n’avais qu’une

hâte, partir en exploration de mon côté, et je connaissais l’endroit parfait pour commencer :

les étendues sauvages de Krasarang. C’est là-bas que Liu Lang a quitté la Pandarie pour la
Le journal de Li Li – Sixième partie
4
première fois sur le dos de Shen Zin Su, la tortue qui en grandissant a fini par devenir l’île

Vagabonde !

C’est un des fermiers de la vallée qui m’a parlé de Krasarang. Il m’a averti que c’était un

endroit




très dangereux, mais ça n’a fait que renforcer mon envie d’y aller. Alors j’ai préparé
quelques provisions et j’ai écrit une note pour oncle Chen, pour lui dire où je partais. Il avait

tellement le nez dans ses sacs d’orge et de houblon que je me suis dit que je serais rentrée

avant même qu’il se soit aperçu de mon départ.

Enfin j’étais libre, je traçais mon propre chemin. Prochain arrêt : les étendues sauvages de

Krasarang, et la terre natale de l’île Vagabonde !
***



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MessagePosté le: 21.11.12 17:58    Sujet du message: Le journal de Li-Li Répondre en citant

Le 7ème chapitre du Journal de Li Li est disponible chez Blizzard. Cette fois-ci, la jeune Pandarène se rend dans les étendues sauvages de Krasarang. En bonus, nous avons droit à trois fonds d'écran plutôt sympas que je vous propose de découvrir ci-dessous en 1980x1200, sachant que d'autres résolutions sont disponibles à cette adresse.

Ha oui, j'allais oublier: le récit du jour est disponible au format PDF, ce qui facilitera sa lecture si vous souhaitez l'imprimer ou l'emporter sur votre smartphone/tablette préférée.


 


Même sans oncle Chen pour m’aider, je n’ai eu aucun mal à trouver les étendues sauvages de Krasarang. Mais me traîner à travers la boue du sinistre marécage qui longe la côte a été une vraie épreuve. Le feuillage était si épais qu’il cachait le soleil, et il était presque impossible de s’orienter. Quand je ne trébuchais pas sur des racines tordues, je m’entortillais dans les saletés de lianes qui pendaient des arbres. Et puis, il y avait la faune. Des sauroks, des guêpes géantes, et tout un tas d’autres bestioles énervées tapies dans tous les coins.

C’était vraiment l’aventure que j’avais espérée !

Mais je n’arrivais pas à trouver l’endroit d’où Liu Lang était parti sur Shen Zin Su, et ça m’embêtait. Après des jours de recherche à travers les étendues sauvages sans le moindre résultat, j’ai croisé le chemin d’un pêcheur appelé Ryshan, le premier pandaren que j’avais rencontré depuis un moment. Il venait de livrer une cargaison de poissons au guet de Zhu, un petit avant-poste du nord-est de Krasarang construit pour empêcher les saletés comme les sauroks d’attaquer les voyageurs qui se rendent vers la côte.


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