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WoW: Récit sur Velen chef des Draeneïs

 
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ericnouveau
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MessagePosté le: 16.04.12 11:31    Sujet du message: WoW: Récit sur Velen chef des Draeneïs Répondre en citant

WoW: Récit sur Velen chef des DraeneïsHistoire : la leçon du prophète
16/04/2012 à 09:53 - Actualités -
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Le site officiel de WoW a publié hier le dernier épisode de ses nouvelles consacrées aux dirigeants d’Azeroth. C’est maintenant au tour du prophèe Velen de passer sous les projecteurs.
Cette série compte maintenant douze épisodes, chacun centré sur un des chefs des différentes races du jeu, et vous en apprendra un peu plus sur eux. Si l’univers de Warcraft vous intéresse, vous pouvez également consulter notre propre rubrique « Histoire de WoW ».

Citation:
Marc Hutcheson sur Velen : La leçon du prophète (Source)



Les énergies ondoyantes du Siège du naaru inspiraient aux pèlerins guerriers les plus sanguinaires une paix intérieure, et aux habitants les plus désabusés d’Azeroth une admiration mêlée de crainte. Pour la silhouette qui lévitait devant le Siège, cette colonne de lumière était depuis longtemps devenue une source de réconfort. Depuis sa chambre de méditation, Velen la scrutait en quête de connaissance... cherchant à établir des connexions qui lui permettraient de démêler la trame de l’avenir. Une trame qui lui avait paru ces derniers mois de plus en plus fragmentée...
Tandis que le Prophète des draeneï méditait, les mains posées sur ses genoux noueux, les cristaux qui concentraient ses énergies décrivaient une danse chaotique et lumineuse autour de lui. Et dans ses visions, il était assailli par une infinité de lendemains possibles.
Une gnome, lasse et dépenaillée, tirait une étrange machine dans la poussière d’Outreterre, laissant dans les dunes derrière elle deux sillons sinueux. Des Éthériens aux énergies enturbannées l’observaient s’échiner sans aucune intention de l’aider ou d’intervenir.
Le redresseur de torts Maraad combattait un ennemi invisible avec son énorme marteau cristallin, avant de tomber à genoux, la poitrine transpercée par une lance noire comme la nuit dont le tranchant dégageait une fumée poisseuse et huileuse.
L’imposante forme cuirassée d’Aile de mort survolait un monde calciné, avant de se poser sur un arbre brisé et carbonisé si gigantesque qu’il ne pouvait s’agir que de Nordrassil, tandis que des suppliants drapés de pourpre s’avançaient en longues files avant de se jeter dans une faille volcanique.
Les yeux de Med’an, Gardien de Tirisfal, s’embuaient de ces larmes qui rarement ruissèlent sur un visage orque – le regard si vulnérable et meurtri qu’il aurait brisé le cœur le plus dur.
Mais pas celui de Velen.
Le Prophète avait depuis longtemps appris à rester insensible à ses visions qui l’auraient autrement rendu fou. Le troisième œil de la prophétie avait été son compagnon depuis si longtemps que les prémonitions étaient pour lui aussi naturelles que sa respiration. Les fragments de cristal d’Ata’mal l’avaient transformé en sentinelle observant des univers parallèles infinis, parfois jusqu’à leur disparition dans les ténèbres, la glace ou le feu. Ces avenirs n’éveillaient en Velen aucune émotion. Il ne pleurait pas leur anéantissement et ne s’exaltait pas devant leurs triomphes. Il se contentait de les étudier, d’observer leur trame complexe, cherchant les chemins qui menaient au triomphe ultime, où la vie et la Lumière repoussaient les ténèbres et sauvaient l’univers de l’annihilation. Que représentaient ces évènements mineurs que semblaient chérir la plupart des mortels – même ses propres draeneï – face à l’incommensurable responsabilité d’assurer la survie de la création ?
Velen fouillait ces images qui défilaient devant lui à vitesse vertigineuse, en quête d’un indice, d’un repère qui lui indiquerait la voie. Mais il ne trouvait rien.
* * *
Anduin Wrynn était agenouillé dans la terre meuble, les mains posées sur un flagellant – l’une des rares mutations restantes provoquées par l’arrivée de l’Exodar sur Azeroth. Sans violence, deux draeneï maintenaient la créature immobile pour le jeune prince afin qu’elle ne se libère pas pendant qu’il canalisait la puissance de la Lumière entre ses mains. Les draeneï s’étaient autrefois donnés pour mission de réparer la destruction provoquée par leur arrivée, mais leurs pouvoirs s’étaient ensuite avérés nécessaires à d’autres endroits, d’abord dans la guerre contre la Légion ardente, puis dans la marche vers le domaine glacé du roi-liche, et aujourd’hui... dans les conséquences du Cataclysme.
Certaines des monstruosités nées de l’accident avaient ainsi été oubliées dans la confusion. Elles erraient depuis dans la souffrance et la folie, ayant oublié leur rôle initial. La première fois qu’Anduin en avait aperçu une, son dégoût avait rapidement cédé la place au chagrin. Je dois l’aider. Je dois essayer... Dès la fin de ses premières leçons avec Velen, le prince était parti explorer les étendues sauvages de l’île de Brume-azur, suivi par son escorte de draeneï. À présent, ces derniers ne servaient plus que de liens de fortune tandis qu’il canalisait la Lumière pour soigner le mutant et calmer sa folie. Anduin ne comprenait pas quel était le problème de la créature. Il n’avait pas besoin de comprendre.
La Lumière savait. Son énergie parcourut le corps du jeune prince, devenu l’instrument de son pouvoir pour soigner la créature en souffrance. Après un acte de guérison, Anduin avait toujours le sentiment d’avoir trouvé sa place, son utilité. Son talent avait été pour lui une révélation depuis qu’il avait rejoint les draeneï. La tutelle de l’ancienne race, particulièrement celle de l’Éternel, le Prophète, lui avait apporté une grande confiance en lui. Père, que tu le comprennes ou non, j’avais raison. Magni avait raison. C’est ma vocation



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MessagePosté le: 16.04.12 11:31    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: 16.04.12 11:32    Sujet du message: WoW: Récit sur Velen chef des Draeneïs Répondre en citant

BLIZZARD ENTERTAINMENT
Velen :

La leçon du prophète
Marc Hutcheson
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 1
Les énergies ondoyantes du Siège du naaru inspiraient aux pèlerins guerriers les plus sanguinaires une

paix intérieure, et aux habitants les plus désabusés d’Azeroth une admiration mêlée de crainte. Pour la

silhouette qui lévitait devant le Siège, cette colonne de lumière était depuis longtemps devenue une

source de réconfort. Depuis sa chambre de méditation, Velen la scrutait en quête de connaissance...

cherchant à établir des connexions qui lui permettraient de démêler la trame de l’avenir. Une trame qui

lui avait paru ces derniers mois de plus en plus fragmentée...

Tandis que le Prophète des draeneï méditait, les mains posées sur ses genoux noueux, les cristaux qui

concentraient ses énergies décrivaient une danse chaotique et lumineuse autour de lui. Et dans ses

visions, il était assailli par une infinité de lendemains possibles.
Une gnome, lasse et dépenaillée, tirait une étrange machine dans la poussière d’Outreterre, laissant

dans les dunes derrière elle deux sillons sinueux. Des Éthériens aux énergies enturbannées l’observaient

s’échiner sans aucune intention de l’aider ou d’intervenir.

Le redresseur de torts Maraad combattait un ennemi invisible avec son énorme marteau cristallin, avant

de tomber à genoux, la poitrine transpercée par une lance noire comme la nuit dont le tranchant

dégageait une fumée poisseuse et huileuse.

L’imposante forme cuirassée d’Aile de mort survolait un monde calciné, avant de se poser sur un arbre

brisé et carbonisé si gigantesque qu’il ne pouvait s’agir que de Nordrassil, tandis que des suppliants

drapés de pourpre s’avançaient en longues files avant de se jeter dans une faille volcanique.

Les yeux de Med’an, Gardien de Tirisfal, s’embuaient de ces larmes qui rarement ruissèlent sur un visage

orque – le regard si vulnérable et meurtri qu’il aurait brisé le coeur le plus dur.
Mais pas celui de Velen.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 2
Le Prophète avait depuis longtemps appris à rester insensible à ses visions qui l’auraient autrement

rendu fou. Le troisième oeil de la prophétie avait été son compagnon depuis si longtemps que les

prémonitions étaient pour lui aussi naturelles que sa respiration. Les fragments de cristal d’Ata’mal

l’avaient transformé en sentinelle observant des univers parallèles infinis, parfois jusqu’à leur disparition

dans les ténèbres, la glace ou le feu. Ces avenirs n’éveillaient en Velen aucune émotion. Il ne pleurait pas

leur anéantissement et ne s’exaltait pas devant leurs triomphes. Il se contentait de les étudier,

d’observer leur trame complexe, cherchant les chemins qui menaient au triomphe ultime, où la vie et la

Lumière repoussaient les ténèbres et sauvaient l’univers de l’annihilation. Que représentaient ces

évènements mineurs que semblaient chérir la plupart des mortels – même ses propres draeneï – face à

l’incommensurable responsabilité d’assurer la survie de la création ?

Velen fouillait ces images qui défilaient devant lui à vitesse vertigineuse, en quête d’un indice, d’un

repère qui lui indiquerait la voie. Mais il ne trouvait rien.

* * *

Anduin Wrynn était agenouillé dans la terre meuble, les mains posées sur un flagellant – l’une des rares

mutations restantes provoquées par l’arrivée de l’











Exodar sur Azeroth. Sans violence, deux draeneï
maintenaient la créature immobile pour le jeune prince afin qu’elle ne se libère pas pendant qu’il

canalisait la puissance de la Lumière entre ses mains. Les draeneï s’étaient autrefois donnés pour

mission de réparer la destruction provoquée par leur arrivée, mais leurs pouvoirs s’étaient ensuite

avérés nécessaires à d’autres endroits, d’abord dans la guerre contre la Légion ardente, puis dans la

marche vers le domaine glacé du roi-liche, et aujourd’hui... dans les conséquences du Cataclysme.

Certaines des monstruosités nées de l’accident avaient ainsi été oubliées dans la confusion. Elles

erraient depuis dans la souffrance et la folie, ayant oublié leur rôle initial. La première fois qu’Anduin en

avait aperçu une, son dégoût avait rapidement cédé la place au chagrin.

Je dois l’aider. Je dois essayer...
Dès la fin de ses premières leçons avec Velen, le prince était parti explorer les étendues sauvages de l’île

de Brume-azur, suivi par son escorte de draeneï. À présent, ces derniers ne servaient plus que de liens

de fortune tandis qu’il canalisait la Lumière pour soigner le mutant et calmer sa folie. Anduin ne

comprenait pas quel était le problème de la créature. Il n’avait pas besoin de comprendre.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 3
La




Lumière savait. Son énergie parcourut le corps du jeune prince, devenu l’instrument de son pouvoir
pour soigner la créature en souffrance. Après un acte de guérison, Anduin avait toujours le sentiment

d’avoir trouvé sa place, son utilité. Son talent avait été pour lui une révélation depuis qu’il avait rejoint

les draeneï. La tutelle de l’ancienne race, particulièrement celle de l’Éternel, le Prophète, lui avait

apporté une grande confiance en lui.

Père, que tu le comprennes ou non, j’avais raison. Magni avait
raison. C’est ma vocation.
Cette pensée l’attrista. Il aimait son père, mais le gouffre de caractère et d’expérience qui existait entre

Varian et Anduin était trop important.


Pourquoi refuses-tu de le comprendre, Père ? Je suis différent. En
quoi est-ce mal ? Ne peut-on rien apprendre de nos différences ? Ne puis-je rien t’apporter ?
Pour sa part, Anduin regrettait leur dispute. Son père insistait pour le traiter comme un enfant, alors que

le Prophète, Magni et les autres le voyaient différemment et reconnaissaient sa valeur naissante. Anduin

et son père s’étaient disputés pendant la réunion de l’Alliance à Darnassus, et Varian l’avait violemment

empoigné par le bras jusqu’à lui faire mal. C’était juste après cet incident qu’Anduin avait connu l’instant

de fierté le plus important de toute sa vie. Le Prophète s’était adressé à lui avec cette voix surnaturelle,

l’invitant à venir étudier à l’


Exodar sous sa tutelle.
Pourquoi n’as-tu pas compris que je devais partir, Père ? Pourquoi n’as-tu pas compris que cette

invitation était un honneur ?
Anduin se concentra de nouveau sur le présent, cessant de s’apitoyer pour se concentrer sur le

flagellant. Dans son coeur, il fit le voeu de ne jamais oublier l’incroyable expérience qu’il vivait. La

guérison était trop souvent considérée comme un acte routinier, un miracle devenu banalité, mais

Anduin savait que la source de ce pouvoir, la Lumière, ne le voyait pas ainsi. Chaque vie,


toute vie, était
un miracle.

Aux pieds du prince se trouvait à présent une magnifique créature végétale à larges pétales, violette et

verte, droite et forte. Les draeneï la libérèrent. L’un d’entre eux inclina la tête en signe de

reconnaissance.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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Entendant un bruit derrière lui, Anduin sursauta, sortant totalement de la transe de guérison pour se

rendre compte que son royal séant baignait dans la boue.




La dignité incarnée, pensa-t-il. Père serait ravi.
Le prince se releva. Devant lui se tenait un grand draeneï portant une lourde armure – un Bouclier, l’un

des gardes personnels de Velen. « Le Prophète sollicite votre présence, prince Anduin », dit-il.

* * *

Les réfugiés étaient d’abord arrivés un par un, ou deux par deux, dans des barques prenant l’eau et des

embarcations de fortune, bravant l’inconnu pour fuir l’horreur. La rumeur s’était répandue que les

draeneï avaient le pouvoir de résister à la destruction du monde et qu’on pouvait trouver refuge sur l’île

de Brume-azur. Et pour tous ces exilés, la rumeur valait mieux que la réalité de leur vie. Au début, les

draeneï avaient offert leur aide, trouvant pour les réfugiés un lieu près de l’

Exodar, en les soignant et en
partageant leur eau et leur nourriture. Mais les exilés avaient contacté leurs amis et leurs familles, et la

nouvelle circulait dans tout Kalimdor :

Le Prophète protège Brume-azur. Le Prophète a prédit le
Cataclysme et il nous sauvera tous


. Les réfugiés arrivèrent alors par dizaines, par vingtaines... puis par
centaines. Aujourd’hui, le refuge abritait un millier d’exilés, et les draeneï se retrouvaient débordés par

leurs besoins.

Les chuchotements dans le camp finirent par prendre un ton plus sinistre.

Le Prophète refuse de nous
recevoir. Les draeneï le cachent dans les salles de leur vaisseau. Ils ressemblent vraiment à des démons

avec leurs sabots, non ?
Anduin avait passé du temps parmi les réfugiés, les soignant, encourageant la foi en la Lumière

éternelle, agissant avec un calme qui impressionnait les adultes en sa présence... et qui les laissait

perplexes dès qu’il partait. Le prince avait demandé plusieurs fois à ces âmes perdues pourquoi ils

n’avaient pas cherché la protection de son père, ou celle de Hurlevent. Ils répondaient sans oser le

regarder, prétendant que son père était un grand roi mais que contrairement au Prophète, il ne voyait

pas l’avenir.


Nous ne voulons pas vous faire de peine, semblaient-ils dire, mais votre père n’est qu’un
homme. Le Prophète n’est pas un simple mortel.


Après avoir réfléchi à ces discussions comme s’il
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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résolvait une énigme, Anduin avait réalisé que les actes des réfugiés n’étaient pas simplement basés sur

la foi en un prophète qu’ils n’avaient jamais rencontré. Ces gens vivaient en marge de la société. Pour

eux, l’ordre de l’autorité était une chose à craindre, pas une protection. Le prince avait ensuite cessé de

poser des questions.

Quand il traversa le camp pour aller voir Velen, escorté par les draeneï, il était un visage familier.

Pourtant il n’était pas des leurs. Il ressentait cette distance, ce gouffre né de son sang royal, de sa

maîtrise de la Lumière et du traumatisme de son enfance. Parfois, il aurait souhaité être plus... normal.

Mais alors que les épreuves et les énergies étranges de l’adolescence approchaient, il commençait à

comprendre que ces différences étaient une nécessité. Il avait un rôle unique à remplir : diriger et

protéger son peuple. Et ce n’était ni un privilège, ni une source de pouvoir personnel. C’était un devoir.

Les réfugiés étaient tous humains. Sans doute les nains étaient-ils trop fiers pour abandonner leurs

foyers ; les elfes de la nuit, eux, demeuraient imperturbables même face à la rage d’Aile de mort ; quant

aux gnomes, ils se comportaient... comme des



gnomes. Pourquoi craindre le feu et les séismes quand
une explosion était pour eux un risque quotidien ?

Les réfugiés avaient peur, ils avaient faim et ils étaient malades. Le campement était régulièrement

ravagé par les maladies, et le jeune prince usait de ses talents de guérisseur à chaque épidémie. Vu ses

efforts, il lui fut impossible de ne pas se sentir blessé par les commentaires qu’il surprit alors qu’il passait

près d’un groupe de réfugiés assis en cercle, occupés à de vaines conversations. « Le favori de

l’étranger. » « Le Prophète reçoit l’enfant, mais il refuse de nous voir ? » Passant son chemin, il

n’entendit pas le reste de l’échange. Anduin consacrait beaucoup de temps à observer les gens et il

savait lire leurs pensées rien qu’en regardant leur visage. Et aujourd’hui, il voyait dans les regards de

bon nombre d’exilés les accusations dont il venait tout juste de faire l’objet. L’hostilité du campement

était évidente, et cacher son ressentiment devenait difficile.

J’ai fait tout mon possible pour les aider,
pensa le prince.

Puis un horrible doute l’assaillit.

Pourquoi Velen refuse-t-il de les voir ?
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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* * *

Le chevaucheur de griffon finit par oublier la morsure du froid et le souvenir du nord moribond dans les

chaudes régions de Kalimdor. Le fardeau du griffon était plus lourd et plus silencieux que ce à quoi

l’animal était habitué. Généralement, ceux qui étaient liés à la terre étaient soit émerveillés par le

nouveau point de vue que leur offrait le vol, soit terrorisés par les manoeuvres aériennes familières aux

créatures volantes. Même quand le voyageur ordinaire ne bronchait pas, ses exclamations et la tension

dans ses jambes étaient toujours révélatrices pour le griffon sensible et observateur. À l’inverse, la

sérénité et l’immobilité étaient... naturelles pour son cavalier actuel.

Pour quelqu’un qui avait visité bien des mondes et combattu la Légion ardente dans un conflit sans fin,

un vol au-dessus d’Azeroth n’avait rien d’intimidant. Le redresseur de torts Maraad était trop préoccupé

pour se soucier de la beauté du paysage. Le nord était en sécurité ; le roi-liche avait été vaincu. Il était

temps pour lui d’utiliser ses énergies ailleurs. Il avait entendu parler du retour du Destructeur, de la

dévastation qui menaçait Azeroth, mais il était draeneï : en quoi était-il concerné par les problèmes d’un

monde unique ? La Légion arpentait toujours le Néant distordu, détruisant probablement toute forme

de vie que l’armée démoniaque rencontrait.

Survolant Brume-azur au clair de lune, il fut surpris de voir des myriades de lumières, miroir imparfait du

ciel étoilé. Un instant, comme sous l’effet d’un étrange caprice de ses pensées, Maraad vit dans chaque

lumière un monde miniature, mais il releva aussitôt la tête. Le ciel était son domaine. À jamais.

Était-ce une armée qui campait près de l’



Exodar ? Pourquoi ne lui avait-on rien dit ?
Le griffon traversa un portail métallique dans la coque de l’

Exodar. Stephanos, maître des hippogriffes,
l’attendait. Stephanos s’inclina.

« Mes félicitations pour votre victoire dans le nord, redresseur de torts. Je suis ravi de vous voir de

retour chez nous.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 7
— Chez nous ? Nous n’avons aucun foyer, mon frère. Pas véritablement. Nous sommes des vagabonds

de l’univers, les exilés de l’Argus perdu. Jamais nous ne devons l’oublier. Quels sont ces feux de camp

que j’ai aperçus en arrivant ? Une armée oserait-elle attaquer notre île ?

— Non, redresseur de torts. Ce sont des réfugiés qui fuient les horreurs du Cataclysme. Ils espèrent que

le Prophète pourra les sauver. »

Maraad plissa le front, une expression insolite sur son visage. « Comme nous tous, mon frère. »

Le redresseur de torts n’attendit pas la réponse. Il prit rapidement la direction du Siège puis, sans

s’arrêter, bifurqua vers les appartements de Velen. Ses sabots résonnaient à chaque pas sur le sol

cristallin. Lorsqu’il passa devant les deux Boucliers qui montaient la garde à l’entrée, Maraad les scruta,

comme pour tester leur vigilance.




Plus jamais, pensa-t-il. Draenor a suffi.
C’est seulement à l’entrée de la salle d’audience du Prophète qu’un des gardes s’avança pour lui barrer

la route. Il n’en attendait pas moins.

« Je suis le redresseur de torts Maraad, ancien commandant de l’Alliance à Norfendre », annonça-t-il sur

un ton quasi rituel. « Je désire une audience avec le Prophète.

— Le Prophète ne reçoit personne, redresseur de torts Maraad. Je suis désolé de devoir vous refuser

cette requête après votre long voyage. »
Ça



, il ne s’y attendait pas.
« Il est pourtant tôt. Vous voulez dire que le Prophète

refuse de me voir ? Je suis venu de Norfendre
pour le voir, et vous ne lui avez même pas posé la question. »

Le Bouclier était visiblement mal à l’aise. « Une fois encore, mes excuses, redresseur de torts. Il ne reçoit

personne pour le moment.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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— Et si je reviens demain matin ?

— Cela ne fera aucune différence, redresseur de torts. Le prophète n’a reçu personne depuis des

semaines, à l’exception du prince humain. Mais je l’informerai de votre visite et je vous convoquerai s’il

modifie ses instructions. »

Maraad fixa le Bouclier quelques instants, ne laissant rien transparaître de ses pensées, puis il s’en

retourna d’où il était venu.

* * *

Anduin se tenait devant son mentor dans un silence contemplatif. Il était impossible de vraiment

concevoir l’âge et la sagesse de Velen. Comme la plupart des jeunes, le prince l’acceptait simplement

comme une force de la nature, au même titre que le soleil ou les lunes. Le Prophète lui tournait le dos.

Velen était en lévitation, en position de méditation, comme le jeune garçon l’avait si souvent vu ces

dernières semaines.

« Pourquoi ne pas avoir prévenu le monde au sujet du Cataclysme ? » demanda soudain Anduin.

Velen ne bougea pas. Aucun mouvement ne trahissait les pensées du Prophète, mais le silence qui

s’ensuivit parut soudain particulièrement




pesant.
« Je dois trouver la voie pour que la Lumière nous illumine au-delà de la Légion et de sa mission de

destruction. Je suis le seul à pouvoir la voir, à pouvoir la révéler aux forces de la Lumière. »

Anduin réfléchit un instant. « Ce doit être un terrible fardeau. »

Toujours en lévitation, le Prophète se retourna lentement vers le prince. « C’est la raison pour laquelle

j’arpente les routes de demain. La Légion et les Dieux très anciens fragmentent la trame de l’avenir,

mais si je parviens à trouver ces failles, si je peux réunir les peuples mortels, nous parviendrons peutêtre

à éviter le désastre.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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— Et si vous échouez ? »

Le visage serein de Velen laissa place pendant un instant à un masque de douleur et de chagrin, rendu

d’autant plus effrayant par sa disparition tout aussi soudaine.

« Laisse-moi te montrer quelque chose », murmura le vieux draeneï. Il se redressa et s’approcha.

Toujours flottant à quelques centimètres des plaques de métal de l’




Exodar, le Prophète plaça une main
sur le front du prince.

« Je suis désolé. Mais il le faut », dit-il.
L’



Exodar disparut, remplacé par d’immenses étendues noires ponctuées de lumières et d’énergies
mystiques. Puis, après une soudaine accélération, Anduin se retrouva dans un lieu étrange, sous un ciel

inconnu. Quatre lunes semblaient vouloir capter son attention. Une atmosphère ambrée et des

formations rocheuses bleutées se tordaient dans toutes les directions. Anduin ne vit pas d’eau, pourtant

la roche colorée lui donna comme l’impression de vagues s’entrechoquant, soudain figées par le caprice

d’un artiste divin. Autour de lui, des créatures extraordinairement variées parcouraient le ciel et la terre,

dont certaines, si insolites, défiaient toute tentative de description. Des couleurs, différents moyens de

locomotion, silhouettes formées par la danse, le jeu ou la guerre... Rien de tout cela ne semblait avoir de

sens, et Anduin avait du mal à appréhender la moindre vision dans ce formidable tourbillon

d’abstractions chaotiques.

Et la Lumière ! Il se sentit enveloppé par l’aura qui émanait avec brillance de toutes ces créatures

étranges, aussi puissante que partout ailleurs en Azeroth.

Le ciel s’assombrit. D’abord, un rouge rageur annonciateur de mort emplit les cieux d’ambre. Quelques

instants plus tard, la couleur commença à virer au vert nauséeux. Le ciel malade vomit alors des comètes

de feu qui s’écrasèrent au sol, dispersant les pauvres créatures prises de panique. Les comètes, énormes

et menaçantes, sortirent ensuite de leurs cratères, semant la mort autour d’elles avec une efficacité

impitoyable. Près du prince, l’air se déchira pour déverser une véritable vision d’horreur : des démons
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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ailés et des succubes brandissant un feu jaune-verdâtre et déchaînant une puissante magie se mirent à

tout détruire sur leur passage. Quand l’armée des ténèbres eut fini de se déployer, une forme

gigantesque émergea à son tour de la faille. Anduin remarqua tout de suite qu’elle ressemblait à un

draeneï.

Cet être désintégra les sculptures de roche qui l’entouraient, créant ainsi un espace lui permettant de

s’agenouiller dans la poussière de sa destruction pour dessiner des symboles de puissance maléfique de

son doigt griffu. Quand il eut terminé, il y eut un instant de silence parfait. Le massacre cessa, le monde

entier retint son souffle, comme paralysé par l’horreur.

Puis une explosion retentit.

Les énergies soudain libérées fracassèrent la surface du monde. Anduin hurla, terrorisé, et leva les bras

pour se protéger. Mais la magie le traversa sans le blesser. La Légion retraversa le portail pour retourner

dans le domaine des démons. Derrière eux, il ne restait... plus rien. Du moins, rien de vivant. Même les

incroyables formations rocheuses – Anduin ne saurait jamais si elles étaient naturelles ou sculptées par

les formes de vie étrangères qu’il avait vues – avaient été annihilées. Il ne restait que poussière et

matière désintégrée. Même le ciel était empli de nuages, voilant la vision des quatre lunes.
Puis, heureusement, la vision s’estompa.

Anduin était à nouveau face au Prophète et malgré ses efforts pour se retenir, il se mit à pleurer, furieux

de sa propre faiblesse.

« Il n’y a aucune honte à pleurer un tel gaspillage de vie », dit Velen avec douceur.

« Quel était ce monde ? Quand est-ce arrivé ? » demanda le prince, entre deux sanglots.

« J’ignore son nom. Ses habitants ne communiquaient pas d’une façon intelligible pour nous, et aucune

des races mortelles de ce monde ne connaît cet endroit. Je l’ai appelé Fanlin’Deskor : Ciels d’Ambre et
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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Roches des Merveilles. Comme je doute que la Légion garde archive de ses victimes, ou daigne même se

les rappeler, nous sommes probablement les deux seuls dans l’univers à savoir que ce monde a existé. »

« Comme c’est triste », murmura Anduin.

« Oui. Si la Lumière le veut, quand l’ultime victoire sera nôtre, je construirai une tour sur un de ces

mondes perdus, et je les archiverai tous pour ma pénitence.

— Pénitence ? Mais pour quoi ? Vous avez tout fait pour nous aider, Velen !

— Il y a fort longtemps, je n’ai pas pu convaincre mes frères de changer d’avis, et la création en a payé le

prix. » Velen revint ensuite sur la raison qui l’avait poussé à montrer cette vision à Anduin. « Mon but

était de te montrer les conséquences d’une défaite. Aussi redoutable que soit le Cataclysme ou Aile de

mort,








notre guerre est bien plus importante. Ce n’est pas un seul monde que nous défendons, mais
tous. »

Anduin savait que ses leçons touchaient à leur fin lorsque le Prophète reprit sa méditation, le regard

perdu dans les énergies du Siège. Alors qu’il ouvrit la porte de la chambre pour prendre congé, le prince

entendit une dernière fois le Prophète.

« Oui, mon enfant, c’est un

terrible fardeau. »
* * *
Les dernières paroles du Prophète hantèrent Anduin pendant le restant de la journée, et jusque tard

dans la nuit. Troublé, il se retournait dans son lit, ne parvenant pas à trouver le sommeil réparateur dont

il avait besoin. Quand il s’endormit enfin, il fut assailli par des rêves aussi clairs que saisissants.
Des feux démoniaques et des mondes fracassés tournoyaient dans un ciel noir sans soleils ni lunes.

Toutes les lumières de l’univers étaient éteintes, telles les bougies d’un sanctuaire qui auraient été

soufflées par le froid baiser du vent. Et pourtant, bien plus que l’absence de lumière, c’était le silence qui
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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perturbait le plus Anduin. Il était insupportable, inconcevable même, qu’un univers vivant fut aussi

silencieux.

La première pensée qui lui traversa l’esprit, alors qu’il assistait à la fin du monde, fut qu’il ne reverrait

plus jamais son père... et qu’il n’aurait jamais l’occasion de combler le gouffre qui les séparait désormais.

Et c’est alors qu’il réalisa qu’aucun fils dans l’univers ne pourrait plus jamais dire à un père à quel point il

l’aimait, ou prononcer les mots réconfortants : « Je suis désolé ». Au-delà du silence et des étoiles

éteintes, c’était la mort des probabilités et de l’espoir qui le remplissait le plus d’horreur.

Puis il perçut un bruit. Ce ne fut d’abord qu’une vibration dans la nuit, et pourtant cette légère

perturbation de l’air paraissait si pure et si forte. Une lueur apparut, puis plusieurs. La vibration se

multiplia, sur différentes octaves, les lumières et les sons fusionnant en une véritable marée ascendante

de couleurs et de mélodies. Des êtres de Lumière entouraient Anduin, le sauvant des ténèbres en lui

chantant un hymne d’espoir, en un choeur qui allait sauver l’univers.

Au milieu de cette symphonie apparut le visage d’un des réfugiés, un homme que le prince avait vu à

plusieurs reprises, mais dont il ignorait le nom. Les êtres psalmodièrent en chantant : « Chaque vie, un

univers. »
Il s’éveilla, les cheveux collés par la sueur tant le rêve avait été intense.







Vision, c’était une vision...
Pourtant, ce qu’il avait vu l’avait réconforté. Il se rendormit, et cette fois, heureusement, ne rêva que de

choses sans importance.

* * *

Maraad se tenait dans une grande salle circulaire aux murs gravés de runes luisantes. Trois ancêtres

draeneï se trouvaient au centre de la salle, portant de belles armures étincelantes aux formes

gracieuses. Ils étaient entourés d’un groupe de paladins et de redresseurs de torts, tous membres d’une

hiérarchie qui ne tolérait aucun ego, que ce soit à sa base ou à son sommet.
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Ces trois ancêtres formaient le Triumvir de la Main – Boros, Kuros et Aesom. Les autres personnages

représentaient l’élite draeneï : la Main d’Argus. Depuis son retour, Maraad avait appris que, comme lui,

le Triumvir était revenu à bord de l’




Exodar afin de reprendre contact avec les frères d’Azeroth et de
décider quels seraient les prochains objectifs de leur peuple après les évènements récents.

Cela faisait trop longtemps que Maraad avait participé au conseil du gouvernement draeneï en présence

du Triumvir. Il avait oublié à quel point leur discours pouvait être ordonné et mesuré, à quel point le

rythme raisonné des conversations pouvait être réconfortant après les joutes verbales et les réactions

imprévisibles des autres peuples de l’Alliance. Ce contraste devint encore plus flagrant lorsque la longue

discussion concernant la situation des réfugiés fut calmement interrompue par le redresseur de torts

Romnar. Romnar dirigeait les opérations de réparation du vaisseau dimensionnel draeneï, l’

Exodar, et
quand le débat sur la façon de gérer l’arrivée des étrangers sur l’île commença à se perdre en vaines,

mais courtoises, circonvolutions, il déclara :

« Tout cela pourrait se révéler inutile d’ici peu. L’

Exodar est quasiment réparé. »
Si elle avait été faite à bord du

Brise-ciel aux dirigeants de l’Alliance à Norfendre, une annonce d’une
telle importance aurait provoqué un tonnerre de discussions et de commentaires. Ici, la nouvelle fut

accueillie avec des sourires satisfaits, et une main se posa sur l’épaule de Romnar.

Bravo, semblait dire
l’humeur de la salle.

« Qu’entendez-vous par "quasiment" ? » demanda Maraad.

« Une semaine. Nous avons déjà réparé tous les systèmes principaux. Il ne reste plus qu’à nettoyer et à

renforcer les secteurs qui affichent des faiblesses.

— Nous pourrions réveiller notre vaisseau dans

moins d’une semaine ? Qu’en pense le Prophète ? »
continua Maraad.

Un silence embarrassant lui répondit.
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« Il n’en sait rien ? » s’étonna-t-il, incrédule.

« Il refuse de nous recevoir », répondit Aesom. « Nous avons laissé un message aux boucliers, mais nous

attendons toujours une réponse.

— Suis-je le seul que cela trouble ? » demanda Maraad, regrettant ses paroles alors même qu’il les

prononçait.




Je suis resté trop longtemps loin des miens et de l’Exodar. Bien sûr qu’ils étaient tous
troublés. Leur silence n’indiquait pas leur approbation, mais leur inquiétude.
Que faire quand



le Prophète semble s’être égaré ?
Un draeneï dont Maraad ignorait le nom intervint avant que quelqu’un puisse répondre.

« Les réfugiés sont à nos portes. Ils exigent de voir le Prophète. »
Comme nous tous



, pensa Maraad avec une ironie amère.
* * *
Pourquoi ne pas avoir prévenu le monde au sujet du Cataclysme ?



La simple question pleine de bon sens
d’un enfant mortel résonnait telle une accusation dans la salle silencieuse, brisant sa contemplation de

la Lumière. Velen avait esquivé les questions, embrouillé une situation qu’il aurait dû éclairer. Il était luimême

surpris par sa réaction.

Suis-je encore capable de tromper le monde ? Même après tout ce temps ?
Non seulement les autres, mais aussi moi-même ?
Pourquoi un


prophète ne préviendrait-il personne d’une calamité ?
Il l’avait vue clairement : l’ombre cuirassée de la nuit recouvrant Azeroth, étouffant le monde dans le feu

et la souffrance. Il avait vu Azeroth anéantie des dizaines de fois par l’apocalypse, mais aussi mille

petites victoires et défaites dans tous les avenirs de ses visions. Et la Lumière, son aimant, la boussole

qui l’aidait à naviguer les mers incertaines de ses visions, ne l’avait pas guidé directement vers le
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Cataclysme ; elle n’avait indiqué le retour destructeur d’Aile de mort que comme une possibilité parmi

tant d’autres. À quoi servait un prophète qui ne savait plus faire la différence entre une véritable et une

fausse vision ?

Velen essaya de bannir la question de l’enfant de son esprit et de se concentrer à nouveau à recouvrer

sa capacité à discerner la vérité dans ses visions innombrables... avant de succomber à la folie, ou bien

qu’il ne soit trop tard. Lorsque le bouclier qui gardait ses appartements le supplia d’accepter une

audience pour le Triumvir, le prophète ne l’entendit même pas.
Il avait vu l’






Exodar réparé plonger dans le Néant, avalé par les ténèbres sans espoir de retour.
Il l’avait vu exploser lors de son lancement, tuant la plupart des draeneï et calcinant Brume-azur.

Il l’avait vu se poser sur Outreterre, et les draeneï soigner leur ancienne terre d’exil.

Il avait vu les draeneï réparer leur vaisseau dimensionnel pour le laisser amarré sur Azeroth. Parfois, la

trame de ces avenirs menait aux ténèbres, et d’autres fois, non.
Velen refusait de faire des


suppositions, même les mieux informées. Sans la Lumière pour le guider, il se
sentait impuissant.

Le Triumvir décidera, pensa-t-il.
Enfin libéré de ces distractions extérieures, il retourna à sa méditation, cherchant désespérément la

voie.

* * *

Maraad se tenait à l’écart et tentait de cacher son dégoût. La plupart de ses contacts avec les humains

s’étaient faits jusqu’alors avec des héros de Norfendre parfois impétueux, mais toujours courageux. Il lui

était difficile de croire que ces créatures loqueteuses – à qui il manquait des dents, la politesse et un

semblant d’intellect – appartenaient à la même race que ces humains aux côtés desquels il avait été fier

de combattre.
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« On veut voir le Prophète », grogna l’un d’eux, le visage malformé, dans un Commun à peine

reconnaissable. « Il réglera tout ça.






C’est votre porte-parole ? », Maraad ne put s’empêcher de demander à haute voix. Son insulte à
peine voilée ne fut ni entendue, ni remarquée.

« Le Prophète ne reçoit personne, l’ami. Nous aussi avons besoin de ses sages conseils en cette période

noire. Il nous parlera quand il le choisira », dit un garde-paix de l’

Exodar.
« Mensonge. Il voit le prince de Hurlevent !

— Le prince Anduin étudie le pouvoir de la Lumière sous la tutelle du Prophète. Vous devriez être

honorés, voire emplis d’humilité, que l’Éternel s’intéresse à l’un des vôtres. Qui sait quelle bénédiction

votre peuple pourra en tirer ?

— Quelle arrogance ! Qui es-tu pour nous dire qu’on a besoin d’humilité, hein ?

Qui es-tu ? Un démon à
sabots, moi je dis ! »

Il n’y avait pas pire insulte que de rappeler aux draeneï leur parenté avec les érédars de la Légion. Les

yeux du garde-paix s’étrécirent dangereusement ; sa main approcha de l’épée cristalline brillante qu’il

portait au flanc. Voyant ce geste, Maraad empoigna le manche de son grand marteau. Plusieurs autres

draeneï se dressèrent, comme pour avancer vers la « délégation ». Les humains reculèrent

instinctivement. Leur semblant de cerveau était peut-être stupide, mais l’animal en eux comprenait la

situation.

Réalisant la frayeur des réfugiés, le garde-paix se détendit et leva la main pour indiquer qu’il n’allait pas

attaquer. « Je sais que vous êtes loin de chez vous. Vous avez faim et l’avenir est incertain. Dans de

telles conditions, demander conseil à notre prophète est sage. Croyez-moi, l’ami, quand je dis que

j’aimerais qu’il réponde à vos inquiétudes. Mais comprenez aussi ceci :

ses voies sont infinies. Il viendra
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vers vous ou pas, mais personne ne peut influencer ses décisions. Je vous demande de rentrer chez

vous, au campement.

— Chez nous ? On n’est pas chez nous », répondit l’homme d’un ton désabusé. Néanmoins, le

contingent fit demi-tour en grommelant, l’air morne. Les humains avaient été à deux doigts de se battre

contre leurs hôtes, et tous le savaient.

« De quel droit



osent-ils nous parler d’exil ? » dit le garde-paix.
« De quel droit en effet ? » répondit Maraad.

* * *

À nouveau réuni avec la Main d’Argus et le Triumvir, Maraad fit ouvertement part de son opinion.

« Le prophète refuse de nous offrir sa sagesse. La décision nous appartient. Portons la guerre à la

Légion ! Ou retournons en Outreterre pour terminer notre mission et lui rendre ce que nous lui devons.

Notre second foyer a besoin de nous, tout comme les Perdus qui errent encore dans le désert. »

Le Triumvir resta silencieux, mais le langage corporel furtif des dirigeants trahissait leurs pensées, et

Maraad savait qu’ils étaient d’accord avec lui. Cependant, il y avait aussi un sentiment de malaise dont

le redresseur de torts n’ignorait pas l’origine... parce qu’il le partageait.

Le Prophète devrait être présent
pour bénir notre résolution.
« Dans une semaine, nous testerons les pistons de phase de l’


Exodar. Et si le Prophète ne s’adresse pas à
nous d’ici là, nous abandonnerons Azeroth ! »

* * *

« Comment évoluent tes leçons, Anduin ? Comprends-tu mieux le monde qui t’entoure ? »
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Depuis des mois, le prince avait été satisfait de l’attention qu’on lui portait, excité par la chance de

recevoir l’enseignement de l’être le plus proche de la Lumière de tout Azeroth. Mais aujourd’hui, le ton

tranquille des questions de Velen l’enrageait.

« Savez-vous seulement ce qui se passe dehors ? » rétorqua Anduin.

« Il se passe




toujours quelque chose dehors », répondit le draeneï. Calmement. Mais on pouvait déceler
un certain tranchant dans sa voix. « Je ne m’intéresse qu’à la voie.

— Mais qu’

est-ce que cette voie ? Une guerre sur un monde éloigné ? C’est ici qu’on a besoin de vous. Et
maintenant


. Est-ce la raison pour laquelle vous n’avez jamais prévenu personne au sujet du
Cataclysme ? Parce que ce n’était pas suffisamment important pour vous ? Nous considérez-vous

comme des insectes ? Ou pire, de simples pions ? »

Cela faisait une éternité que personne n’avait osé réprimander le Prophète. Il se retourna brusquement

vers le prince, surpris, comme souvent par les humains, par la rapidité avec laquelle l’enfant semblait

devenir un homme et par le raisonnement adulte de ses paroles. Et dès qu’Anduin entra dans son

champ de vision, le monde

se transforma.
Un guerrier se tenait à la place du prince, son armure de plaques et son heaume rutilants paraissant

forgés dans l’essence de la Lumière elle-même. Perché sur un affleurement, il brandissait une épée

forgée de la même matière... Velen ne parvenait pas à déterminer si le paysage appartenait à Azeroth ou

un autre monde. Et soudain, le ciel noir au-dessus de lui se déchira pour livrer passage à la cavalerie

réunissant tous les peuples d’Azeroth. Elfes de sang, orques, trolls, taurens, et même les maudits mortsvivants

et les gobelins comploteurs, tous chevauchaient des destriers volants de toutes sortes et de

toutes formes. Ils étaient cuirassés et équipés d’armes magiques d’une puissance si intense qu’elle brûlait

les yeux de Velen quand il les regardait. Au côté des légions de la Horde, les elfes de la nuit ancestraux

chargeaient avec les humains, les nains et les gnomes, dont les ancêtres avaient formé la première

Alliance, rejoints par les forces métamorphes des worgens. Les propres draeneï de Velen les

accompagnaient, cuirassés de métaux inconnus et armés de masses et d’épées cristallines.
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Mais l’Alliance et la Horde n’étaient pas seules.

Des formations de dragons transformaient le ciel en une immense aile reptilienne multicolore. Leur taille

et leur nombre obscurcissaient l’horizon et, lorsqu’ils rugirent en signe de défi, ce ne fut pas seulement le

sol sous les pieds de Velen qui trembla, mais l’univers tout entier.

Pourtant, en dépit du vertige d’une telle vision, le Prophète fut encore plus sidéré par ce qu’il vit flotter

au-delà de l’armée de dragons. Les naaru partaient eux aussi en guerre, en nombres si importants que

Velen ne comprenait pas comment la création pouvait les accueillir. La puissance de ces êtres de Lumière

emplit d’espoir le coeur de Velen, balayant des siècles de solitude, le laissant rêver que le désespoir ne

pourrait jamais prévaloir et que les ténèbres, aussi redoutables soient-elles, ne pourraient jamais régner.

Mais une ombre s’abattit sur ce spectacle.

Une ombre immense, vide et qui absorbait toute lumière entrant à son contact. Velen savait que si elle

n’était pas arrêtée, elle consumerait tout jusqu’à se dévorer elle-même, grignotant à jamais le néant

dans la Ténèbre de l’Au-delà, anéantissant pour toujours la beauté de l’univers, de la symphonie la plus

déchirante au coucher de soleil le plus spectaculaire. C’était chose trop horrible à contempler, à

concevoir. Et pourtant l’armée fonça droit sur elle. Et la lumière commença à se dissiper...
Devant le Prophète se tenait un enfant humain, aux grands yeux passionnés. Il lui disait quelque chose

d’inintelligible.

Velen tourna le dos à Anduin, plongeant son âme dans la Lumière, s’accrochant à la vision avant qu’elle

ne lui échappe, espérant qu’elle lui révèle enfin la voie parmi tous les avenirs fracturés. Le souvenir des

semaines qui avaient précédé le Cataclysme lui revint en force. Il ne remarqua même pas que le prince

avait quitté ses appartements.

* * *
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La semaine passa dans une tension grandissante pour les réfugiés. Les draeneï étaient préoccupés par

leurs propres problèmes. Ils préparaient les tests de leur précieux vaisseau, et le silence du Prophète les

inquiétait de plus en plus. Les exilés ne manquèrent pas de remarquer cette recrudescence d’activité ; ils

sentaient que quelque chose se préparait. Leur ignorance ne fit qu’alimenter leurs pensées les plus

négatives ainsi que les rumeurs. Quelques voix se firent bien entendre pour rappeler la bonté des

draeneï, mais la suspicion et la crainte de l’inconnu étaient malheureusement dans la nature des

mortels, qui prêtaient plus attention aux sabots et à la peau bleue de leurs protecteurs qu’à la

nourriture et aux soins qu’ils leur avaient offerts. Même avant de s’endormir sous la protection de l’île

de Brume-azur, très peu de réfugiés se demandèrent comment les draeneï auraient été accueillis s’ils

avaient demandé de l’aide aux autres peuples de l’Alliance.

Ainsi, quand l’énorme structure appelée l’








Exodar commença à gronder et à vibrer, et que l’air autour
d’eux se chargea d’électricité, les réfugiés comprirent d’instinct ce qui se passait : le vaisseau

fonctionnait.
Les draeneï nous abandonnent !



pensèrent un grand nombre d’entre eux, créant la panique dans tout le
camp.

Ils emportent le Prophète avec eux !
Pour les réfugiés, l’invisible était devenu le sauveur et le Prophète, un talisman à brandir contre les

horreurs du Cataclysme. Comme souvent, la foule n’avait aucun meneur, et il fut impossible de

déterminer le moment où la peur et l’inquiétude cédèrent la place à l’action. Et pourtant, c’est presque

tout le campement qui se précipita vers l’

Exodar.
* * *

Comment répondre à l’appel des siècles ? Comment voir chaque jour comme un renouveau, et non

comme une répétition de platitudes qui ne pouvait se solder que par le chagrin ? La solitude née d’une

conscience supérieure était le fardeau le plus lourd pour celui qui avait été d’abord Velen, puis le

Prophète – une force, un mythe, une abstraction. Il ne pourrait jamais oublier ce qu’il avait vu. Et c’était

cette lassitude, ce manque de conviction quotidienne qui était l’arme la plus puissante que ses frères

d’autrefois pouvaient retourner contre lui.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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Es-tu fatigué de la mort que tu apportes à tous ces mondes ?





s’interrogea Velen au sujet de son vieil ami
Kil’jaeden.

T’arrive-t-il de douter, dans la noirceur de ton âme, des choix que tu as faits ?
Mais il ne faisait que ruminer d’anciennes questions, d’anciens problèmes.
Dans un avenir possible, il avait vu un successeur du roi-liche se lever du Trône de glace, plus redoutable

encore qu’Arthas ou Ner’zhul, et déferler sur la terre, des milliers de guerriers squelettes dans son sillage.

La Légion revenait alors sur un monde déjà mort et les démons, amusés, jouaient avec ces draeneï levés

de leurs tombes par une impie sorcellerie, punissant ainsi Velen pour les avoir contraints à le pourchasser

dans tout l’univers.

Il avait vu le Garde-terre dément, le Destructeur, calciner le monde, puis songer à massacrer ses propres

enfants du Vol draconique noir pour étancher sa soif maladive d’annihilation.

Par pitié



, supplia-t-il la Lumière. Montre-moi la voie.
* * *

La foule, innombrable, avait perdu tout sens commun, tout semblant de raison dans sa passion. Les

draeneï voulurent parlementer, mais rien n’y fit. Lorsque l’alerte retentit, l’arrivée des paladins, des

redresseurs de torts, des prêtres et des mages pour repousser la cohue eut une conséquence tragique et

malheureusement prévisible. Les défenseurs étaient face à un choix impossible : repousser la foule et

risquer de se faire tuer par un ennemi inférieur, ou bien tuer les alliés mêmes qu’ils avaient voulu

protéger. Les draeneï se souvinrent que la guerre se devait d’être un engagement total, alors que le

redresseur de torts Romnar était avalé par la vague de réfugiés tandis qu’il venait aux portes, se

demandant quels troubles ses tests avaient provoqués. Il fut grièvement blessé avant que ses frères ne

puissent le mettre à l’abri derrière leurs lignes de défense.

La chute de Romnar rappela soudain à Maraad le souvenir d’un combat contre des morts-vivants.

Enragé, il ne se contenta plus de parer les coups avec son marteau cristallin. Il se mit à l’abattre avec
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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force sur les envahisseurs. Les autres draeneï l’imitèrent rapidement et, sans la tempérence de la

compassion, la querelle se transforma rapidement en un bain de sang pour les réfugiés.

* * *

« Prophète ! Vous devez intervenir ! Il le faut ! » s’écria soudain Anduin, interrompant la méditation de

Velen. La panique dans la voix du jeune garçon interrompit ses visions. De retour dans le présent, le

Prophète se tourna vers son disciple.

« Qu’est-il arrivé ? » demanda Velen de sa voix sans âge.

« Les réfugiés sont aux portes de l’




Exodar. Votre peuple les attaque ! Ils massacrent des innocents. »
Soudain, Velen la reconnut. La voie. Il se trouvait à une bifurcation, et l’enfant le conduisait dans une

direction. Au bout de l’autre chemin, il n’y avait qu’obscurité. Un tel fardeau... comment tant de choses

pouvaient-elles dépendre de si petits choix ? Était-ce là la signification de sa vision précédente ? Que

l’étape qui conduirait Velen à nouveau sur la voie de la Lumière passait par l’enfant ?

« Quelle importance a votre guerre pour ceux qui se battent dehors ? » s’écria le garçon. Puis, se

rappelant son rêve, il ajouta, «

Chaque vie est un univers ! »
Ai-je vraiment oublié qui j’étais ?


se demanda Velen. Dois-je écouter les leçons d’un enfant mortel ?
Et la réponse jaillit des profondeurs de son âme :

les leçons de la Lumière sont une bénédiction, quelle
que soit leur origine.
« J’arrive », dit Velen.

* * *
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Les adversaires étaient prisonniers d’une lutte désespérée sans aucune échappatoire. Les réfugiés

savaient qu’ils avaient commis une grave erreur et il était trop tard pour revenir en arrière. Ils

combattaient pour survivre, pour rectifier leur erreur. Quant aux draeneï, ils étaient en proie à une furie

irrationnelle, réalisant avec horreur qu’ils massacraient non seulement des alliés, mais également des

faibles placés sous leur protection. Seul un coup de théâtre inespéré pouvait mettre un terme au

carnage.

Velen fit soudain son entrée.

Le monde sembla alors exploser en une gerbe de lumière tonitruante, aveuglant la foule et les

défenseurs. Une décharge solaire géométrique et runique illumina la silhouette suspendue en son

centre. Le cristal du Prophète brillait d’un éclat incandescent, et la force de sa voix fit tomber certains

des combattants à genoux.

«





Cessez ! »
Les draeneï s’immobilisèrent, soulagés pour la plupart. Certains d’entre eux jetèrent leurs armes de

dégoût. Les réfugiés se figèrent devant la vision de ce Prophète mythique qui venait de se matérialiser

devant eux.

Velen approcha de la foule, flottant à quelques centimètres de la surface ensanglantée de Brume-azur.

« Est-ce ainsi que nous traitons nos frères ? » demanda-il à son peuple d’une voix remplie de tristesse.

Honteux, nombre de draeneï sanglotèrent à ses reproches. Maraad resta de marbre. « Et vous, qui

profitez de notre aide, de notre hospitalité, vous attaquez vos camarades sans raison ? » Comment les

combattants pouvaient-ils supporter les accusations de ce regard éternel ?

Le Prophète ne flottait plus ; ses sabots s’enfoncèrent lentement dans le sol boueux et piétiné.

Un mélange de terre et de sang entacha l’ourlet de sa robe, et les draeneï ne purent réprimer une

exclamation. Velen s’agenouilla dans la saleté près d’une des victimes et prit le corps brisé dans ses bras.
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Une main enveloppée de Lumière caressa la poitrine fracassée, et le Prophète fut peiné lorsqu’il

reconnut la marque familière d’un marteau de cristal. Il canalisa alors le pouvoir de la Lumière pour

soigner la blessure. L’humain ouvrit les yeux, sauvé d’une mort probable.
Anduin avait raison.






Quel espoir restait-il à l’univers si Velen était incapable de préserver chaque vie du
mieux qu’il le pouvait ? Les draeneï gagneraient-ils la guerre au prix de tout ce qui était important ?

Velen se releva, sa robe souillée n’appelant aucune autre explication. Il s’adressa à ses frères, à ses

enfants.

« Nous allons vivre parmi les mortels d’Azeroth, nos alliés, et nous les aiderons à soigner le monde du

Cataclysme. »

Ce fut Maraad qui parla le premier. Personne d’autre n’aurait osé.

« L’

Exodar est enfin réparé, Prophète. Nous devrions porter la guerre à la Légion. Ou retourner en
Outreterre pour sauver notre foyer en exil.

— Chacun a sa propre conscience », répondit le Prophète. « Mais entendez ceci :

notre guerre est
partout


. Dans chaque action, dans chaque souffle. Notre rôle est de préparer les peuples de ce monde à
s’unir. Nous devons leur servir d’exemple pour qu’ils se rallient contre le mal. Nos devons les réveiller

pour qu’ils forment l’alliance ultime qui détruira les ténèbres. Aidez ces gens, sauvez-les des souffrances

du Cataclysme et donnez-leur la force d’affronter l’avenir. »

Les autres draeneï, profondément affectés par les paroles du Prophète, allèrent aider les réfugiés

blessés. Anduin entreprit de mettre ses propres talents naissants à contribution, et Velen ne put

s’empêcher d’observer le prince à plusieurs reprises, impressionné par l’homme qu’il était déjà en train

de devenir.

* * *
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Pour les draeneï, l’




Exodar n’était pas une simple machine, mais un être vivant, un frère dans un sens que
les autres peuples ne comprendraient jamais. Ses souffrances avaient été soulagées et son essence,

soignée. Le Prophète célébra ce triomphe avec les membres de son peuple.

Les réfugiés, rassemblés en groupes grandissants autour des collines à proximité du val d’Ammen,

avaient organisé leur propre conseil et avaient fini par décider que leur place était parmi les leurs.

Exaltés par l’apparition dramatique de Velen, bon nombre d’humains décidèrent de rejoindre les ordres

et de rallier Hurlevent pour réparer la destruction causée par Aile de mort. Lorsqu’ils parlaient de leur

expérience des draeneï, les réfugiés affirmèrent jusqu’à la fin de leur vie qu’ils avaient toujours eu raison

et que le Prophète leur avait

donné la clé qui les délivrerait du Cataclysme.
Le devoir.

Mais les plus affectées par l’attaque tragique des réfugiés étaient l’Éternel lui-même et l’humain qui un

jour serait appelé à être roi. Lorsque plus tard, Anduin rendit visite à son mentor pour ses leçons, il

trouva le Prophète devant lui, sabots au sol.

« Merci de m’avoir rappelé la juste voie. Tu m’as demandé pourquoi je n’avais jamais prévenu personne

au sujet du Cataclysme. Je n’ai pas su reconnaître la menace, car j’étais trop concentré sur mes propres

méditations... qui m’ont détaché de moi-même, d’une certaine manière. J’en ai oublié le monde

présent, ses individus et leurs besoins, et c’est la raison pour laquelle la Lumière m’a abandonné. Si je ne

suis plus en contact avec les êtres de ce présent, comment puis-je naviguer les courants de leurs

avenirs ?

Un jour, tu seras un prêtre puissant, prince Anduin. Et un roi sage. »

Anduin souhaita que son père ait pu entendre ces paroles.

FIN


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MessagePosté le: 17.04.12 13:13    Sujet du message: WoW: Récit sur Velen chef des Draeneïs Répondre en citant

Histoire des dirigeants d'Azeroth: Velen

Mardi 17 avril 2012 à 10h20 - JudgeHype

Blizzard a mis en ligne ce lundi une nouvelle histoire dédiée à un des dirigeants d'Azeroth. Celle-ci s'intitule Velen : La leçon du prophète. Celle-ci a été écrite par Marc Hutcheson et vous pouvez même en récupérer le fichier PDF si vous souhaitez l'imprimer ou la mettre sur votre smartphone/tablette pour la lire plus tard.

Les énergies ondoyantes du Siège du naaru inspiraient aux pèlerins guerriers les plus sanguinaires une paix intérieure, et aux habitants les plus désabusés d’Azeroth une admiration mêlée de crainte. Pour la silhouette qui lévitait devant le Siège, cette colonne de lumière était depuis longtemps devenue une source de réconfort. Depuis sa chambre de méditation, Velen la scrutait en quête de connaissance... cherchant à établir des connexions qui lui permettraient de démêler la trame de l’avenir. Une trame qui lui avait paru ces derniers mois de plus en plus fragmentée...

Tandis que le Prophète des draeneï méditait, les mains posées sur ses genoux noueux, les cristaux qui concentraient ses énergies décrivaient une danse chaotique et lumineuse autour de lui. Et dans ses visions, il était assailli par une infinité de lendemains possibles.

Une gnome, lasse et dépenaillée, tirait une étrange machine dans la poussière d’Outreterre, laissant dans les dunes derrière elle deux sillons sinueux. Des Éthériens aux énergies enturbannées l’observaient s’échiner sans aucune intention de l’aider ou d’intervenir.

Le redresseur de torts Maraad combattait un ennemi invisible avec son énorme marteau cristallin, avant de tomber à genoux, la poitrine transpercée par une lance noire comme la nuit dont le tranchant dégageait une fumée poisseuse et huileuse.

L’imposante forme cuirassée d’Aile de mort survolait un monde calciné, avant de se poser sur un arbre brisé et carbonisé si gigantesque qu’il ne pouvait s’agir que de Nordrassil, tandis que des suppliants drapés de pourpre s’avançaient en longues files avant de se jeter dans une faille volcanique.

Les yeux de Med’an, Gardien de Tirisfal, s’embuaient de ces larmes qui rarement ruissèlent sur un visage orque – le regard si vulnérable et meurtri qu’il aurait brisé le cœur le plus dur


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MessagePosté le: 23.04.12 23:49    Sujet du message: WoW: Récit sur Velen chef des Draeneïs Répondre en citant

Les dirigeants d'Azeroth: Velen histoire courte est maintenant disponible Source


Blizzard
Affiche bleue


# 1 - 23/04/2012 18:00:00
Il n'ya pas longtemps, le prophète et Velen un certain nombre de draeneï réinstallés sur Azeroth, l'espoir de mettre un terme aux activités meurtrières de la Légion en Outreterre. Sentant un grand courage dans l'Alliance, les draeneï se sont engagés à cette faction noble.
Pourtant, beaucoup de temps s'est écoulé depuis. Forces de la Légion en Outreterre ont été fortement diminuées. Maintenant, Velen doit guider son peuple vers un avenir incertain et de décider quel est le rôle, le cas échéant, les draeneï se jouer dans l'Alliance.
Le siège de la flambée des énergies des naaru inspiré la paix intérieure de la plus sanguinaire de pèlerins guerrier, la crainte de même les plus blasés des habitants d'Azeroth. Le chiffre flottant devant le siège depuis longtemps pris le confort de cette colonne de lumière. Velen regardait de sa chambre de méditation, à la recherche de perspicacité. . . dans toutes les connexions, grands et petits, où il pourrait percevoir les lignes de l'avenir. Pour les derniers mois, ces lignes avait plus en plus sentir fragmenté.
Comme le Prophète de l'draeneï médité - les jambes croisées sous lui, ses mains posées sur ses genoux anciens - les cristaux qui reflètent ses énergies brillait et pulsée et tourbillonnait autour de lui, et non pas dans les habitudes, mais dans le chaos. Et les visions, les possibilités infinies de lendemains, l'avait agressé.
Blizzard Entertainment est fier de présenter la dernière entrée dans la catégorie «Leaders d'Azeroth" série courte histoire: leçon Prophète !


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MessagePosté le: 24.04.12 04:33    Sujet du message: WoW: Récit sur Velen chef des Draeneïs Répondre en citant

BLIZZARD ENTERTAINMENT
Velen :

La leçon du prophète
Marc Hutcheson
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 1
Les énergies ondoyantes du Siège du naaru inspiraient aux pèlerins guerriers les plus sanguinaires une

paix intérieure, et aux habitants les plus désabusés d’Azeroth une admiration mêlée de crainte. Pour la

silhouette qui lévitait devant le Siège, cette colonne de lumière était depuis longtemps devenue une

source de réconfort. Depuis sa chambre de méditation, Velen la scrutait en quête de connaissance...

cherchant à établir des connexions qui lui permettraient de démêler la trame de l’avenir. Une trame qui

lui avait paru ces derniers mois de plus en plus fragmentée...

Tandis que le Prophète des draeneï méditait, les mains posées sur ses genoux noueux, les cristaux qui

concentraient ses énergies décrivaient une danse chaotique et lumineuse autour de lui. Et dans ses

visions, il était assailli par une infinité de lendemains possibles.
Une gnome, lasse et dépenaillée, tirait une étrange machine dans la poussière d’Outreterre, laissant

dans les dunes derrière elle deux sillons sinueux. Des Éthériens aux énergies enturbannées l’observaient

s’échiner sans aucune intention de l’aider ou d’intervenir.

Le redresseur de torts Maraad combattait un ennemi invisible avec son énorme marteau cristallin, avant

de tomber à genoux, la poitrine transpercée par une lance noire comme la nuit dont le tranchant

dégageait une fumée poisseuse et huileuse.

L’imposante forme cuirassée d’Aile de mort survolait un monde calciné, avant de se poser sur un arbre

brisé et carbonisé si gigantesque qu’il ne pouvait s’agir que de Nordrassil, tandis que des suppliants

drapés de pourpre s’avançaient en longues files avant de se jeter dans une faille volcanique.

Les yeux de Med’an, Gardien de Tirisfal, s’embuaient de ces larmes qui rarement ruissèlent sur un visage

orque – le regard si vulnérable et meurtri qu’il aurait brisé le coeur le plus dur.
Mais pas celui de Velen.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 2
Le Prophète avait depuis longtemps appris à rester insensible à ses visions qui l’auraient autrement

rendu fou. Le troisième oeil de la prophétie avait été son compagnon depuis si longtemps que les

prémonitions étaient pour lui aussi naturelles que sa respiration. Les fragments de cristal d’Ata’mal

l’avaient transformé en sentinelle observant des univers parallèles infinis, parfois jusqu’à leur disparition

dans les ténèbres, la glace ou le feu. Ces avenirs n’éveillaient en Velen aucune émotion. Il ne pleurait pas

leur anéantissement et ne s’exaltait pas devant leurs triomphes. Il se contentait de les étudier,

d’observer leur trame complexe, cherchant les chemins qui menaient au triomphe ultime, où la vie et la

Lumière repoussaient les ténèbres et sauvaient l’univers de l’annihilation. Que représentaient ces

évènements mineurs que semblaient chérir la plupart des mortels – même ses propres draeneï – face à

l’incommensurable responsabilité d’assurer la survie de la création ?

Velen fouillait ces images qui défilaient devant lui à vitesse vertigineuse, en quête d’un indice, d’un

repère qui lui indiquerait la voie. Mais il ne trouvait rien.

* * *

Anduin Wrynn était agenouillé dans la terre meuble, les mains posées sur un flagellant – l’une des rares

mutations restantes provoquées par l’arrivée de l’











Exodar sur Azeroth. Sans violence, deux draeneï
maintenaient la créature immobile pour le jeune prince afin qu’elle ne se libère pas pendant qu’il

canalisait la puissance de la Lumière entre ses mains. Les draeneï s’étaient autrefois donnés pour

mission de réparer la destruction provoquée par leur arrivée, mais leurs pouvoirs s’étaient ensuite

avérés nécessaires à d’autres endroits, d’abord dans la guerre contre la Légion ardente, puis dans la

marche vers le domaine glacé du roi-liche, et aujourd’hui... dans les conséquences du Cataclysme.

Certaines des monstruosités nées de l’accident avaient ainsi été oubliées dans la confusion. Elles

erraient depuis dans la souffrance et la folie, ayant oublié leur rôle initial. La première fois qu’Anduin en

avait aperçu une, son dégoût avait rapidement cédé la place au chagrin.

Je dois l’aider. Je dois essayer...
Dès la fin de ses premières leçons avec Velen, le prince était parti explorer les étendues sauvages de l’île

de Brume-azur, suivi par son escorte de draeneï. À présent, ces derniers ne servaient plus que de liens

de fortune tandis qu’il canalisait la Lumière pour soigner le mutant et calmer sa folie. Anduin ne

comprenait pas quel était le problème de la créature. Il n’avait pas besoin de comprendre.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 3
La




Lumière savait. Son énergie parcourut le corps du jeune prince, devenu l’instrument de son pouvoir
pour soigner la créature en souffrance. Après un acte de guérison, Anduin avait toujours le sentiment

d’avoir trouvé sa place, son utilité. Son talent avait été pour lui une révélation depuis qu’il avait rejoint

les draeneï. La tutelle de l’ancienne race, particulièrement celle de l’Éternel, le Prophète, lui avait

apporté une grande confiance en lui.

Père, que tu le comprennes ou non, j’avais raison. Magni avait
raison. C’est ma vocation.
Cette pensée l’attrista. Il aimait son père, mais le gouffre de caractère et d’expérience qui existait entre

Varian et Anduin était trop important.


Pourquoi refuses-tu de le comprendre, Père ? Je suis différent. En
quoi est-ce mal ? Ne peut-on rien apprendre de nos différences ? Ne puis-je rien t’apporter ?
Pour sa part, Anduin regrettait leur dispute. Son père insistait pour le traiter comme un enfant, alors que

le Prophète, Magni et les autres le voyaient différemment et reconnaissaient sa valeur naissante. Anduin

et son père s’étaient disputés pendant la réunion de l’Alliance à Darnassus, et Varian l’avait violemment

empoigné par le bras jusqu’à lui faire mal. C’était juste après cet incident qu’Anduin avait connu l’instant

de fierté le plus important de toute sa vie. Le Prophète s’était adressé à lui avec cette voix surnaturelle,

l’invitant à venir étudier à l’


Exodar sous sa tutelle.
Pourquoi n’as-tu pas compris que je devais partir, Père ? Pourquoi n’as-tu pas compris que cette

invitation était un honneur ?
Anduin se concentra de nouveau sur le présent, cessant de s’apitoyer pour se concentrer sur le

flagellant. Dans son coeur, il fit le voeu de ne jamais oublier l’incroyable expérience qu’il vivait. La

guérison était trop souvent considérée comme un acte routinier, un miracle devenu banalité, mais

Anduin savait que la source de ce pouvoir, la Lumière, ne le voyait pas ainsi. Chaque vie,


toute vie, était
un miracle.

Aux pieds du prince se trouvait à présent une magnifique créature végétale à larges pétales, violette et

verte, droite et forte. Les draeneï la libérèrent. L’un d’entre eux inclina la tête en signe de

reconnaissance.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 4
Entendant un bruit derrière lui, Anduin sursauta, sortant totalement de la transe de guérison pour se

rendre compte que son royal séant baignait dans la boue.




La dignité incarnée, pensa-t-il. Père serait ravi.
Le prince se releva. Devant lui se tenait un grand draeneï portant une lourde armure – un Bouclier, l’un

des gardes personnels de Velen. « Le Prophète sollicite votre présence, prince Anduin », dit-il.

* * *

Les réfugiés étaient d’abord arrivés un par un, ou deux par deux, dans des barques prenant l’eau et des

embarcations de fortune, bravant l’inconnu pour fuir l’horreur. La rumeur s’était répandue que les

draeneï avaient le pouvoir de résister à la destruction du monde et qu’on pouvait trouver refuge sur l’île

de Brume-azur. Et pour tous ces exilés, la rumeur valait mieux que la réalité de leur vie. Au début, les

draeneï avaient offert leur aide, trouvant pour les réfugiés un lieu près de l’

Exodar, en les soignant et en
partageant leur eau et leur nourriture. Mais les exilés avaient contacté leurs amis et leurs familles, et la

nouvelle circulait dans tout Kalimdor :

Le Prophète protège Brume-azur. Le Prophète a prédit le
Cataclysme et il nous sauvera tous


. Les réfugiés arrivèrent alors par dizaines, par vingtaines... puis par
centaines. Aujourd’hui, le refuge abritait un millier d’exilés, et les draeneï se retrouvaient débordés par

leurs besoins.

Les chuchotements dans le camp finirent par prendre un ton plus sinistre.

Le Prophète refuse de nous
recevoir. Les draeneï le cachent dans les salles de leur vaisseau. Ils ressemblent vraiment à des démons

avec leurs sabots, non ?
Anduin avait passé du temps parmi les réfugiés, les soignant, encourageant la foi en la Lumière

éternelle, agissant avec un calme qui impressionnait les adultes en sa présence... et qui les laissait

perplexes dès qu’il partait. Le prince avait demandé plusieurs fois à ces âmes perdues pourquoi ils

n’avaient pas cherché la protection de son père, ou celle de Hurlevent. Ils répondaient sans oser le

regarder, prétendant que son père était un grand roi mais que contrairement au Prophète, il ne voyait

pas l’avenir.


Nous ne voulons pas vous faire de peine, semblaient-ils dire, mais votre père n’est qu’un
homme. Le Prophète n’est pas un simple mortel.


Après avoir réfléchi à ces discussions comme s’il
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 5
résolvait une énigme, Anduin avait réalisé que les actes des réfugiés n’étaient pas simplement basés sur

la foi en un prophète qu’ils n’avaient jamais rencontré. Ces gens vivaient en marge de la société. Pour

eux, l’ordre de l’autorité était une chose à craindre, pas une protection. Le prince avait ensuite cessé de

poser des questions.

Quand il traversa le camp pour aller voir Velen, escorté par les draeneï, il était un visage familier.

Pourtant il n’était pas des leurs. Il ressentait cette distance, ce gouffre né de son sang royal, de sa

maîtrise de la Lumière et du traumatisme de son enfance. Parfois, il aurait souhaité être plus... normal.

Mais alors que les épreuves et les énergies étranges de l’adolescence approchaient, il commençait à

comprendre que ces différences étaient une nécessité. Il avait un rôle unique à remplir : diriger et

protéger son peuple. Et ce n’était ni un privilège, ni une source de pouvoir personnel. C’était un devoir.

Les réfugiés étaient tous humains. Sans doute les nains étaient-ils trop fiers pour abandonner leurs

foyers ; les elfes de la nuit, eux, demeuraient imperturbables même face à la rage d’Aile de mort ; quant

aux gnomes, ils se comportaient... comme des



gnomes. Pourquoi craindre le feu et les séismes quand
une explosion était pour eux un risque quotidien ?

Les réfugiés avaient peur, ils avaient faim et ils étaient malades. Le campement était régulièrement

ravagé par les maladies, et le jeune prince usait de ses talents de guérisseur à chaque épidémie. Vu ses

efforts, il lui fut impossible de ne pas se sentir blessé par les commentaires qu’il surprit alors qu’il passait

près d’un groupe de réfugiés assis en cercle, occupés à de vaines conversations. « Le favori de

l’étranger. » « Le Prophète reçoit l’enfant, mais il refuse de nous voir ? » Passant son chemin, il

n’entendit pas le reste de l’échange. Anduin consacrait beaucoup de temps à observer les gens et il

savait lire leurs pensées rien qu’en regardant leur visage. Et aujourd’hui, il voyait dans les regards de

bon nombre d’exilés les accusations dont il venait tout juste de faire l’objet. L’hostilité du campement

était évidente, et cacher son ressentiment devenait difficile.

J’ai fait tout mon possible pour les aider,
pensa le prince.

Puis un horrible doute l’assaillit.

Pourquoi Velen refuse-t-il de les voir ?
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 6
* * *

Le chevaucheur de griffon finit par oublier la morsure du froid et le souvenir du nord moribond dans les

chaudes régions de Kalimdor. Le fardeau du griffon était plus lourd et plus silencieux que ce à quoi

l’animal était habitué. Généralement, ceux qui étaient liés à la terre étaient soit émerveillés par le

nouveau point de vue que leur offrait le vol, soit terrorisés par les manoeuvres aériennes familières aux

créatures volantes. Même quand le voyageur ordinaire ne bronchait pas, ses exclamations et la tension

dans ses jambes étaient toujours révélatrices pour le griffon sensible et observateur. À l’inverse, la

sérénité et l’immobilité étaient... naturelles pour son cavalier actuel.

Pour quelqu’un qui avait visité bien des mondes et combattu la Légion ardente dans un conflit sans fin,

un vol au-dessus d’Azeroth n’avait rien d’intimidant. Le redresseur de torts Maraad était trop préoccupé

pour se soucier de la beauté du paysage. Le nord était en sécurité ; le roi-liche avait été vaincu. Il était

temps pour lui d’utiliser ses énergies ailleurs. Il avait entendu parler du retour du Destructeur, de la

dévastation qui menaçait Azeroth, mais il était draeneï : en quoi était-il concerné par les problèmes d’un

monde unique ? La Légion arpentait toujours le Néant distordu, détruisant probablement toute forme

de vie que l’armée démoniaque rencontrait.

Survolant Brume-azur au clair de lune, il fut surpris de voir des myriades de lumières, miroir imparfait du

ciel étoilé. Un instant, comme sous l’effet d’un étrange caprice de ses pensées, Maraad vit dans chaque

lumière un monde miniature, mais il releva aussitôt la tête. Le ciel était son domaine. À jamais.

Était-ce une armée qui campait près de l’



Exodar ? Pourquoi ne lui avait-on rien dit ?
Le griffon traversa un portail métallique dans la coque de l’

Exodar. Stephanos, maître des hippogriffes,
l’attendait. Stephanos s’inclina.

« Mes félicitations pour votre victoire dans le nord, redresseur de torts. Je suis ravi de vous voir de

retour chez nous.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 7
— Chez nous ? Nous n’avons aucun foyer, mon frère. Pas véritablement. Nous sommes des vagabonds

de l’univers, les exilés de l’Argus perdu. Jamais nous ne devons l’oublier. Quels sont ces feux de camp

que j’ai aperçus en arrivant ? Une armée oserait-elle attaquer notre île ?

— Non, redresseur de torts. Ce sont des réfugiés qui fuient les horreurs du Cataclysme. Ils espèrent que

le Prophète pourra les sauver. »

Maraad plissa le front, une expression insolite sur son visage. « Comme nous tous, mon frère. »

Le redresseur de torts n’attendit pas la réponse. Il prit rapidement la direction du Siège puis, sans

s’arrêter, bifurqua vers les appartements de Velen. Ses sabots résonnaient à chaque pas sur le sol

cristallin. Lorsqu’il passa devant les deux Boucliers qui montaient la garde à l’entrée, Maraad les scruta,

comme pour tester leur vigilance.




Plus jamais, pensa-t-il. Draenor a suffi.
C’est seulement à l’entrée de la salle d’audience du Prophète qu’un des gardes s’avança pour lui barrer

la route. Il n’en attendait pas moins.

« Je suis le redresseur de torts Maraad, ancien commandant de l’Alliance à Norfendre », annonça-t-il sur

un ton quasi rituel. « Je désire une audience avec le Prophète.

— Le Prophète ne reçoit personne, redresseur de torts Maraad. Je suis désolé de devoir vous refuser

cette requête après votre long voyage. »
Ça



, il ne s’y attendait pas.
« Il est pourtant tôt. Vous voulez dire que le Prophète

refuse de me voir ? Je suis venu de Norfendre
pour le voir, et vous ne lui avez même pas posé la question. »

Le Bouclier était visiblement mal à l’aise. « Une fois encore, mes excuses, redresseur de torts. Il ne reçoit

personne pour le moment.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 8
— Et si je reviens demain matin ?

— Cela ne fera aucune différence, redresseur de torts. Le prophète n’a reçu personne depuis des

semaines, à l’exception du prince humain. Mais je l’informerai de votre visite et je vous convoquerai s’il

modifie ses instructions. »

Maraad fixa le Bouclier quelques instants, ne laissant rien transparaître de ses pensées, puis il s’en

retourna d’où il était venu.

* * *

Anduin se tenait devant son mentor dans un silence contemplatif. Il était impossible de vraiment

concevoir l’âge et la sagesse de Velen. Comme la plupart des jeunes, le prince l’acceptait simplement

comme une force de la nature, au même titre que le soleil ou les lunes. Le Prophète lui tournait le dos.

Velen était en lévitation, en position de méditation, comme le jeune garçon l’avait si souvent vu ces

dernières semaines.

« Pourquoi ne pas avoir prévenu le monde au sujet du Cataclysme ? » demanda soudain Anduin.

Velen ne bougea pas. Aucun mouvement ne trahissait les pensées du Prophète, mais le silence qui

s’ensuivit parut soudain particulièrement




pesant.
« Je dois trouver la voie pour que la Lumière nous illumine au-delà de la Légion et de sa mission de

destruction. Je suis le seul à pouvoir la voir, à pouvoir la révéler aux forces de la Lumière. »

Anduin réfléchit un instant. « Ce doit être un terrible fardeau. »

Toujours en lévitation, le Prophète se retourna lentement vers le prince. « C’est la raison pour laquelle

j’arpente les routes de demain. La Légion et les Dieux très anciens fragmentent la trame de l’avenir,

mais si je parviens à trouver ces failles, si je peux réunir les peuples mortels, nous parviendrons peutêtre

à éviter le désastre.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 9
— Et si vous échouez ? »

Le visage serein de Velen laissa place pendant un instant à un masque de douleur et de chagrin, rendu

d’autant plus effrayant par sa disparition tout aussi soudaine.

« Laisse-moi te montrer quelque chose », murmura le vieux draeneï. Il se redressa et s’approcha.

Toujours flottant à quelques centimètres des plaques de métal de l’




Exodar, le Prophète plaça une main
sur le front du prince.

« Je suis désolé. Mais il le faut », dit-il.
L’



Exodar disparut, remplacé par d’immenses étendues noires ponctuées de lumières et d’énergies
mystiques. Puis, après une soudaine accélération, Anduin se retrouva dans un lieu étrange, sous un ciel

inconnu. Quatre lunes semblaient vouloir capter son attention. Une atmosphère ambrée et des

formations rocheuses bleutées se tordaient dans toutes les directions. Anduin ne vit pas d’eau, pourtant

la roche colorée lui donna comme l’impression de vagues s’entrechoquant, soudain figées par le caprice

d’un artiste divin. Autour de lui, des créatures extraordinairement variées parcouraient le ciel et la terre,

dont certaines, si insolites, défiaient toute tentative de description. Des couleurs, différents moyens de

locomotion, silhouettes formées par la danse, le jeu ou la guerre... Rien de tout cela ne semblait avoir de

sens, et Anduin avait du mal à appréhender la moindre vision dans ce formidable tourbillon

d’abstractions chaotiques.

Et la Lumière ! Il se sentit enveloppé par l’aura qui émanait avec brillance de toutes ces créatures

étranges, aussi puissante que partout ailleurs en Azeroth.

Le ciel s’assombrit. D’abord, un rouge rageur annonciateur de mort emplit les cieux d’ambre. Quelques

instants plus tard, la couleur commença à virer au vert nauséeux. Le ciel malade vomit alors des comètes

de feu qui s’écrasèrent au sol, dispersant les pauvres créatures prises de panique. Les comètes, énormes

et menaçantes, sortirent ensuite de leurs cratères, semant la mort autour d’elles avec une efficacité

impitoyable. Près du prince, l’air se déchira pour déverser une véritable vision d’horreur : des démons
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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ailés et des succubes brandissant un feu jaune-verdâtre et déchaînant une puissante magie se mirent à

tout détruire sur leur passage. Quand l’armée des ténèbres eut fini de se déployer, une forme

gigantesque émergea à son tour de la faille. Anduin remarqua tout de suite qu’elle ressemblait à un

draeneï.

Cet être désintégra les sculptures de roche qui l’entouraient, créant ainsi un espace lui permettant de

s’agenouiller dans la poussière de sa destruction pour dessiner des symboles de puissance maléfique de

son doigt griffu. Quand il eut terminé, il y eut un instant de silence parfait. Le massacre cessa, le monde

entier retint son souffle, comme paralysé par l’horreur.

Puis une explosion retentit.

Les énergies soudain libérées fracassèrent la surface du monde. Anduin hurla, terrorisé, et leva les bras

pour se protéger. Mais la magie le traversa sans le blesser. La Légion retraversa le portail pour retourner

dans le domaine des démons. Derrière eux, il ne restait... plus rien. Du moins, rien de vivant. Même les

incroyables formations rocheuses – Anduin ne saurait jamais si elles étaient naturelles ou sculptées par

les formes de vie étrangères qu’il avait vues – avaient été annihilées. Il ne restait que poussière et

matière désintégrée. Même le ciel était empli de nuages, voilant la vision des quatre lunes.
Puis, heureusement, la vision s’estompa.

Anduin était à nouveau face au Prophète et malgré ses efforts pour se retenir, il se mit à pleurer, furieux

de sa propre faiblesse.

« Il n’y a aucune honte à pleurer un tel gaspillage de vie », dit Velen avec douceur.

« Quel était ce monde ? Quand est-ce arrivé ? » demanda le prince, entre deux sanglots.

« J’ignore son nom. Ses habitants ne communiquaient pas d’une façon intelligible pour nous, et aucune

des races mortelles de ce monde ne connaît cet endroit. Je l’ai appelé Fanlin’Deskor : Ciels d’Ambre et
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 11
Roches des Merveilles. Comme je doute que la Légion garde archive de ses victimes, ou daigne même se

les rappeler, nous sommes probablement les deux seuls dans l’univers à savoir que ce monde a existé. »

« Comme c’est triste », murmura Anduin.

« Oui. Si la Lumière le veut, quand l’ultime victoire sera nôtre, je construirai une tour sur un de ces

mondes perdus, et je les archiverai tous pour ma pénitence.

— Pénitence ? Mais pour quoi ? Vous avez tout fait pour nous aider, Velen !

— Il y a fort longtemps, je n’ai pas pu convaincre mes frères de changer d’avis, et la création en a payé le

prix. » Velen revint ensuite sur la raison qui l’avait poussé à montrer cette vision à Anduin. « Mon but

était de te montrer les conséquences d’une défaite. Aussi redoutable que soit le Cataclysme ou Aile de

mort,








notre guerre est bien plus importante. Ce n’est pas un seul monde que nous défendons, mais
tous. »

Anduin savait que ses leçons touchaient à leur fin lorsque le Prophète reprit sa méditation, le regard

perdu dans les énergies du Siège. Alors qu’il ouvrit la porte de la chambre pour prendre congé, le prince

entendit une dernière fois le Prophète.

« Oui, mon enfant, c’est un

terrible fardeau. »
* * *
Les dernières paroles du Prophète hantèrent Anduin pendant le restant de la journée, et jusque tard

dans la nuit. Troublé, il se retournait dans son lit, ne parvenant pas à trouver le sommeil réparateur dont

il avait besoin. Quand il s’endormit enfin, il fut assailli par des rêves aussi clairs que saisissants.
Des feux démoniaques et des mondes fracassés tournoyaient dans un ciel noir sans soleils ni lunes.

Toutes les lumières de l’univers étaient éteintes, telles les bougies d’un sanctuaire qui auraient été

soufflées par le froid baiser du vent. Et pourtant, bien plus que l’absence de lumière, c’était le silence qui
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
Page | 12
perturbait le plus Anduin. Il était insupportable, inconcevable même, qu’un univers vivant fut aussi

silencieux.

La première pensée qui lui traversa l’esprit, alors qu’il assistait à la fin du monde, fut qu’il ne reverrait

plus jamais son père... et qu’il n’aurait jamais l’occasion de combler le gouffre qui les séparait désormais.

Et c’est alors qu’il réalisa qu’aucun fils dans l’univers ne pourrait plus jamais dire à un père à quel point il

l’aimait, ou prononcer les mots réconfortants : « Je suis désolé ». Au-delà du silence et des étoiles

éteintes, c’était la mort des probabilités et de l’espoir qui le remplissait le plus d’horreur.

Puis il perçut un bruit. Ce ne fut d’abord qu’une vibration dans la nuit, et pourtant cette légère

perturbation de l’air paraissait si pure et si forte. Une lueur apparut, puis plusieurs. La vibration se

multiplia, sur différentes octaves, les lumières et les sons fusionnant en une véritable marée ascendante

de couleurs et de mélodies. Des êtres de Lumière entouraient Anduin, le sauvant des ténèbres en lui

chantant un hymne d’espoir, en un choeur qui allait sauver l’univers.

Au milieu de cette symphonie apparut le visage d’un des réfugiés, un homme que le prince avait vu à

plusieurs reprises, mais dont il ignorait le nom. Les êtres psalmodièrent en chantant : « Chaque vie, un

univers. »
Il s’éveilla, les cheveux collés par la sueur tant le rêve avait été intense.







Vision, c’était une vision...
Pourtant, ce qu’il avait vu l’avait réconforté. Il se rendormit, et cette fois, heureusement, ne rêva que de

choses sans importance.

* * *

Maraad se tenait dans une grande salle circulaire aux murs gravés de runes luisantes. Trois ancêtres

draeneï se trouvaient au centre de la salle, portant de belles armures étincelantes aux formes

gracieuses. Ils étaient entourés d’un groupe de paladins et de redresseurs de torts, tous membres d’une

hiérarchie qui ne tolérait aucun ego, que ce soit à sa base ou à son sommet.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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Ces trois ancêtres formaient le Triumvir de la Main – Boros, Kuros et Aesom. Les autres personnages

représentaient l’élite draeneï : la Main d’Argus. Depuis son retour, Maraad avait appris que, comme lui,

le Triumvir était revenu à bord de l’




Exodar afin de reprendre contact avec les frères d’Azeroth et de
décider quels seraient les prochains objectifs de leur peuple après les évènements récents.

Cela faisait trop longtemps que Maraad avait participé au conseil du gouvernement draeneï en présence

du Triumvir. Il avait oublié à quel point leur discours pouvait être ordonné et mesuré, à quel point le

rythme raisonné des conversations pouvait être réconfortant après les joutes verbales et les réactions

imprévisibles des autres peuples de l’Alliance. Ce contraste devint encore plus flagrant lorsque la longue

discussion concernant la situation des réfugiés fut calmement interrompue par le redresseur de torts

Romnar. Romnar dirigeait les opérations de réparation du vaisseau dimensionnel draeneï, l’

Exodar, et
quand le débat sur la façon de gérer l’arrivée des étrangers sur l’île commença à se perdre en vaines,

mais courtoises, circonvolutions, il déclara :

« Tout cela pourrait se révéler inutile d’ici peu. L’

Exodar est quasiment réparé. »
Si elle avait été faite à bord du

Brise-ciel aux dirigeants de l’Alliance à Norfendre, une annonce d’une
telle importance aurait provoqué un tonnerre de discussions et de commentaires. Ici, la nouvelle fut

accueillie avec des sourires satisfaits, et une main se posa sur l’épaule de Romnar.

Bravo, semblait dire
l’humeur de la salle.

« Qu’entendez-vous par "quasiment" ? » demanda Maraad.

« Une semaine. Nous avons déjà réparé tous les systèmes principaux. Il ne reste plus qu’à nettoyer et à

renforcer les secteurs qui affichent des faiblesses.

— Nous pourrions réveiller notre vaisseau dans

moins d’une semaine ? Qu’en pense le Prophète ? »
continua Maraad.

Un silence embarrassant lui répondit.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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« Il n’en sait rien ? » s’étonna-t-il, incrédule.

« Il refuse de nous recevoir », répondit Aesom. « Nous avons laissé un message aux boucliers, mais nous

attendons toujours une réponse.

— Suis-je le seul que cela trouble ? » demanda Maraad, regrettant ses paroles alors même qu’il les

prononçait.




Je suis resté trop longtemps loin des miens et de l’Exodar. Bien sûr qu’ils étaient tous
troublés. Leur silence n’indiquait pas leur approbation, mais leur inquiétude.
Que faire quand



le Prophète semble s’être égaré ?
Un draeneï dont Maraad ignorait le nom intervint avant que quelqu’un puisse répondre.

« Les réfugiés sont à nos portes. Ils exigent de voir le Prophète. »
Comme nous tous



, pensa Maraad avec une ironie amère.
* * *
Pourquoi ne pas avoir prévenu le monde au sujet du Cataclysme ?



La simple question pleine de bon sens
d’un enfant mortel résonnait telle une accusation dans la salle silencieuse, brisant sa contemplation de

la Lumière. Velen avait esquivé les questions, embrouillé une situation qu’il aurait dû éclairer. Il était luimême

surpris par sa réaction.

Suis-je encore capable de tromper le monde ? Même après tout ce temps ?
Non seulement les autres, mais aussi moi-même ?
Pourquoi un


prophète ne préviendrait-il personne d’une calamité ?
Il l’avait vue clairement : l’ombre cuirassée de la nuit recouvrant Azeroth, étouffant le monde dans le feu

et la souffrance. Il avait vu Azeroth anéantie des dizaines de fois par l’apocalypse, mais aussi mille

petites victoires et défaites dans tous les avenirs de ses visions. Et la Lumière, son aimant, la boussole

qui l’aidait à naviguer les mers incertaines de ses visions, ne l’avait pas guidé directement vers le
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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Cataclysme ; elle n’avait indiqué le retour destructeur d’Aile de mort que comme une possibilité parmi

tant d’autres. À quoi servait un prophète qui ne savait plus faire la différence entre une véritable et une

fausse vision ?

Velen essaya de bannir la question de l’enfant de son esprit et de se concentrer à nouveau à recouvrer

sa capacité à discerner la vérité dans ses visions innombrables... avant de succomber à la folie, ou bien

qu’il ne soit trop tard. Lorsque le bouclier qui gardait ses appartements le supplia d’accepter une

audience pour le Triumvir, le prophète ne l’entendit même pas.
Il avait vu l’






Exodar réparé plonger dans le Néant, avalé par les ténèbres sans espoir de retour.
Il l’avait vu exploser lors de son lancement, tuant la plupart des draeneï et calcinant Brume-azur.

Il l’avait vu se poser sur Outreterre, et les draeneï soigner leur ancienne terre d’exil.

Il avait vu les draeneï réparer leur vaisseau dimensionnel pour le laisser amarré sur Azeroth. Parfois, la

trame de ces avenirs menait aux ténèbres, et d’autres fois, non.
Velen refusait de faire des


suppositions, même les mieux informées. Sans la Lumière pour le guider, il se
sentait impuissant.

Le Triumvir décidera, pensa-t-il.
Enfin libéré de ces distractions extérieures, il retourna à sa méditation, cherchant désespérément la

voie.

* * *

Maraad se tenait à l’écart et tentait de cacher son dégoût. La plupart de ses contacts avec les humains

s’étaient faits jusqu’alors avec des héros de Norfendre parfois impétueux, mais toujours courageux. Il lui

était difficile de croire que ces créatures loqueteuses – à qui il manquait des dents, la politesse et un

semblant d’intellect – appartenaient à la même race que ces humains aux côtés desquels il avait été fier

de combattre.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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« On veut voir le Prophète », grogna l’un d’eux, le visage malformé, dans un Commun à peine

reconnaissable. « Il réglera tout ça.






C’est votre porte-parole ? », Maraad ne put s’empêcher de demander à haute voix. Son insulte à
peine voilée ne fut ni entendue, ni remarquée.

« Le Prophète ne reçoit personne, l’ami. Nous aussi avons besoin de ses sages conseils en cette période

noire. Il nous parlera quand il le choisira », dit un garde-paix de l’

Exodar.
« Mensonge. Il voit le prince de Hurlevent !

— Le prince Anduin étudie le pouvoir de la Lumière sous la tutelle du Prophète. Vous devriez être

honorés, voire emplis d’humilité, que l’Éternel s’intéresse à l’un des vôtres. Qui sait quelle bénédiction

votre peuple pourra en tirer ?

— Quelle arrogance ! Qui es-tu pour nous dire qu’on a besoin d’humilité, hein ?

Qui es-tu ? Un démon à
sabots, moi je dis ! »

Il n’y avait pas pire insulte que de rappeler aux draeneï leur parenté avec les érédars de la Légion. Les

yeux du garde-paix s’étrécirent dangereusement ; sa main approcha de l’épée cristalline brillante qu’il

portait au flanc. Voyant ce geste, Maraad empoigna le manche de son grand marteau. Plusieurs autres

draeneï se dressèrent, comme pour avancer vers la « délégation ». Les humains reculèrent

instinctivement. Leur semblant de cerveau était peut-être stupide, mais l’animal en eux comprenait la

situation.

Réalisant la frayeur des réfugiés, le garde-paix se détendit et leva la main pour indiquer qu’il n’allait pas

attaquer. « Je sais que vous êtes loin de chez vous. Vous avez faim et l’avenir est incertain. Dans de

telles conditions, demander conseil à notre prophète est sage. Croyez-moi, l’ami, quand je dis que

j’aimerais qu’il réponde à vos inquiétudes. Mais comprenez aussi ceci :

ses voies sont infinies. Il viendra
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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vers vous ou pas, mais personne ne peut influencer ses décisions. Je vous demande de rentrer chez

vous, au campement.

— Chez nous ? On n’est pas chez nous », répondit l’homme d’un ton désabusé. Néanmoins, le

contingent fit demi-tour en grommelant, l’air morne. Les humains avaient été à deux doigts de se battre

contre leurs hôtes, et tous le savaient.

« De quel droit



osent-ils nous parler d’exil ? » dit le garde-paix.
« De quel droit en effet ? » répondit Maraad.

* * *

À nouveau réuni avec la Main d’Argus et le Triumvir, Maraad fit ouvertement part de son opinion.

« Le prophète refuse de nous offrir sa sagesse. La décision nous appartient. Portons la guerre à la

Légion ! Ou retournons en Outreterre pour terminer notre mission et lui rendre ce que nous lui devons.

Notre second foyer a besoin de nous, tout comme les Perdus qui errent encore dans le désert. »

Le Triumvir resta silencieux, mais le langage corporel furtif des dirigeants trahissait leurs pensées, et

Maraad savait qu’ils étaient d’accord avec lui. Cependant, il y avait aussi un sentiment de malaise dont

le redresseur de torts n’ignorait pas l’origine... parce qu’il le partageait.

Le Prophète devrait être présent
pour bénir notre résolution.
« Dans une semaine, nous testerons les pistons de phase de l’


Exodar. Et si le Prophète ne s’adresse pas à
nous d’ici là, nous abandonnerons Azeroth ! »

* * *

« Comment évoluent tes leçons, Anduin ? Comprends-tu mieux le monde qui t’entoure ? »
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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Depuis des mois, le prince avait été satisfait de l’attention qu’on lui portait, excité par la chance de

recevoir l’enseignement de l’être le plus proche de la Lumière de tout Azeroth. Mais aujourd’hui, le ton

tranquille des questions de Velen l’enrageait.

« Savez-vous seulement ce qui se passe dehors ? » rétorqua Anduin.

« Il se passe




toujours quelque chose dehors », répondit le draeneï. Calmement. Mais on pouvait déceler
un certain tranchant dans sa voix. « Je ne m’intéresse qu’à la voie.

— Mais qu’

est-ce que cette voie ? Une guerre sur un monde éloigné ? C’est ici qu’on a besoin de vous. Et
maintenant


. Est-ce la raison pour laquelle vous n’avez jamais prévenu personne au sujet du
Cataclysme ? Parce que ce n’était pas suffisamment important pour vous ? Nous considérez-vous

comme des insectes ? Ou pire, de simples pions ? »

Cela faisait une éternité que personne n’avait osé réprimander le Prophète. Il se retourna brusquement

vers le prince, surpris, comme souvent par les humains, par la rapidité avec laquelle l’enfant semblait

devenir un homme et par le raisonnement adulte de ses paroles. Et dès qu’Anduin entra dans son

champ de vision, le monde

se transforma.
Un guerrier se tenait à la place du prince, son armure de plaques et son heaume rutilants paraissant

forgés dans l’essence de la Lumière elle-même. Perché sur un affleurement, il brandissait une épée

forgée de la même matière... Velen ne parvenait pas à déterminer si le paysage appartenait à Azeroth ou

un autre monde. Et soudain, le ciel noir au-dessus de lui se déchira pour livrer passage à la cavalerie

réunissant tous les peuples d’Azeroth. Elfes de sang, orques, trolls, taurens, et même les maudits mortsvivants

et les gobelins comploteurs, tous chevauchaient des destriers volants de toutes sortes et de

toutes formes. Ils étaient cuirassés et équipés d’armes magiques d’une puissance si intense qu’elle brûlait

les yeux de Velen quand il les regardait. Au côté des légions de la Horde, les elfes de la nuit ancestraux

chargeaient avec les humains, les nains et les gnomes, dont les ancêtres avaient formé la première

Alliance, rejoints par les forces métamorphes des worgens. Les propres draeneï de Velen les

accompagnaient, cuirassés de métaux inconnus et armés de masses et d’épées cristallines.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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Mais l’Alliance et la Horde n’étaient pas seules.

Des formations de dragons transformaient le ciel en une immense aile reptilienne multicolore. Leur taille

et leur nombre obscurcissaient l’horizon et, lorsqu’ils rugirent en signe de défi, ce ne fut pas seulement le

sol sous les pieds de Velen qui trembla, mais l’univers tout entier.

Pourtant, en dépit du vertige d’une telle vision, le Prophète fut encore plus sidéré par ce qu’il vit flotter

au-delà de l’armée de dragons. Les naaru partaient eux aussi en guerre, en nombres si importants que

Velen ne comprenait pas comment la création pouvait les accueillir. La puissance de ces êtres de Lumière

emplit d’espoir le coeur de Velen, balayant des siècles de solitude, le laissant rêver que le désespoir ne

pourrait jamais prévaloir et que les ténèbres, aussi redoutables soient-elles, ne pourraient jamais régner.

Mais une ombre s’abattit sur ce spectacle.

Une ombre immense, vide et qui absorbait toute lumière entrant à son contact. Velen savait que si elle

n’était pas arrêtée, elle consumerait tout jusqu’à se dévorer elle-même, grignotant à jamais le néant

dans la Ténèbre de l’Au-delà, anéantissant pour toujours la beauté de l’univers, de la symphonie la plus

déchirante au coucher de soleil le plus spectaculaire. C’était chose trop horrible à contempler, à

concevoir. Et pourtant l’armée fonça droit sur elle. Et la lumière commença à se dissiper...
Devant le Prophète se tenait un enfant humain, aux grands yeux passionnés. Il lui disait quelque chose

d’inintelligible.

Velen tourna le dos à Anduin, plongeant son âme dans la Lumière, s’accrochant à la vision avant qu’elle

ne lui échappe, espérant qu’elle lui révèle enfin la voie parmi tous les avenirs fracturés. Le souvenir des

semaines qui avaient précédé le Cataclysme lui revint en force. Il ne remarqua même pas que le prince

avait quitté ses appartements.

* * *
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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La semaine passa dans une tension grandissante pour les réfugiés. Les draeneï étaient préoccupés par

leurs propres problèmes. Ils préparaient les tests de leur précieux vaisseau, et le silence du Prophète les

inquiétait de plus en plus. Les exilés ne manquèrent pas de remarquer cette recrudescence d’activité ; ils

sentaient que quelque chose se préparait. Leur ignorance ne fit qu’alimenter leurs pensées les plus

négatives ainsi que les rumeurs. Quelques voix se firent bien entendre pour rappeler la bonté des

draeneï, mais la suspicion et la crainte de l’inconnu étaient malheureusement dans la nature des

mortels, qui prêtaient plus attention aux sabots et à la peau bleue de leurs protecteurs qu’à la

nourriture et aux soins qu’ils leur avaient offerts. Même avant de s’endormir sous la protection de l’île

de Brume-azur, très peu de réfugiés se demandèrent comment les draeneï auraient été accueillis s’ils

avaient demandé de l’aide aux autres peuples de l’Alliance.

Ainsi, quand l’énorme structure appelée l’








Exodar commença à gronder et à vibrer, et que l’air autour
d’eux se chargea d’électricité, les réfugiés comprirent d’instinct ce qui se passait : le vaisseau

fonctionnait.
Les draeneï nous abandonnent !



pensèrent un grand nombre d’entre eux, créant la panique dans tout le
camp.

Ils emportent le Prophète avec eux !
Pour les réfugiés, l’invisible était devenu le sauveur et le Prophète, un talisman à brandir contre les

horreurs du Cataclysme. Comme souvent, la foule n’avait aucun meneur, et il fut impossible de

déterminer le moment où la peur et l’inquiétude cédèrent la place à l’action. Et pourtant, c’est presque

tout le campement qui se précipita vers l’

Exodar.
* * *

Comment répondre à l’appel des siècles ? Comment voir chaque jour comme un renouveau, et non

comme une répétition de platitudes qui ne pouvait se solder que par le chagrin ? La solitude née d’une

conscience supérieure était le fardeau le plus lourd pour celui qui avait été d’abord Velen, puis le

Prophète – une force, un mythe, une abstraction. Il ne pourrait jamais oublier ce qu’il avait vu. Et c’était

cette lassitude, ce manque de conviction quotidienne qui était l’arme la plus puissante que ses frères

d’autrefois pouvaient retourner contre lui.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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Es-tu fatigué de la mort que tu apportes à tous ces mondes ?





s’interrogea Velen au sujet de son vieil ami
Kil’jaeden.

T’arrive-t-il de douter, dans la noirceur de ton âme, des choix que tu as faits ?
Mais il ne faisait que ruminer d’anciennes questions, d’anciens problèmes.
Dans un avenir possible, il avait vu un successeur du roi-liche se lever du Trône de glace, plus redoutable

encore qu’Arthas ou Ner’zhul, et déferler sur la terre, des milliers de guerriers squelettes dans son sillage.

La Légion revenait alors sur un monde déjà mort et les démons, amusés, jouaient avec ces draeneï levés

de leurs tombes par une impie sorcellerie, punissant ainsi Velen pour les avoir contraints à le pourchasser

dans tout l’univers.

Il avait vu le Garde-terre dément, le Destructeur, calciner le monde, puis songer à massacrer ses propres

enfants du Vol draconique noir pour étancher sa soif maladive d’annihilation.

Par pitié



, supplia-t-il la Lumière. Montre-moi la voie.
* * *

La foule, innombrable, avait perdu tout sens commun, tout semblant de raison dans sa passion. Les

draeneï voulurent parlementer, mais rien n’y fit. Lorsque l’alerte retentit, l’arrivée des paladins, des

redresseurs de torts, des prêtres et des mages pour repousser la cohue eut une conséquence tragique et

malheureusement prévisible. Les défenseurs étaient face à un choix impossible : repousser la foule et

risquer de se faire tuer par un ennemi inférieur, ou bien tuer les alliés mêmes qu’ils avaient voulu

protéger. Les draeneï se souvinrent que la guerre se devait d’être un engagement total, alors que le

redresseur de torts Romnar était avalé par la vague de réfugiés tandis qu’il venait aux portes, se

demandant quels troubles ses tests avaient provoqués. Il fut grièvement blessé avant que ses frères ne

puissent le mettre à l’abri derrière leurs lignes de défense.

La chute de Romnar rappela soudain à Maraad le souvenir d’un combat contre des morts-vivants.

Enragé, il ne se contenta plus de parer les coups avec son marteau cristallin. Il se mit à l’abattre avec
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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force sur les envahisseurs. Les autres draeneï l’imitèrent rapidement et, sans la tempérence de la

compassion, la querelle se transforma rapidement en un bain de sang pour les réfugiés.

* * *

« Prophète ! Vous devez intervenir ! Il le faut ! » s’écria soudain Anduin, interrompant la méditation de

Velen. La panique dans la voix du jeune garçon interrompit ses visions. De retour dans le présent, le

Prophète se tourna vers son disciple.

« Qu’est-il arrivé ? » demanda Velen de sa voix sans âge.

« Les réfugiés sont aux portes de l’




Exodar. Votre peuple les attaque ! Ils massacrent des innocents. »
Soudain, Velen la reconnut. La voie. Il se trouvait à une bifurcation, et l’enfant le conduisait dans une

direction. Au bout de l’autre chemin, il n’y avait qu’obscurité. Un tel fardeau... comment tant de choses

pouvaient-elles dépendre de si petits choix ? Était-ce là la signification de sa vision précédente ? Que

l’étape qui conduirait Velen à nouveau sur la voie de la Lumière passait par l’enfant ?

« Quelle importance a votre guerre pour ceux qui se battent dehors ? » s’écria le garçon. Puis, se

rappelant son rêve, il ajouta, «

Chaque vie est un univers ! »
Ai-je vraiment oublié qui j’étais ?


se demanda Velen. Dois-je écouter les leçons d’un enfant mortel ?
Et la réponse jaillit des profondeurs de son âme :

les leçons de la Lumière sont une bénédiction, quelle
que soit leur origine.
« J’arrive », dit Velen.

* * *
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Les adversaires étaient prisonniers d’une lutte désespérée sans aucune échappatoire. Les réfugiés

savaient qu’ils avaient commis une grave erreur et il était trop tard pour revenir en arrière. Ils

combattaient pour survivre, pour rectifier leur erreur. Quant aux draeneï, ils étaient en proie à une furie

irrationnelle, réalisant avec horreur qu’ils massacraient non seulement des alliés, mais également des

faibles placés sous leur protection. Seul un coup de théâtre inespéré pouvait mettre un terme au

carnage.

Velen fit soudain son entrée.

Le monde sembla alors exploser en une gerbe de lumière tonitruante, aveuglant la foule et les

défenseurs. Une décharge solaire géométrique et runique illumina la silhouette suspendue en son

centre. Le cristal du Prophète brillait d’un éclat incandescent, et la force de sa voix fit tomber certains

des combattants à genoux.

«





Cessez ! »
Les draeneï s’immobilisèrent, soulagés pour la plupart. Certains d’entre eux jetèrent leurs armes de

dégoût. Les réfugiés se figèrent devant la vision de ce Prophète mythique qui venait de se matérialiser

devant eux.

Velen approcha de la foule, flottant à quelques centimètres de la surface ensanglantée de Brume-azur.

« Est-ce ainsi que nous traitons nos frères ? » demanda-il à son peuple d’une voix remplie de tristesse.

Honteux, nombre de draeneï sanglotèrent à ses reproches. Maraad resta de marbre. « Et vous, qui

profitez de notre aide, de notre hospitalité, vous attaquez vos camarades sans raison ? » Comment les

combattants pouvaient-ils supporter les accusations de ce regard éternel ?

Le Prophète ne flottait plus ; ses sabots s’enfoncèrent lentement dans le sol boueux et piétiné.

Un mélange de terre et de sang entacha l’ourlet de sa robe, et les draeneï ne purent réprimer une

exclamation. Velen s’agenouilla dans la saleté près d’une des victimes et prit le corps brisé dans ses bras.
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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Une main enveloppée de Lumière caressa la poitrine fracassée, et le Prophète fut peiné lorsqu’il

reconnut la marque familière d’un marteau de cristal. Il canalisa alors le pouvoir de la Lumière pour

soigner la blessure. L’humain ouvrit les yeux, sauvé d’une mort probable.
Anduin avait raison.






Quel espoir restait-il à l’univers si Velen était incapable de préserver chaque vie du
mieux qu’il le pouvait ? Les draeneï gagneraient-ils la guerre au prix de tout ce qui était important ?

Velen se releva, sa robe souillée n’appelant aucune autre explication. Il s’adressa à ses frères, à ses

enfants.

« Nous allons vivre parmi les mortels d’Azeroth, nos alliés, et nous les aiderons à soigner le monde du

Cataclysme. »

Ce fut Maraad qui parla le premier. Personne d’autre n’aurait osé.

« L’

Exodar est enfin réparé, Prophète. Nous devrions porter la guerre à la Légion. Ou retourner en
Outreterre pour sauver notre foyer en exil.

— Chacun a sa propre conscience », répondit le Prophète. « Mais entendez ceci :

notre guerre est
partout


. Dans chaque action, dans chaque souffle. Notre rôle est de préparer les peuples de ce monde à
s’unir. Nous devons leur servir d’exemple pour qu’ils se rallient contre le mal. Nos devons les réveiller

pour qu’ils forment l’alliance ultime qui détruira les ténèbres. Aidez ces gens, sauvez-les des souffrances

du Cataclysme et donnez-leur la force d’affronter l’avenir. »

Les autres draeneï, profondément affectés par les paroles du Prophète, allèrent aider les réfugiés

blessés. Anduin entreprit de mettre ses propres talents naissants à contribution, et Velen ne put

s’empêcher d’observer le prince à plusieurs reprises, impressionné par l’homme qu’il était déjà en train

de devenir.

* * *
La leçon du prophète – Marc Hutcheson
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Pour les draeneï, l’




Exodar n’était pas une simple machine, mais un être vivant, un frère dans un sens que
les autres peuples ne comprendraient jamais. Ses souffrances avaient été soulagées et son essence,

soignée. Le Prophète célébra ce triomphe avec les membres de son peuple.

Les réfugiés, rassemblés en groupes grandissants autour des collines à proximité du val d’Ammen,

avaient organisé leur propre conseil et avaient fini par décider que leur place était parmi les leurs.

Exaltés par l’apparition dramatique de Velen, bon nombre d’humains décidèrent de rejoindre les ordres

et de rallier Hurlevent pour réparer la destruction causée par Aile de mort. Lorsqu’ils parlaient de leur

expérience des draeneï, les réfugiés affirmèrent jusqu’à la fin de leur vie qu’ils avaient toujours eu raison

et que le Prophète leur avait

donné la clé qui les délivrerait du Cataclysme.
Le devoir.

Mais les plus affectées par l’attaque tragique des réfugiés étaient l’Éternel lui-même et l’humain qui un

jour serait appelé à être roi. Lorsque plus tard, Anduin rendit visite à son mentor pour ses leçons, il

trouva le Prophète devant lui, sabots au sol.

« Merci de m’avoir rappelé la juste voie. Tu m’as demandé pourquoi je n’avais jamais prévenu personne

au sujet du Cataclysme. Je n’ai pas su reconnaître la menace, car j’étais trop concentré sur mes propres

méditations... qui m’ont détaché de moi-même, d’une certaine manière. J’en ai oublié le monde

présent, ses individus et leurs besoins, et c’est la raison pour laquelle la Lumière m’a abandonné. Si je ne

suis plus en contact avec les êtres de ce présent, comment puis-je naviguer les courants de leurs

avenirs ?

Un jour, tu seras un prêtre puissant, prince Anduin. Et un roi sage. »

Anduin souhaita que son père ait pu entendre ces paroles.

FIN


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MessagePosté le: 24.04.12 13:45    Sujet du message: WoW: Récit sur Velen chef des Draeneïs Répondre en citant

Les dirigeants d'Azeroth: Velen histoire courte est maintenant disponible


Posté par Blizzard ( Bleu Tracker / Forums officiel )
Il n'ya pas longtemps, le prophète et Velen un certain nombre de draeneï réinstallés sur Azeroth, l'espoir de mettre un terme aux activités meurtrières de la Légion en Outreterre. Sentant un grand courage dans l'Alliance, les draeneï se sont engagés à cette faction noble. Pourtant, beaucoup de temps s'est écoulé depuis. Forces de la Légion en Outreterre ont été fortement diminuées. Maintenant, Velen doit guider son peuple vers un avenir incertain et de décider quel est le rôle, le cas échéant, les draeneï se jouer dans l'Alliance. Le siège des énergies flambée des naaru inspiré la paix intérieure de la plus sanguinaire de pèlerins guerrier, la crainte de même le plus blasés des habitants d'Azeroth. Le chiffre flottant devant le siège depuis longtemps pris le confort de cette colonne de lumière. Velen regardait de sa chambre de méditation, à la recherche de perspicacité. . . dans toutes les connexions, grands et petits, où il pourrait percevoir les lignes de l'avenir. Pour les derniers mois, ces lignes avait plus en plus sentir fragmenté. Comme le Prophète de l'draeneï médité - les jambes croisées sous lui, ses mains posées sur ses genoux anciens - les cristaux qui reflètent ses énergies brillait et pulsée et tourbillonnait autour de lui , pas dans les habitudes, mais dans le chaos. . Et les visions, les possibilités infinies de lendemains, l'avait agressé Blizzard Entertainment est fier de présenter la dernière entrée dans la catégorie «Leaders d'Azeroth" série courte histoire: leçon Prophète !


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:36    Sujet du message: WoW: Récit sur Velen chef des Draeneïs

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